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CrystalEagle
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4,0
Publiée le 16 juillet 2026
Il y a des hommes qu'on regarde cesser d'en être un. Robert Enrico prend le massacre d'Oradour, le rétrécit à un château, à une famille, et transforme l'Histoire en une affaire intime, à hauteur d'homme. Avant la chute, il prend le temps de nous montrer une vie : Montauban, un hôpital, une femme qu'on aime, une fille qu'on regarde grandir, et c'est cette normalité qu'on regardera brûler, impuissant. Je vois un chirurgien doux devenir une machine méthodique, silencieuse, et je comprends chacun de ses gestes. C'est cet aveu, plus que le sang, qui nous frappe tous, en tant qu'être humain. Dandieu n'est pas un résistant : il n'a ni cause ni drapeau, il n'agit que parce qu'on lui a pris ce qu'il aimait, et le film retourne cette évidence contre nous. On ne se lève, tous, qu'au moment où ça nous touche personnellement.
La construction est perverse : les flashbacks n'apaisent rien, ils arment le fusil. Chaque souvenir de Clara relance la haine, chaque douceur d'avant est une balle de plus dans le chargeur. Je croyais ces retours en arrière offerts comme des respirations. Ils nourrissaient la violence. Enrico filme deux mondes qui se cognent, l'or enluminé de la mémoire et la pénombre plombée du château, et ce contraste tient tout le film. La séquence du lance-flammes évidemment fait froid dans le dos. Une cruauté à vif, sans esthétisation. Puis il y a la musique de François de Roubaix, l'une de ses dernières partitions avant sa disparition en mer quelques mois plus tard. Ces notes de piano d'une pureté d'enfance qui reviennent au pire moment, le bonheur perdu qui frappe en même temps que la balle. Philippe Noiret est monstrueux dans les deux sens du terme, le rôle et l'acteur. Sa douceur d'avant ne survit pas au château, elle y reste comme une part de lui qu'on aurait débranchée. Ce qui marche ensuite dans les couloirs a le visage de Dandieu, ses mains de chirurgien, mais quelque chose s'est retiré derrière les yeux et nous le voyons partir. Romy Schneider est solaire, et quand on connaît son histoire familiale, ce qu'un tournage sur l'occupation allemande a dû faire remonter en elle, chacune de ses apparitions se charge d'un poids qu'elle ne joue pas. Mention spéciale à Jean Bouise, le roi des seconds rôles, qui en quelques minutes seulement, incarne l'effroi tendre de celui qui vient chercher un mort qui marche encore, et qui n'ose pas le lui dire.
Je respecte le fait qu'Enrico refuse la catharsis confortable : la vengeance ne répare rien, elle achève, et le film ose dire qu'un homme bien peut devenir n'importe quoi quand on lui prend tout. Est-ce que tuer a soulagé quoi que ce soit chez cet homme ? Le film ne répond pas. Dandieu a gagné sa vengeance, et perdu tout le reste. Il ne lui reste qu'à marcher, en ombre, parmi les vivants.
Quel film ! Philippe Noiret et Romy Schneider sont monstrueux de talent. Jean Bouise comme second rôle est formidable. Le film est inspiré du massacre perpétrés par les SS d'Oradour sur Glane. Le vengeance de Dandieu est implacable.
Le Vieux Fusil de Robert Enrico est sans doute l’un des meilleurs films de guerre français jamais réalisé car film s’inspirant de la tragédie d’Oradour Sur Glane en juin 1944. Philippe Noiret nous montre une fois de plus dans ce film son tallent, tandis que Romy Schneider nous montre une fois de plus que ce fut une grande actrice et également coller aux rôles tragiques
Trois récompenses lors des Césars 1976 largement justifiées. Un film intense, dur qui n'épargne pas le spectateur en nous montrant la cruauté sans la filtrer et qui est inspiré du massacre d'Oradour. Un grand classique du cinéma français!
Film devenu un classique du cinéma français avec deux grands acteurs. Le contexte fait qu'il part avec beaucoup de préjugés favorables on est juste une trentaine d'année après l'histoire racontée. Le film est bien axé sur l'émotion voire le traumatisme subit par le personnage de Noiret, qui est assez compréhensible et c'est aussi un film de vengeance dans une forme de soucis d'amenuiser les horreurs de la guerre. Cependant les images sont bien crues et le final spoiler: où Noiret sombre en partie dans la démence n'apporte rien d'utile tout est orienté dans le pathos. Non pas que les deux principaux acteurs ne soient pas excellents ni que le film ne soit pas assez réaliste mais il est désespérant, sombre et sinistre aussi cinglant qu'il est possible de l'être ce qui était sans doute le but recherché ce qui est bien moyen.
Une banale histoire de vengeance que je n'ai pas trouvé très crédible, un simple fusil contre un bataillon d'armée... Des militaires contre un vieux chirurgiens... Bien sans plus. Je n'ai pas non plus trouvé les flashbacks utiles et ça aurait été bien de comprendre ce que disent les allemands puisque ce sont les seuls à avoir du dialogue...
Un film marquant, à la fois poignant et brutal, qui monte progressivement en intensité jusqu'à un final mémorable. La réalisation est soignée, l'émotion est présente sans en faire trop, et le contraste entre les moments de douceur et la violence de l'histoire fonctionne très bien. Une œuvre forte qui a bien traversé les années.
