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Un visiteur
3,5
Publiée le 16 janvier 2016
Avec Cate Blanchett et Rooney Mara au casting, Todd Haynes à la réalisation ainsi que les nombreux retours positifs de Cannes, cette histoire d’amour entre deux femmes dans un New-York d’après-guerre avait tout pour titiller la curiosité du spectateur. Alors le film Carol arrive-t-il à nous offrir une romance réussie, loin du côté un peu trop académique parfois reproché aux précédentes réalisations de Haynes ?
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Deux femmes. Carol, incarnée par Cate Blanchett, femme sûre d’elle ayant déjà connue des histoires aux côtés de femmes. De l’autre, Therese, jouée par Rooney Mara, beaucoup plus fragile et réservée n’ayant jamais vécue de romance avec une personne du même sexe. En prenant deux personnages totalement contradictoires, Todd Haynes reprend un schéma pour le moins évident mais l’applique avec beaucoup de brio grâce à son duo d’actrices : une bonne partie du succès de Carol repose sur le jeu de celles-ci. Le talent de Cate Blanchett n’est plus à démontrer et la caméra de Haynes ne fait que la sublimer. Le personnage de Carol à travers ses tenues, son style et son bagout dégage quelque chose qui n’est pas sans rappeler les actrices des années 50. Carol est une beauté froide, lassée par la vie. Therese semble beaucoup plus libre malgré son inexpérience, Rooney Mara incarne parfaitement son personnage et ses tourments intérieurs à un époque où l’homosexualité n’est pas reconnue en société et encore moins acceptée.
je regrette que le film n'ait pas plus traité des difficultés d'être homosexuel(le) dans les années 50. ça a juste été survolé et c'est regrettable ce qui aurait fait de ce long métrage un succès. Cate Blanchet est sublime elle joue à la perfection et pour illustrer ces années 50 qui mieux aurait pu les représenter .... le sosie d'Audrey Hepburn... alias Rooney Mara
Sujet intéressant sur l'amour d'un être plus que l'amour d'une personne d'une sexe ou de plâtre. Film très bien interprété mais le bémol vient de la lenteur de ce film.
Sans partager l'emballement presque général envers ce film, je trouve Carol une belle oeuvre sur un amour saphique entravé par les convenances de l'Amérique des années 1950. Le film est servi par deux actrices ultra professionnelles dont le prix à Cannes de Rooney Mara apparaît bien mérité. Elles forment un duo tout en douceur de deux femmes au morphotype, à l'âge et à la condition sociale tout en opposition. La force de Carol tient à l'utilisation des regards entre les deux femmes, qu'elles soient ou non toutes les deux dans le plan. De plus, les scènes téléphoniques sont très réussies. Kyle Chandler, dans le rôle du mari à l'impuissance humaine, est aussi très bien. Ce film, très doux, très élégant et émouvant est réussi grâce la force de son scénario qui évite toute caricature des personnages de l'époque confronté à des amours lesbiens. L'unique scène sexuelle entre les deux femmes, repoussée à dessein par la pudibonderie de l'époque, est tournée avec une grande pudeur ajoutée d'une tendresse non feinte. Quant à la fin, c'est ce qui ce fait de mieux en terme de suspens amoureux haletant. Cependant, je reproche au film son aspect souvent désincarné, froid, surtout durant son premier tiers. La mise en scène est en certainement la cause. Quant à l'image, sans doute pour coller à 1953 et à la grisaille de l'hiver, elle est parfois assez laide. Des réserves qui me font penser que le magnifique Loin du paradis, son grand frère, était bien supérieur. Carol reste un film émouvant et joliment romanesque.
