Vu le 17/02/2025. Voici un film sorti alors que je n'étais même pas né et bien sur, j'en avais beaucoup entendu parler. J'ai toujours du mal avec les vieux films car ça manque cruellement d'action et les plans sont longs sur les visages, souvent c’est un peu longuet. Ici, même si j'ai parfois eu cette impression, impossible de rester de marbre devant ce classique du cinéma français qui est une reprise du massacre terrible de Oradour sur Glane du 10 juin 1944. Si le film traine un peu en longueur au début, on ne peut rester insensible devant la scène violente et cruelle spoiler: des villageois massacrés dans l'église puis devant le scénario de la femme de Julien (Philippe Noiret), Clara (jouée par l'excellente Romy Schneider) et de sa fille assassinée (et même violée pour sa femme) avec ce bruit terrible du lance-flamme qui aurait pu me faire faire quelques cauchemars si j'avais eu 25 ans de moins... spoiler: D'autant plus que la scène est tournée de façon assez exceptionnelle, où on voit le feu arriver devant l'actrice, le producteur ayant pris soin de mettre une glace entre elle et les flammes mais ça parait tellement réaliste...
On y voit ainsi la basculement d'un homme ordinaire qui va se transformer en implacable vengeur en créant des pièges (l'affaiblissement du pont levis) et en éliminant un par un tous les nazis rester dans le château jusqu'au chef brulé avec le même lance-flammes que celui ayant servi pour Clara. Et cela sans aucune pitié tellement son désir de vengeance est fort, ce que l'on peut aisément comprendre, je pense que je n'aurai eu aucune pitié non plus à sa place. La musique de François de Roubaix tient également une place forte dans le film. Au final je suis content d'avoir pu voir un des fleurons du cinéma français, même si le mot "content" est un peu exagéré du fait qu'on ne ressort pas indemne d'un film comme celui-là.
Une tragédie moderne sur un fond historique réel : la prestation de Philippe Noiret est admirable et lui aurait mérité un oscar ! Je considère ce film comme étant le chef d'oeuvre d'Enrico...
"Le vieux fusil" réalise un savant mélange entre drame, film de guerre et thriller. Le scénario est assez simple et se concentre sur la vengeance du personnage principal, solidement interprété par Noiret, ponctuée de flashbacks bien intégrés. Le rythme est prenant et les émotions de colère, de bonheur, d'horreur, de tristesse, d'amour bien transmises. Au final un film efficace qui fera réfléchir à la fois aux horreurs de la guerre mais aussi aux sentiments qu'un homme peut éprouver suite à la perte de sa famille.
Le scénario est simpliste et la mise en scène aussi. La musique est vieillotte, les flashback sont trop artificiellement insérés et les acteurs plutôt ternes - à l'exception de Romy Schneider. Attention : la violence est exposée sans tabou, crûment. Ce n'est pas un défaut ; mais cela aurait mérité une narration plus subtile ...
Classique du cinéma français que je n’avais pas encore eu la chance de voir. Très beau film qui vaut principalement par la performance d’acteur de Philippe Noiret et Romy Schneider éblouissante de charisme et de fraîcheur. L’aspect vengeance individuelle vis à vis de Das Reich et des actes abominables commis notamment à Tulle et Oradour m’est apparu secondaire et vraisemblablement plus justifié par un besoin d’exorciser le traumatisme certainement encore très présent en 1975 l’année du film.
Philippe Noiret est époustouflant (la liste des superlatifs serait trop longue) à l'instar de Romy Schneider, d'une beauté réellement vertigineuse, où le ton bucolique et heureux se mêle à des scènes montrant la barbarie nazie sans fard, froide, implacable., la victime devenant aussi cruelle que ses bourreaux, la boucle est bouclée... Réellement bouleversant par ses propos et sa cruauté, c'est un film qui marque et qu'on n'oublie pas. Chef d'œuvre incontesté et incontestable
Avec autant de subtilité que de violence brute, ce drame signé Robert Enrico expose une implacable vengeance, magnifiée par Philippe Noiret dans l'une de ses meilleures prestations, bouleversant dans les scènes intimistes. La maîtrise du flashback est quasi parfaite et nourrit le récit avec limpidité, le film bénéficiant en outre du charme solaire de Romy Schneider ainsi que d'une écriture au cordeau dans la moindre de ses séquences. Réussissant au passage un formidable exposé en raccourci de la France des années sombres, le Vieux Fusil avait marqué les esprits et à juste titre, d'abord lancinant et lumineux avant de basculer dans la violence désespérée. Magistral.
Un des plus beau et plus triste film que je n'ai jamais vu de ma vie... Même si regardé à maintes reprises... Les acteurs/trices sont tout simplement extraordinaires de vérité... Par contre, à vous qui ne l'avez jamais regardé, préparez vos mouchoirs Messieurs Dames...
