Carol
Note moyenne
4,0
5146 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

415 critiques spectateurs

5
88 critiques
4
145 critiques
3
100 critiques
2
52 critiques
1
19 critiques
0
11 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Willussy
Willussy

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 novembre 2025
le pire film que j'ai vu. spoiler:
Idéaliser Carol et Therese relève du déni, pas de la lecture honnête. Dès la scène des gants au magasin, on nous vend la fatalité, mais il n’y a qu’un incident mineur que Therese transforme en fantasme. Le cadre dit déjà tout, cliente riche, employée jeune, différence d’âge, différence de classe, asymétrie de pouvoir. Carol achète du temps, Carol ouvre la porte, Carol mène la danse, Therese suit. Il n’y a pas de réciprocité, seulement une fascination unilatérale qui prend la place d’un choix. On confond frisson et évidence, on confond trouble et vérité.

Therese n’est pas une héroïne qui se révèle, c’est un écran blanc sur lequel Carol projette ses besoins. Le montage la montre en permanence en train de regarder, pas d’agir, elle s’insère dans le monde de Carol sans jamais l’infléchir. Les cadeaux, les invitations, la voiture, l’appartement de banlieue, puis la route, tout est impulsé par Carol, tout est financé par Carol, tout est cadré par Carol. Le récit présente Therese comme une présence docile, muette, ravie, qui accepte de se laisser définir par l’autre. Cela n’a rien d’une découverte de soi, c’est une démission de soi.

Le road trip n’est pas une conquête de liberté, c’est une fuite, pire encore, une fuite imprudente. Carol connaît la menace, la procédure de garde, la surveillance des mœurs, elle sait que tout peut être retenu contre elle, elle emmène malgré tout une jeune femme sans ressources dans un trajet vulnérable, elle place Therese dans la ligne de tir, elle convertit une idylle bancale en risque juridique et moral. Le détective, l’enregistreur dans la chambre, l’attaque en plein cœur, l’intimité volée, la honte déposée sur l’autre sans qu’elle l’ait choisie en connaissance de cause. On nous dira que c’est la société le vrai antagoniste, ce qui est vrai, mais ce n’est pas une excuse. Une relation se juge aussi à la manière dont on protège l’autre, ici Carol expose, Carol compromet, Carol sacrifie Therese en dommage collatéral.

La lettre de Carol n’est pas un geste d’amour, c’est un monologue dirigé vers elle-même. Elle parle pour sauver ce qui reste de son image, elle s’absout, elle se détache, elle rationalise sa retraite. Therese encaisse et disparaît, encore une fois, spectatrice de la volonté de Carol. La suite ne redresse rien. Carol ne revient pas vers Therese par amour, elle revient parce que tout le reste s’est effondré, elle revient quand elle a perdu, elle revient quand les autres issues sont fermées, elle revient quand il ne reste plus que la possibilité de recycler un ancien objet de fascination en baume provisoire. Ce n’est pas un choix de cœur, c’est un réflexe de manque.

On nous vend l’imperfection comme gage d’authenticité, c’est une imposture. L’imperfection qui élève est faite d’ajustements, de paroles claires, d’efforts partagés, ici nous n’avons que deux solitudes qui se cannibalisent, Carol en quête de pansement, Therese en quête d’idole. Les moments prétendument intenses dévoilent surtout du vide, la scène du motel expose une relation sans abri intérieur, aucune intimité symbolique, seulement une intensité volée et punie, puis la lettre, puis la séparation. La fin au restaurant n’est pas une réunion, c’est une capitulation ambiguë, chacun se raconte un roman différent, aucun ne parle vraiment la langue de l’autre.

Abby rend tout cela impossible à romantiser. Abby est la constante, la loyauté, la parole franche, l’aide concrète, la maturité affective. Abby aide, Abby conduit, Abby parle vrai, Abby porte le poids que Carol refuse de regarder. Carol ne quitte jamais vraiment Abby, Carol s’appuie sur elle, Carol se remet à elle, tandis qu’elle laisse Therese, tandis qu’elle se détache de Rindy, tandis qu’elle renoue ensuite quand cela l’arrange. La comparaison écrase l’idylle centrale, avec Abby il y a de l’histoire, du deuil partagé, du sens, avec Therese il n’y a qu’une mise en scène de désir qui masque un désert émotionnel.

Humainement, la relation est mauvaise, elle repose sur une dissymétrie d’expérience, d’âge, de pouvoir social, sur une mise en danger concrète, sur un mensonge de perspective. Therese n’aime pas Carol, elle l’obsède, elle la fétichise, elle s’abolit en elle, elle transforme chaque geste de Carol en signe, elle interprète, elle surinterprète, elle devient lectrice de symboles au lieu d’être partenaire. Carol n’aime pas Therese, elle s’en sert, elle y cherche une échappatoire, une sensation, un miroir flatteur, une parenthèse dans un divorce qui l’écrase et dans un lien avec Rindy qui la déchire. Ce n’est pas de la cruauté pure, c’est pire, c’est de l’égoïsme déguisé en destin.