Todd Haynes est un cinéaste assez discret, qui en plus de 20 ans de carrière n'a réalisé que très peu de films. Parlant souvent d'acceptation de soi avec des personnages qui sortent de l'ombre dans un monde qui favorise le faux, Haynes en a toujours profité pour revendiquer son amour du cinéma de Douglas Sirk. Ici il ne déroge pas à la règle car il en reprend les principaux codes et même les thématiques qu'il avait déjà exploré dans Far from Heaven en 2002. Après 10 ans d’absences donc, son dernier film I'm Not There date de 2006, il revient à ses vieux amours et peine un peu à renouveler son cinéma préférant jouer la sûreté que la prise de risque. Adapté du roman éponyme de Patricia Highsmith, le scénario parle de l'amour naissant entre deux femmes dans une société qui ne permet pas ce genre de choses et en parallèle montre le parcours initiatique du personnage principal pour s'accepter et du combat d'une mère pour garder son enfant. Car ici même si le film s'appelle Carol, le véritable personnage principal est Thérèse, on vivra beaucoup plus cette histoire à travers ses yeux. Et à cause de ça le récit va faire pas mal de mauvais choix. A trop vouloir multiplier les intrigues, l'ensemble va donner la sensation d'aller bien trop vite, que ce soit dans son absence d'approfondissement de la relation des deux personnages principaux, même si celle-ci est au centre du film elle reste pour la plupart du temps statique, ou dans le manque d'enjeux forts. Par exemple tout ce qui entoure la fille de Carol et son ex-mari peine à susciter l'intérêt, car hormis le faite qu'elle soit la mère de l'enfant, aucun n'élément n'est présenté aux spectateurs pour qu'il s'intéresse à cette histoire. Ce qui fait que l'on a du mal à s'émouvoir des moments qui devraient être les plus poignants. C'est finalement ce qui manque le plus ici, l'implication du spectateur. On regarde l'ensemble sans vraiment s'y attacher à cause d'un manque de passion et d'une froideur globale qui empêche véritablement que l'on entre dedans. Après le récit est construit comme un conte de Noël ce qui fait l'originalité du film mais le choix de narration n'est pas des plus judicieux, présenter l'histoire par un gros flashback tend à rendre le tout prévisible et déjà-vu. Néanmoins le scénario impressionne beaucoup dans sa manière rigoureuse de rester simple, que ce soit le contexte de l'époque, la manière de penser des personnages et de leurs relations ainsi que le moyen de faire passer le propos. Tout est parfaitement limpide et d'une simplicité appréciable qui souligne une belle sobriété même si cela tant parfois vers le manichéisme. Ce qui vaudra une grande partie de l'intérêt du film réside dans son flamboyant casting. Voir Cate Blanchett et Rooney Mara, qui sont parmi les meilleurs actrices de leurs générations respectives, se donner la réplique à quelque chose de magnifique à voir, surtout qu'elles sont toutes deux prodigieuses. Rooney Mara se démarque un peu plus grâce au parcours psychologique plus conséquent de son personnage, elle est absolument parfaite et fait preuve d'une densité de jeu admirable n'ayant volée aucune de ses nominations. Son regard cristallin et transperçant marque encore bien après la fin du film. Cate Blanchett est d'une justesse touchante mais son registre de jeu évolue beaucoup moins, néanmoins elle tient son rôle à merveille. Elles sont accompagnés d'acteurs talentueux comme Kyle Chandler et Sarah Paulson, qui même si ils sont dans des rôles plus caricaturaux, se montrent très convaincants. Pour ce qui est de la réalisation, on a le droit à une reconstitution d'époque impeccable soutenu par une photographie assez sublime qui permet des jeux de lumières et des effets de transitions habiles en plus de magnifier chaque plans. La musique est inspiré mais le thème principal devient assez vite trop répétitif dans son utilisation et le montage linéaire alourdi l'ensemble malgré des transitions bien pensées. La mise en scène de Todd Haynes est maîtrisé et élégante mais malgré un pal séquence d'introduction superbement géré, l'ensemble tombe dans un académisme trop prononcé et qui peine à susciter de l'émotion. Il nous offre donc un travail très propre mais désincarné qui souffre de son classicisme alors qu'il y avait matière à quelques frasques visuelles. Par contre il fait preuve d'une belle pudeur dans sa manière de filmer l'amour des deux femmes, leur scène d'amour est faite de manière sensible et tendre même si elle manque un peu de naturel, en montrant la nudité d'une actrice mais pas de l'autre, la scène s'enferme dans un certain didactisme mais qui compense par sa pureté. En conclusion Carol est un bon film. Il est peut être trop froid et académique pour susciter la moindre passion ainsi qu'impliquer pleinement le spectateur mais il compense par sa rigourosité et sa manière habile de traiter son sujet. Même si Haynes ne révolutionne pas le genre, ni même son cinéma et qu'il signe une oeuvre attendue, il la signe avec élégance, pudeur et maîtrise. Accompagné de deux actrices formidables qui se donnent complètement à leurs personnages, Rooney Mara est probablement dans son meilleur rôle, il offre un film juste et simple qui ne retranscrit pas toutes ses intentions mais qui mérite quand même le détour.