Drame sous fond de guerre, coécrit et réalisé par Robert Enrico, Le Vieux Fusil est un film aussi glacial que marquant. L'action se déroule en 1944, peu de temps après le débarquement en Normandie, et nous fait suivre un chirurgien de Montauban sombrant dans une folie exterminatrice suite à l'assassinat de son épouse et de sa fille. L'homme va alors se venger en éliminant un à un les soldats SS réfugiés dans son château, armé uniquement d'un vieux fusil. Ce scénario, inspiré du massacre d'Oradour-sur-Glane, est absolument saisissant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une vengeance froide et réaliste donnant lieu à de nombreuses scènes impactantes. Des séquences entrecoupées par quelques souvenirs sous forme de flashbacks permettant d'encore mieux comprendre la détresse de ce vengeur armé, le tout dans une ambiance générale glaçante et pesante. L'ensemble est très bien porté par un duo de grands acteurs composé de Philippe Noiret et Romy Schneider qui forment un joli couple aimant. Le reste de la distribution est complétée par Jean Bouise, Joachim Hansen, Robert Hoffmann, Karl-Michal Vogler, Madeleine Ozeray, ou encore Caroline Bonhomme et Catherine Delaporte qui jouent la fille des époux à différents âges. Tous ces individus entretiennent des relations procurant des émotions fortes, entre amour, tristesse et haine, soutenus par des dialogues peu nombreux mais de bonne facture quand ils sont déclamés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français se veut qualitative. Sa mise en scène est soignée et accouche de plans marquants. Ce visuel de marbre est accompagné par une b.o. aux compositions extrêmement discrètes. On retiendra d'avantage les silences écrasants et le bruit sourd des explosions et des détonations qui sont particulièrement percutants. Ces représailles désespérées s'achèvent sur une belle fin. En conclusion, Le Vieux Fusil est un long-métrage méritant d'être découvert et qui marquera assurément les esprits.
Film très apprécié lors de sa sortie et resté justement dans l'histoire du cinéma français, "Le vieux fusil" s'inscrit plus dans le courant réaliste du cinéma américain du Nouvel Hollywood - je pense entre autre aux films de Sam Peckinpah - que dans celui du cinéma français peu enclin à ce genre d'exercice. Il y a une approche très frontale de la violence qui donne lieu à des scènes très marquantes, et qui développe une thématique qui tend à montrer que n'importe qui, pour survivre ou se venger, peut faire fi de son sens moral. Au final Robert Enrico nous montre que la violence peut n'être que la seule réponse face aux actes les plus horribles, mais comme Peckinpah dans "Les chiens de paille" il ne prend pas position en disant que c'est bien ou mal, il laisse le libre arbitre aux spectateurs. Cette thématique est somme toute assez courante dans le cinéma - on ne compte plus les films de vengeances ou de pères qui se transforment en tueurs impitoyables pour sauver leurs progénitures -, mais elle est ici tempérée par de beaux moments de flashbacks qui, en plus d'être une ode à l'amour, renforcent le sentiment de désespoir et les motivations du héros. La réalisation reste très efficace, moderne, les acteurs sont superbes, la musique est mythique, "Le vieux fusil" est assurément un grand film.
Véritable revenge movie âpre et nihiliste, ce drame bouleversant est ponctué de souvenirs lumineux qui en font tout le sel. Philippe Noiret, monstre de contrastes, et Romy Schneider plus magnétique que jamais, forment un couple inoubliable. Le vieux fusil est un monument du cinéma français, succès public et critique et pourtant sans concession (certaines scènes restent choquantes même avec le temps). Et sur un ton plus amusé, je dirais que Die hard, John Wick et Maman j'ai raté l'avion semblent y avoir puisé leurs inspirations.
Heureusement que ce ne sont pas les critiques dits professionnels qui décidaient de l'attribution d'un César à tel ou tel film, autrement, jamais "Le vieux fusil" ne l'aurait obtenu. Et pour cause, les années 70 ont marqué l'apogée de ce courant de pensée où tout était bon pour cogner comme un sourd sur le cinéma populaire ou sur tout ce qui pouvait s'en rapprocher de près ou de loin. Ici, le seul nom de Robert Enrico (qui laissait alors derrière lui des "Grandes gueules", des "Aventuriers", "Ho !" ou encore "Boulevard du rhum") aurait été un motif suffisant pour cracher la bile. Fort heureusement, il n'en fut rien. Cela dit, quoi qu'elles sont peu nombreuses, je peux comprendre les critiques à zéro ici rédigées. Il est vrai qu'Enrico transforme son personnage principal en un justicier impitoyable. Mais, mettons-nous à sa place quelques secondes. Si moi, je voyais ma petite fille de 10 ans se faire lâchement assassiner de deux balles et si je voyais ma femme être brûlée vive au lance-flammes, il est bien évident que cela réveillerait en moi le plus bas instincts de l'Être Humain. Je n'attendrais pas que quelque instance rende la Justice. Et beaucoup d'entre nous réagiraient de la même façon. Donc, le seul motif pouvant fair détester ce film relève, selon moi, davantage du faux procès. Pour ce qui est du reste, rien de plus à dire que ce qui a déjà été dit. Noiret est immense, tout comme l'est Romy même si, finalement, on ne la voit pas beaucoup. Et la toute fin est très belle. On en vient même à se demander si tout le film n'est pas un flashback, et pas seulement les scènes avec Clara.
Que dire . Mais que dire sur ce film tant il vous prend aux tripes . Un film ou l’on pleure ou l’émotion explose rien qu’une en parlant . Un chef d’œuvre ? Non le film d’une vie , un bijoux cinématographique unique , une émotion sans commune mesure. Un film immortel .