Troisième film du cycle des six contes moraux, un triangle amoureux savoureux, au noir et blanc élégant, porté par des dialogues subtils et bien écrits et des personnages attachants, notamment la sublime Françoise Fabian et Jean-Louis Trintignant acteur romherien compatible.
Les fragments du discours amoureux encore et toujours chez Rohmer. Cela marche pas mal. De jolies partitions portées par des comédiens séduisants avec, en particulier, cette fameuse Maud incarnée par Françoise Fabian, véritable figure la femme "libre" post 68... Sinon, l'hiver en noir et blanc à Clermont Ferrand avec ses cafés, ses librairies, la lumière blafarde, ce n'est pas très sexy mais on s'y fait... Je trouve quand même que Rohmer aurait pu sabrer cette longuissime digression sur Pascal et le christianisme qui empèsent le propos dans le premier tiers du film.
Réalisé en 1969 dans son cycle des Contes moraux, Ma nuit chez Maud – premier grand succès du cinéaste – est dans le plus pur esprit des films de Eric Rohmer : intello et bavard. Tout ce qu'on aime chez lui. Un ingénieur incarné par Jean-Louis Trintignant, catholique pratiquant assumé et débatteur animé, a le béguin pour une jeune fille rencontrée à la messe, mais se laisse troubler par Maud, une athée rencontrée par le biais d'un ami communiste. En découleront d'intenses discussions sur le pari de Pascal, sur l'amour, sur la religion, sur le hasard et les rencontres, sur la vie... Françoise Fabian est absolument sublime dans son rôle de femme "moderne". Tendre et austère.
Ma nuit chez Maud, faisant partie des 6 contes moraux d'Eric Rohmer raconte l'histoire d'un ingénieur qui en rencontrant un ami va par la suite, passer la nuit chez Maud. Malgré la succession de plans assez lente et rare, le film possède des personnages attachants et bien développés, surtout Maud et Jean-Louis. Les dialogues sont également très bien écrits, mais abordent des sujets sérieux de nombreuses fois. La réflexion est poussée et intéressante mais ils restent parfois difficiles à retenir, car ce sont plus des dialogues à lire.
Pas inintéressant bien que très directif. Éric Rohmer se livre à ses idéaux, ses conflits moraux, ses partis pris. Ce qui est dérisoire, c'est qu'il convoque Pascal comme témoins en se faisant l'ennemi du jansénisme. Cela peut se comprendre, le jansénisme est à l'extrême opposée du marxisme, et il est difficile de concevoir un individu émancipé des liens sociaux, lorsque tout est prédestiné et que chaque être humain devient ce qu'il est. Cela veut dire que l'être humain ne peut pas échapper à la caste sociale et à l'inégalité. Et ce n'est pas entendable pour un enfant du marxisme et de la French Théorie. Pascal s'intéresse à l'être humain, Rohmer s'intéresse à l'individu. C'est dans ce principe originel que l'erreur est faite. Rohmer qui semble plus tenir du jésuite que du janséniste, ne souhaite pas se désolidariser de la force du style de Pascal, mais se désolidarise de ses fondements.
Le récit est intelligemment écrit et interprété. Rohmer traduit son érotisme propre: l'intellect se laissant aller au péché originel. Ce film est un peu une réflexion acétique qui prend vie, et atteste le conflit intérieur de l'auteur.
Maintenant il n'était pas nécessaire de convoquer le médium cinématographique pour partager cet essai. Les images ne montrent rien de plus que ce qui est dit, les sons ne font qu'illustrer ce qui est "montré". La mise en scène dépourvue de point de vue, d'audace et de créativité nous enferme dans l'esprit autocentré de l'auteur.
Pas mal. Le film a un peu vieilli - le débat entre jésuites, jansénistes et libres-penseurs ne galvanise plus les foules. Néanmoins le dénouement concernant l'adultère évoqué au début du film est saisissant.
Les statues branchouilles étant indéboulonnables à l'ordinaire je ne rajoute rien pour ne pas rentrer dans lalèche, mais pour ce film qui est un des meilleurs de Rohmer je me permets une précision: comme d'habitude leréalisateur nous offre des stéréotypes et le fait étant qu'ils sont tellement sclérosés, qu'ils prennnent une forme inverse tout le long du film. Et que cela plaise ou déplaise à ces fanatiques de l'auteur de la Nouvelle-Vague.A commencer par le personnage principal, Jean-Louis, un catholique qui ne sait pas ce qu'il veut (comme tous lescatholiques d'ailleurs.) Si l'on passe donc par l'à-priori bourgeois très souvent vu - et un peu détestable il faut bien dire - dans les films de Rohmer, certaines options au cours du récit font que l'histoire se laisse aisément suivre.Pour tout dire la femme fatale de l'intrigue, Maud (Françoise Fabian) est en fait la plus romantique sinon celle qui pense le plus: il n'y a qu'à voir la dernière séquence à la plage... Quant à la blonde Françoise (Marie-Christine Barrault) son personnage de future femme-au-foyer devient en filigrame la plus perverse, la plus indolente et en tout cas le caractère le plus révélé du film !Entre la brune futée et matoise et la blonde soumise, les contraires filent et laissent apparaître en définitiveune situation autre que l'on peut penser à la base: tout n'est pas aussi simple qu'on veut bien le croire.Evidemmment cela parle énormément et le tout contient une happy-end conforme comme dans toutes les oeuvres de Rohmer mais son aspect de base et paradoxale est à découvrir.Un classique à voir en tout cas avec également une superbe B.O.
Incroyable mais vrai, ce film parvient à accomplir l'exploit d'être à la foi drôle, intéressant et ennuyeux; du jamais vu. En tout cas il ne laisse pas indifférent. On peut adorer ou détester, personnellement je suis plutôt partagé en ce qui concerne ce film.
Un des plus beaux films de l'histoire du cinéma, beau, subtil, complexe et touchant... Rohmer parvient a filmer l'invisible: un instant prècis, la naissance d'un sentiment, la tension dans l'air entre les deux etres qui ne savent pas quoi en faire. Jean Louis Trintigant est excellent dans le rôle du catholique un peu coincé qui justifie son manque d'assurance par la culture, et Francois Fabian est tout simplement superbe en femme libre et cultivée. Rohmer au sommet de son art..
"Les sentiments éclairés." Le portrait tendre et nuancé de personnages discutant sur l'amour à la façon dont les philosophes en parlaient. C'est formidable et très intime, ce qui fait de ce film une oeuvre à part. Une homme et une femme dans une chambre, sentiments à fleur de peau et une histoire d'amour peut être embuée puisqu'une autre femme est là mais un moment de vie passionnant partant d'une nuit prude et douce.