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Peter Franckson
79 abonnés
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4,0
Publiée le 28 janvier 2024
Le point de départ n’est pas très original : 2 amis, dont l’un va partir à Stockholm, discutent en boite de nuit. L’un d’eux, Bartolo (Javier PEREIRA) repère une fille (Aura GARRIDO) et la drague en déambulant dans les rues de Madrid, usant de persuasion pour coucher avec elle mais sans contrainte.spoiler: Les rôles s’inversent le lendemain matin où l’homme révèle son vrai visage d’enfant gâté qui pique une colère quand il n’obtient pas ce qu’il veut . Pour son 1er film, on sent déjà que le réalisateur a le sens du scénario et qu’il n’aime pas les situations convenues et tièdes. Ça commence comme un film d’Emmanuel Mouret et se termine comme chez Brian de Palma.
"Stockholm" débute comme une romance classique. Un jeune homme aborde une femme à la sortie d’une soirée et tente maladroitement de la convaincre de prolonger la nuit avec lui. Peu à peu, entre discussions, promenades et moments suspendus, une connexion semble naître entre eux. Mais derrière cette apparente légèreté romantique, un véritable jeu de pouvoir s’installe progressivement… avant de totalement se retourner. Toute la force du film repose sur cette évolution constante des rapports entre les deux personnages. Sorogoyen commence par filmer une séduction presque banale, puis fait glisser lentement son récit vers quelque chose de beaucoup plus ambigu et inconfortable. Le spectateur change régulièrement de point de vue sur les personnages, leurs intentions et leurs failles. Javier Pereira est remarquable dans ce rôle d’homme charmeur et Aura Garrido apporte énormément de nuance et d’intelligence à un personnage qui refuse constamment d’être réduit à ce que le regard masculin projette sur elle. Sous ses airs de romance nocturne intimiste, Stockholm devient finalement un film bien plus cruel et dérangeant qu’il n’y paraît.