On nous opposera la fameuse scène de décision de Carol, ce moment où elle refuse de négocier sa vie, on dira que c’est l’affirmation de soi, donc la preuve d’un amour plus propre, c’est une erreur de lecture. Ce geste est d’abord un recentrage sur soi, un refus de continuer une guerre de garde qui abîme l’enfant, geste respectable, mais il ne requalifie pas la relation avec Therese, il ne fabrique pas un nous, il entérine l’idée que Carol choisit sa paix avant tout. On nous opposera la fin, le regard, la table, la salle pleine, on dira que tout est dit sans mots, en réalité il n’y a rien de construit, seulement une promesse creuse, une répétition potentielle des mêmes blessures.

On nous opposera le coming of age de Therese, la jeune femme qui trouve sa voie, on dira que l’expérience l’a faite grandir, c’est inexact. Therese apprend surtout que son fantasme ne nourrit personne, elle obtient un travail, elle prend une décision tardive, mais sa trajectoire reste contaminée par l’idée qu’aimer, c’est se dissoudre dans l’autre, que désirer, c’est accepter la mise à l’écart de soi. Le film aplatit son intériorité, le livre la raconte à travers ses projections, des deux côtés le problème demeure, la subjectivité de Therese domine la figure de Carol, elle la réduit, elle la fige, elle fait de Carol un totem, et de ce totem sort une relation toxique.

On nous opposera que la pression sociale explique tout, que la clandestinité abîme tout, que le monde était hostile, tout cela est vrai, mais cela ne blanchit pas la dynamique. La société n’oblige pas à instrumentaliser quelqu’un, la société n’oblige pas à taire la vérité, la société n’oblige pas à endommager l’autre pour se sentir vivant. Le courage n’est pas de s’embrasser dans une tempête, le courage est de reconnaître quand une relation est mauvaise et de ne pas y enfermer une personne plus jeune et plus fragile.

La question de Rindy révèle la ligne morale. Carol dit qu’elle choisit de ne pas se battre pour ne pas déchirer la petite, c’est un choix qui peut être noble, c’est aussi un aveu, Carol hiérarchise ses attachements, Carol agit pour son équilibre et pour celui de l’enfant, Carol ne choisit pas Therese, elle ne la place pas dans la zone sacrée, elle ne la porte pas comme on porte un avenir, elle la laisse au bord, puis revient quand elle n’a plus rien d’autre. Cette logique contamine tout le récit, Carol préfère sa survie, puis sa consolation, et Therese devient matière première de consolation.

Le pire est simple, tout ce que les défenseurs brandissent comme signes d’amour n’est que symptôme de déséquilibre. La première rencontre n’est pas magique, c’est une transaction sociale. Le voyage n’est pas une émancipation, c’est une imprudence qui met l’autre en danger. La lettre n’est pas protectrice, c’est une rupture narcissique qui parle de soi avant tout. La fin n’est pas une preuve, c’est un leurre, un joli vernis posé sur un vide. On appelle cela un couple, mais rien ne tient, pas d’égal à égal, pas de langage partagé, pas de monde commun, seulement deux trajectoires parallèles qui se frôlent et se blessent.

Abby reste le témoin qui condamne le mythe. Abby ne grandit pas le drame, elle le porte, elle est présente, elle dit la vérité, elle soutient Carol quand il faut, elle protège sans posséder, elle connaît Carol vraiment, elle ressent la perte, elle incarne ce que devrait être une relation quand elle est difficile et digne. À côté, le duo central ressemble à un exercice de style sans âme, à une collection de gestes esthétiques qui masquent une carence affective profonde.

Conclusion claire, humainement Carol et Therese sont mauvaises l’une pour l’autre, la relation n’élève personne, elle n’ouvre aucun espace de vérité, elle ne produit ni soin ni courage, elle recycle la solitude en jeu dangereux. Parler de passion, de révolution intime, de grand amour, c’est fermer les yeux sur le texte du film et du livre, c’est appeler romantique ce qui n’est que pouvoir, peur, manque, et réassurance. La seule chose vraiment vivante ici, c’est Abby, et c’est précisément pour cela que le couple Carol Therese sonne creux, il laisse voir l’armature vide, il expose l’absence de monde commun, il prouve par ses scènes mêmes qu’il n’y a pas d’amour, seulement un fantasme qui dévore, puis s’effondre.
Johanna Milic
Johanna Milic

