ieta, Lion d'or au dernier festival de Venise, est un film sparadrap.
Vouliez-vous en oublier le propos, l'ambiance ou le souvenir, que le film de Kim Kim-Duk vous poursuivra au plus profond de vos nuits, sans rémission. Car le film est ainsi : sec, aride, violent comme un coup de poing, peu aimable, comme du Pialat trash à la sauce coréenne, un objet qu'on pense détester avant de se rendre compte, avec horreur, qu'il a pris possession de votre âme.
Deux mots du pitch, avant d'aller plus loin, et sans spoiler, ce qui serait suprêmement dommageable (mais dire cela c'est déjà spoiler) : Kang-do recouvre des dettes. Il n'hésite pas a estropier ses victimes pour ... la suite ici :
Dès le début, le ton est posé : ambiance désenchantée, prédéterminisme social…Mais surtout, rencontre avec Min soo Jo une formidable actrice au regard intense. L'introduction du personnage énigmatique qu'elle incarne est une des meilleure que j'ai vu depuis longtemps au cinéma. Dommage que le film assez manichéen ne soit pas à la hauteur de sa remarquable première demi-heure. Le changement de comportement de Kang-Do est amené sans subtilité et au final, on a encore affaire à un énième film de vengeance sud-coréen. Mon carton rouge serait la scène où un des clients du recouvreur de dettes lui dit qu’il veut être estropié des deux mains parce qu’il attend un enfant…J’ai trouvé ça... tellement grossier ! Loin de moi l'idée de vouloir refaire le film, mais pourquoi par exemple ne pas avoir davantage développé un aspect à peine évoqué à la fin de Pieta ? A savoir l'affection naissante de Mi-Sun pour le bourreau de son enfant? Le voir réellement devenir à ses yeux un fils de substitution aurait été assez subversif je trouve. Mais j'imagine que là n'était pas le thème que le réal voulait traiter. Reste une direction des acteurs maitrisés et une atmosphère bien installée. Mon film préféré de Kim Ki-duk demeure cependant toujours Time.