Magnifique film traitant de façon juste, l'amour entre 2 femmes (une jeune femme qui cherche sa place dans le monde et qui cherche à s'affirmer et s'épanouir en tant que femme et une autre coincée dans un mariage malheureux et dont la fille est le moteur de sa vie), il aborde aussi la place de la femme dans la société américaine dans les années 50, en tant que mère, épouse et au travail. les 2 actrices principales au meilleur de leur forme, un petit coup de cœur pour Rooney Mara, qui est habitée par son personnage, mais avec une délicatesse et une retenue parfaite. La mise en scène ( notamment le jeu sur les regards entre les personnages et le toucher) est sublimée par un thème principal musical (j'avais des frissons à chaque fois que je l'écoutais) apparaissant à plusieurs moments clés dans le film, magique et émouvant, je suis restée durant tout le générique rien que pour cette musique onirique! Le film n'est jamais vulgaire ni ne tombe dans la facilité. Un chef d'œuvre, à voir et à revoir!!!
A vouloir faire faire un film tout en retenue, sur la rencontre amoureuse entre une grande bourgeoise new-yorkaise malheureuse et une jeune vendeuse un peu oie blanche, on reste en dehors du film : aucune émotion ne passe. C'est dommage, parce que l'interprétation (y compris les seconds rôles) les décors, les costumes et le New-York de 1953 est superbe.
Un très bon film sur un sujet grave, l'homosexualité féminine dans l'Amérique des années 50, magnifiquement interprété par Cate Blanchett surtout, l'atmosphère de l'après guerre est très bien rendue, une très belle lumière également.
Le film confirme une fois de plus mon coup de foudre Rooney Mara, quelque chose d'inexplicable chez cette actrice. Surtout quand le grand séducteur qu'est Todd Haynes, filmant ses actrices avec tendre amour, s'éprend de la regarder comme un gentleman. Le film lui, est tellement corseté qu'il en devient rigide. Un peu comme le personnage de Carol. Le super 16 donne lieu à des plans superbes, le film lui, en perd un peu en route.
Nominé aux oscars 2016 dans six catégories, dont celle de la meilleure actrice pour Cate Blanchett et celle de la meilleure actrice dans un second rôle pour Rooney Mara, « Carol », drame réalisé par Todd Haynes, retrace l’histoire passionnelle entre deux femmes que tout oppose : situation familiale, métier… Et même si ce film, qui explore profondément et efficacement la relation confuse entretenue par les deux femmes, se révèle au final peu passionnant et parfois trop lent, le coup d’œil vaut quand même, uniquement pour les brillantes prestations, à commencer par celle de Cate Blanchett, qui, en un mot, est exceptionnelle. Elle illumine à elle toute seule le film et crève l’écran. A la fois énigmatique et élégante, sa prestation vaut la peine de voir le film, de même pour Rooney Mara, qui parvient brillamment à interpréter la femme fragile et sous-estimée. Malgré ces exceptionnelles actrices qui permettent de rendre le film un poil captivant, le scénario en lui-même manque cruellement de rythme et d’originalité. Le tout reste cependant assez intéressant, mais la touche dramatique ou tragique manque. L’histoire se résume à une rencontre entre deux femmes qui va progressivement évoluer, passant de l’amitié à l’amour, et ça s’arrête là. Même si l’intrigue explore quelques fois la vie personnelle de chacune des deux femmes, à savoir leurs problèmes familiaux, leurs querelles ou encore leurs relations avec les autres personnages, ça reste cependant trop soutenu et quasiment absent, ce qui est dommage, car ces quelques scènes étaient parfaitement orchestrées, notamment la scène du procès, entre autres, lorsque Carol se retrouve face à son ex-mari et aux avocats, scène d’ailleurs marquante encore une fois par l’interprétation de Cate. Outre la mise en scène et les costumes d’une période ancienne reconstitués à merveilles par Haynes, « Carol » se résume à l’évolution d’une relation entre deux femmes, sans prendre de risques et percer plus loin. Un peu décevant globalement, mais un casting solide et extraordinaire.