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2025
Mon film préféré, un réel chef d'oeuvre. Autant l'histoire, le jeu de actrices que la musique, les habits et les couleurs. C'est réellement magnifique de voir des personnages comme ceux-ci.
Kouto
Kouto

33 abonnés 4 791 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 septembre 2025
Outre de servir d’écrin à ce merveilleux duo d’actrices que forment Rooney Mara et Cate Blanchett « Carol » qui égratigne les conventions sociales du milieu bourgeois des années 50 avec une certaine sensibilité. Dommage que la narration de cette romance ténue n’ait pas de charme malgré une reconstitution soignée et une photographie de qualité, l’ensemble apparait un poil trop âcre et décharné.
lucie.b
lucie.b

1 abonné 216 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 juillet 2025
Je n’ai malheureusement pas été séduite comme je m’attendais. Un beau film malgré quelques passages un peu vide.. certains moment sont trop étendu, ce qui fait venir l’ennui..
SB88
SB88

42 abonnés 1 634 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 juillet 2025
Carol - j’adore l’atmosphère du film, les couleurs peut-être un peu trop sépia verte. J’aime beaucoup le thème mais le film est trop lent, il me manque un peu d’énergie. Tout est dans la gestuelle, c’est pas mal mais il manque le petit plus ! Le feu n’est pas assez ardent malgré que bien étouffé !
3/5
Aaym68
Aaym68

1 abonné 252 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 juin 2025
Une relation amoureuse, entre une jeune vendeuse et une bourgeoise mariée, dans le contexte difficile des années 50 à NewYork. Très bonne adaptation du roman de Patricia Highsmith. Film sensible et élégant avec deux excellentes actrices Cate Blanchett et Rooney Mara. Reconstitution des années 50 et musique réussis. J'ai particulièrement aimé la scène finale.
Claude Julien57
Claude Julien57

7 abonnés 191 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2025
Jeu de l’amour et du hasard vu par Todd Haynes. Tout d’abord, il y a la splendeur de la reconstitution du New York des 50’s. Ensuite, la belle lumière de Noël qui éclaire les rues, les intérieurs et les visages. Bien sûr, l’aspect politique sociétal du film est très important. Il a été souligné par la critique. Mais j’aime surtout les deux femmes, si différentes et si proches en même temps. Et la beauté de Cate Blanchett qui vaut bien celle d’Ava Gardner (je cherche mais ne trouve pas une rime à la Souchon !).
Jean-Michel G.
Jean-Michel G.

4 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2025
Très belle histoire d'amour qui nous fait prendre conscience qu'il était bien difficile d'être homosexuel dans les années 50.... Il faut préserver les droits des minorités face au retour actuel des forces rétrogrades et réactionnaires.
Shawn Atreides
Shawn Atreides

37 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2024
L'amour secret
L'amour interdit
L'amour sensuel
L'amour timide
L'amour complexe
L'amour tourbillon
L'amour déploie
L'amour referme
L'amour invite
L'amour rejette
L'amour immense
L'amour petit
L'amour manque
L'amour étouffe
L'amour fuit
L'amour sépare
L'amour réuni
L'amour du fond des yeux
Blanchett féline, divine
Mara innocente, scintille de mille carats
Kyle Chandler figé mais toujours aussi impeccable
Haynes caresse de crêtes en sillons, du bout du doigt,
Film, je t'aime.
Dr Seuss
Dr Seuss

218 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2024
Je rentre dans l’univers de Todd Haynes et j’ai trouvé ce film franchement pas mal. La mise en scène est poétique avec une belle photographie face à un scénario un peu chiant mais avec une narration relativement prenante.

Concernant la réalisation, elle laisse beaucoup de place à la contemplation ; le spectateur a le temps de savourer et d’apprécier la photographie de Todd Haynes. En l’occurrence, les différents plans sont tous des tables et marquants par leur aspect pictural. J’estime que la place de la musique dans ce film est très importante, c’est elle qui rythme l’ensemble du montage. En clair, Todd Haynes maîtrise de A à Z son image.

Quant au scénario, l’histoire se met en place très rapidement, cependant, le récit est relativement chiant. De par la narration très lente, le spectateur peut avoir l’ennui facile. Néanmoins, les personnages sont très bien développés et ne manquent pas d'une évolution cohérente et crédible. Le réalisme orchestré par Haynes est palpable. Je trouve que le scénario pourrait être intéressant s’il n’y avait pas de lenteur.