LE VIEUX FUSIL (1975): Juin 1944, le débarquement en Normandie, l'armée allemande se sentira fragilisée, la division SS Das Reich située dans le sud de la France devra remonter vers le nord du pays afin de renforcer les positions militaires allemandes. Julien Dandieu, chirurgien, prendra la décision de mettre à l'abri sa petite famille loin des horreurs de la guerre, sauf que…quelques membres de cette division SS Das Reich auront fait halte dans ce petit hameau bien tranquille près de Montauban (plus au nord, à environ 280km, se trouvera le petit bourg d'Oradour-sur-Glan). "Le vieux fusil", de simples notes de piano, paisible partition pour accompagner une agréable balade à la campagne, la bonté d'un homme intelligent soudainement bousculée par des évènements atroces, l'explosion d'une vengeance meurtrière en contraste avec des tranches de vie sur un amour du passé. Un film réaliste, émouvant, où l'anéantissement du bonheur d'une famille passera de la sérénité à une incroyable violence envers des criminels de guerre nazis. Romy Schneider (Clara Dandieu) et la petite Caroline Bonhomme (Florence Dandieu: 13 ans) pour la tendresse du film, Philippe Noiret (Julien Dandieu) et son regard bouleversant pour les très fortes émotions qu'il transmettra, une musique pleine de sens sur les instants de bien-être mais aussi pour la construction d'une ambiance extrêmement dramatique. Une réalisation de Robert Enrico (Au nom de tous les miens), pas vraiment une fiction pour moi, car "Le vieux fusil" sera le parfait reflet de toutes ces familles innocentes décimées par la folie guerrière (l'imbécilité humaine). Un film saisissant, choquant, révoltant, touchant… mais aussi sur le bonheur d'une famille équilibrée. ( A la première cérémonie de César en 1976, ce film remportera 3 prix: meilleur film/ meilleur acteur: Philippe Noiret/ meilleure musique: François Roubaix). Un film à ne pas manquer.
Le Vieux Fusil commence comme une carte postale provinciale et se termine comme un règlement de comptes avec l’humanité entière. Philippe Noiret y traîne sa douceur d’homme civilisé jusqu’à ce que la guerre lui arrache la peau et là, le film cesse d’être un drame pour devenir une exécution. La mise en scène d’Enrico est simple, presque naïve, puis soudain d’une brutalité morale rare : la vengeance y brûle plus que la justice. On en sort avec une idée dérangeante : face à l’horreur, même les hommes les plus doux peuvent devenir les monstres qu’ils haïssaient.
L'histoire est un peu simpliste , le scénariste ne s'est pas trop cassé la tête .
Une histoire dramatique de vengeance , qui se passe pendant la 2 éme guerre mondiale , mais c'est quand même un trés bon film d'action dramatique , un mélange de film dramatique et de film d'action , avec de l'émotion , du suspens et de l'action .
Magistral. L'histoire n'est pas nouvelle, le gentil français contre les méchants allemands. Mais c'est traité avec une telle intelligence dans les flashs back, les dialogues sont simples, des moments jolies, tendre, atroce. Noiret y est d'une justesse et d'une simplicité dont lui seul à le secret, Jean bouise est également très juste dans son interprétation et Romy Schneider y brille de toute sa beauté, sa douleur et son côté femme libre. Chef d'oeuvre du genre.
"Le vieux fusil", voilà un titre dont j'ai beaucoup entendu parlé de la bouche de mes parents ou grands-parents et comme étant un "beau film". Dès lors je me suis toujours imaginé un film un peu plan-plan avec un homme amoureux de son vieux fusil... Que nenni...
Je pense que s'il fût jugé beau, c'est parce qu'il a osé : osé être violent, être déchirant, et aborder une période et un fait qui résonnaient alors encore dans la mémoire collective, s'inspirant librement du drame de Oradour-sur-Glane.
Romy Schneider y est comme à son habitude scintillante (trop en cette période trouble de guerre ?) et Philippe Noiret est parfait en médecin bon sous tous rapports (hormis une once de sexisme dont on va dire qu'elle se prêtait à l'époque), mari éperdument amoureux de son epouse Romy et père aimant de sa fille. Épouse et fille qu'il cherchera à protéger, provoquant malgré lui leur fin tragique, laissées à la merci des troupes nazies.
La violence portée à l'écran, si elle est desormais plus commune aujourd'hui, a vraisemblablement été vécue comme un électrochoc dans le paysage du cinéma français de 1975.
La vengeance de notre médecin transfiguré est bien menée et excellemment interprétée. Toutefois j'ai eu le sentiment d'un chaînon psychologique manquant à notre heros, entre la decouverte de l'horreur et la mise en oeuvre d'un plan calculateur implacable.
Les scènes de flashbacks peuvent déplaire, mais selon moi apporte un charme nécessaire et matérialisant pour le spectateur la douleur du personnage incarné par Philippe Noiret, lors des retours au présent.
Le Vieux fusil de Robert Enrico est un film marquant voire choquant, par ailleurs souligné par un thème musical douloureusement gai et permettant de garder ce film en mémoire longtemps après son visionnage.
Un chef d’œuvre du patrimoine du cinéma français. Le film a eu 50 ans en 2025 et n’a pas pris une ride. Basé sur un scénario librement adapté de la tragédie survenue à Oradour sur Glane, Robert Enrico nous fait circuler par le biais de Philippe Noiret par toutes les émotions. C’est superbement filmé, interprété et mis en relief par la belle musique de François de Roubaix.
Un film incroyablement beau de par ses panoramas, sa critique juste de l'occupation, ses belles valeurs familiales et le parti de montrer des scènes dans le "présent" et d'autres en fmash back...