Magistral, Carol nous emporte dans une histoire d'amour passionnante dans les années 50, entre deux femmes: Therese, jeune vendeuse adepte de la photographie et Carol, bourgeoise en instance de divorce et mère aimante. Cette passion conduit à une histoire très complexe et un film sachant très bien la traiter. L'évolution de l'amour entre ces deux femmes et très bien travaillé car devient progressif sans paraître long. Les deux actrices absolument incroyables jouent avec perfection leur personnage, ces personnages très attachants et confronté à des choix difficiles en gardant leur dignité spoiler: (Carol poussée à bout par son mari prêt à tout pour la récupérer et voulant lui priver de sa fille) . Tout ceci filmé avec élégance et accompagné d'une très belle musique. Un magnifique film plein d'émotions qui devrait faire évoluer certaines mentalité actuelles...
Les années 50, un divorce qui va tourner mal, un enfant, une femme qui aime les femmes, un homme qui n'aime pas que sa femme aime les femmes, une rencontre, deux univers sociaux différents, une confrontation entre deux vies et leur entourage respectif; une guerre s'engage entre l'épouse et le mari, la garde de l'enfant se joue alors sur ce que sont les moeurs de ces années-là. Ce n'est pas tout ça qui fait la beauté de ce film, ce n'est pas cette histoire assez " banale ", mais plutôt le jeu des acteurs et les plans et images qui en résultent. Une grande actrice fait " passer ", grâce à son jeu, toute la sensualité de cette rencontre... Dommage que ce film dure deux heures car on a tendance à piquer du nez, par moment...
Carol est un très beau film sur l'homosexualité, pourtant il n'y a aucun cliché ni rien. L'esthétique du film fait très années 50. La réalisation possède quelques bonnes idées, notamment lors des plans subjectifs mais aussi lors du road trip où l'on peut voir de très belles images. Cate Blanchett et Rooney Mara sont impressionnantes, elles forment une telle osmose... Par ailleurs, elles ont un jeu très naturel, ce qui donne encore plus de crédibilité à cette passionnante histoire! Une merveille!
L'évidence du scénario et des dialogues couplé au jeu des actrices suffisent à faire irradier l'amour qui lie les deux personnages jusque dans la salle elle-même. L'histoire est conventionnelle mais l'on passe tout de même un très beau moment. La mise en scène y contribue car elle se révèle assez inventive. Et, encore une fois, beaucoup repose sur la performance de Rooney Mara et Cate Blanchett. La première est absolument charmante et rappelle Audrey Hepburn. La seconde est sans doute trop "grande dame", trop maquillée, etc. mais le rôle veut cela. La priorité en ce moment reste quand même "L'étreinte du serpent" et sans doute bientôt "Chorus".
Cate Blanchet est une de celles qui peut légitimement se revendiquer être une noble héritière de ces sublimes actrices hollywoodiennes des années 50 ... Todd Haynes réalise, à coup sûr, un film proche de la perfection, son plus beau ... ****