Concrètement, j’aurais tendance à conseiller ce film car les thèmes de Haynes sont fidèle à lui-même et l’histoire a quand même un intérêt social.
Capflam
Capflam

19 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2024
Le film, assez lent raconte finalement une histoire d'amour classique. Certes, cette histoire d'amour est originale (quoique) puisqu'elle met en scène deux femmes dans les annees 50 aux États-Unis. Certes, l'image est assez belle et la reconstitution parfaite, mais aucune tension émotionnelle, les obstacles ne sont pas assez marqués. L'intrigue patine. Cela manque de dynamisme. Les choix de mise en scène sont parfois étranges ou appuyés (ralenti de la dernière scène). Bref un film honnête, sans surprise. J'avais déjà vu Safe du même réalisateur et je m'étais profondément ennuyé.
Alex Motamots
Alex Motamots

11 abonnés 409 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 février 2024
J'ai mis un peu de temps à m'adapter aux décors ou lumières vertes.
J’ai aimé New-York dans les années 50.
J'ai souri parce que Therese fait de la phot dans le film (et pas dans le roman), comme une mise en abyme du film lui-même.
J’ai souri que ce soit à Waterloo que tout s’écroule pour Carol.
J'ai également souri du tic du réalisateur de filmer à travers des vitres de voiture, de fenêtres.
J'ai aimé la dernière scène, si belle.
evariste75
evariste75

216 abonnés 252 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2024
C'est grâce à Natalie Portman (avant-première au cinéma du Panthéon de May December) que j'ai eu envie d'approfondir Todd Haynes, et je n'ai pas été déçu !

J'adore cette relation entre deux femmes décrite avec pudeur, retenue, sensibilité, atermoiements, à cent lieues de l'exhibitionnisme revendicatif et agressif LGBT qui lui a malheureusement succédé.

Le trio Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler fonctionne à merveille, sans jamais sombrer ni dans le manichéisme, ni dans la mièvrerie (Schmalz)
Pierre Chambon
Pierre Chambon

2 abonnés 578 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 décembre 2023
l'homosexualité féminine, thème d'actualité - bien traité, bon jeu d'actrices, mais on commence à avoir vu beaucoup de films sur le sujet
Audrey L

829 abonnés 2 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 novembre 2022
En 1952, Patricia Highsmith signe le premier roman d'amour entre femmes qui "finit bien" (pas de final punitif ou de morale religieuse pro-mariage hétéro), autant dire qu'on louche encore sur l'année de parution (stupéfiant d'avant-gardisme, en pleine Amérique de la répression et raciste). The Price of Salt (Carol) sera un roman couronné d'un succès fulgurant surtout dans la communauté homosexuelle et dans les cercles littéraires, lui assurant une petite notoriété dont l'adaptation filmique aura tardé (2015, il était temps !). C'est donc Todd Haynes qui s'attelle à l’œuvre, avec Cate Blanchett et Rooney Mara en couple-phare, soit un casting de choix. Le binôme d'actrices est excellent, elles se fondent vite dans leur personnage et nous y font croire fermement. D'abord la dame expérimentée (et malheureuse) dans la double-vie de couple homo-hétéro, avec le "couple de ville" pour faire bien en société, assorti d'un enfant, et le "couple de cœur" qu'elle cache, ne s'épanouissant jamais complètement en jonglant sur les deux tableaux : un crève-cœur auquel Cate Blanchett donne une élégance certaine. Ensuite, la novice qui pensait sa vie amoureuse toute tracée avec ce jeune homme maladroit qui lui faisait du pied, jusqu'à ce qu'une paire de gants "oubliés" changent tout... Rooney Mara nous a pincé le cœur, dans ce rôle de femme qui apprend à se connaître, se remet en question et se perd dans les tragédies d'un amour impossible, avec sa bonne bouille qu'on a envie de préserver de tout malheur. Le binôme d'actrices sur mesure est brillant (qu'on avait déjà repérées complices à l'écran dans Nightmare Alley, sous la couverture de leur personnage antagoniste), et l'on déplore alors le rythme mollasson, presque pantouflard, de Todd Haynes (il nous a déjà fait le coup dans Dark Waters : histoire incroyable, acteur au sommet, mais quelques longueurs, qui n'enlèvent finalement pas grand-chose à la puissance de son propos), ici il remet le couvert : le film accuse un ventre mou, avant de foncer dans le final émouvant et subtil. On notera tout de même la délicatesse de Todd Haynes qui, s'il prend son temps (et le nôtre) pour filmer une scène-climax, le fait avec toute l'intelligence dont il sait faire preuve. La scène d'amour en est l'exemple le plus évident (d'une pudeur gracieuse, jamais voyeuriste et pourtant passionnée), mais on retiendra surtout le dernier plan, pour nous le plus réussi : spoiler: juste un regard, qui dure, où les yeux de Blanchett disent tout, où l'on devine Mara qui boit ce regard en hors-champs (là où l'on se tient), où la fureur amoureuse se confronte au mutisme de la redécouverte de l'autre, où la musique enveloppe lentement le tout...
On a fondu. Carol est une très belle histoire d'amour à Noël, offrez-vous donc ce beau cadeau.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse