Un Lelouch, cela se déguste comme un croissant pur beurre qui aurait été trempé dans un bol fumant d'humanité souriante !.... Le nouvel opus de ce réalisateur prolifique nous offre une nouvelle friandise. Mais il est encore plus Lelouchien que les autres, car le rôle joué par notre Johnny national ( étonnamment bon, il faut le souligner ) ressemble, à s'y méprendre, à Lelouch lui-même. Des conquêtes multiples, des enfants à tous les étages, un sens inné de la tribu, et des questions existentielles du style "ai-je bien fait ?"... Et puis, la scène jouissive où Johnny et Eddy chantent ensemble la chanson de Dean Martin devant le film Rio Bravo, voilà un petit plaisir auquel Lelouch doit s'adonner lui-même dans sa salle de projection des Films 13. Un moment de grâce pour tous les amateurs de cinéma, qu'Eddy, le promoteur de la "Dernière séance" a dû exécuter avec volupté !... Seulement, voilà, ce film est tellement personnel qu'il y manque le souffle habituel des films de Lelouch. Le scénario est léger, et on pense à tout moment que le film va s'arrêter là, car le ressort de l'histoire s'effiloche. Bref, ce n'est pas le meilleur de ses films. Mais qu'importe ! Comme toujours, le réalisateur le plus décrié du cinéma français, réussit à nous tricoter des rapports humains d'une authenticité incroyable. C'est pétri de tendresse, et toujours d'une justesse incroyable. On traverse l'histoire le sourire aux lèvres. Surtout que, comme d'habitude, Lelouch sait jouer avec les paysages, avec cette montée en voiture envoutante dans un paysage de neige en début de film. Même chose pour la sérénité qu'offre ce chalet incroyable. On a envie d'y partir dans l'heure. De tout plaquer pour profiter, à son tour, de la beauté des lieux... C'est la griffe de Lelouch, un cinéma évasion qui s'attache aux personnages plus qu'à l'histoire. Ce n'est pas toujours 100% réussi. Mais quelle détente !