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Un visiteur
0,5
Publiée le 12 septembre 2013
Je n'imaginais pas m'ennuyer autant. Deux comédiens que j'adore. Un réalisateur doué. Et pourtant l'on s'endort sur le canapé du psy Amalric. L'histoire ne progresse que dans la dernière demi-heure. Quel dommage !
Le réalisateur s'attaque à l'adaptation pour l'écran d'une histoire d'amitié sur fond de psychanalyse et d'ethnologie indienne avec beaucoup de talent: la direction de ces deux exceptionnels acteurs est magistrale et le rythme imposé par le montage, admirable. Quelques scènes oniriques permettent à la narration de trouver un second souffle, Desplechin n'en abuse pas, de peur de trop romancer cette histoire vraie, probablement. Néanmoins tout ce talent déployé ne nous empêche pas de regarder notre montre au moment où le film aurait dû trouver sa fin: vers 1h30...
J'avais hâte de voir ce film car j'apprécie le thème abordé ainsi que l'acteur Mathieu Amalric. C'est un film très bien réalisé et joué, intéressant, intelligent. On est émus et touchés par les souffrances de Jimmy P. Cependant c'est trop bavard et monotone et on finit par vraiment s'ennuyer (d'autant que le film est long).
(...) Tendre paradoxe que celui d’être déçu par ce que l’on espérait recevoir et que l’on reçoit. Jimmy P. n’en reste pas moins un excellent exercice de style à la mise en scène parfaite (quel art du filmage !). Maintenant, de là à mériter une quelconque récompense…
J'ai beaucoup aimé ce film ! J'ai "vu" l'invisible, le cheminement d'un esprit, l'impalpable d'une analyse par la grâce de deux acteurs excellents- Benicio Del Toro carrément exceptionnel- et d'une réalisation toute en subtilité. à l'image de Devereux "pas de grands mots, car ils éloignent des choses", mais une approche humaine et humble des blessures de l'âme. On voit en effet un échange véritable entre deux hommes, rescapés tous les deux,( indien/soldat et juif d'Europe) basé sur la parole, l'importance des mots et de leur sens, et aboutissant à une véritable fraternité, au delà du soin. . Exactement ce que l'on attend de toute analyse: une rencontre basée sur l'humanité des deux participants. Ainsi du médecin chef qui demande à Jimmy des nouvelles et qui s'entend répondre - spoiler: "oh, il va mieux" ! -
Quelques lourdeurs au début du film, et un personnage féminin superflu , mais en revanche, les moments de rêve sont particulièrement beaux et émouvants et l'interprétation de Del Toro, magistrale.
Il a fallu un certain culot à Arnaud Desplechin pour choisir cette trame de scénario, somme toute squelettique, puis pour aller la tourner aux USA. La faiblesse du film tient en effet avant tout dans son synopsis plutôt terne : une longue séance de psychanalyse filmée.
Si l'exercice n'est au final pas déplaisant, c'est par la grâce du jeu des acteurs. Benicio del Toro est excellent, colosse rempli de douleur et de douceur. Après un début inquiétant dans lequel il surjoue (yeux exorbités, sourire de fou furieux), Amalric se calme et devient progressivement touchant.
Le film est très bien réalisé, on est parfois touché par une scène de rêve, mais Jimmy P manque un peu de nerf, d'exaltation, d'âme.
Le fait que le patient soit indien n'est au final qu'anecdotique, même si la culture indienne nimbe certains dialogues d'une aura mystérieuse.
Cela fait lontemps que je n'ai pas vu un film qui... la suite ici :
Je n’étais, pour tout dire, pas très emballé à l’idée de regarder ce film dont le sujet et la bande-annonce ne m’avaient pas vraiment enthousiasmé, c’est donc avec mesure sinon réticence que je me suis mis à le regarder. Pour être honnête j’avoue avoir, à mon grand étonnement, plutôt passé un bon moment devant ce film, même si je n’ai pas vraiment été transporté. Le sujet est intéressant et suffisamment bien raconté pour qu’on ne s’ennuie pas. Le film bénéficie en plus d’une interprétation trois étoiles avec un Bénicio Del Toro très convaincant en amérindien Blackfoot malade victime d’une maladie psychiatrique. Il est, par ailleurs, efficacement secondé par une Matthieu Amalric truculent dans ce rôle de médecin anthropologue de formation qui entreprend une analyse pour traiter ce patient dont le bagage culturel amérindien laisse perplexe les docteurs de l'institution militaire. Leurs séances de discussions thérapeutiques sont prenantes et donne beaucoup de substance au film du fait de l’amitié un peu ambiguë qui s’y fait jour. Les séquences annexes, particulièrement les moments entre le docteur Devereux et son amie Madeleine m’ont parfois ennuyé et n’ont, à mon sens, pas vraiment d’utilité et offrent des longueurs, un peu irritantes, au film. En somme le film est intéressant, mais sans vraiment être passionnant et on est satisfait de l’avoir vu sans pour autant se sentir le besoin de le recommander. À voir donc si l’occasion se présente à vous, mais il n’est pas vraiment indispensable à la culture générale cinématographique, hormis pour les fans du réalisateur ou d’un des deux acteurs principaux.
La réalisation de Desplechin est soignée et ça fait du bien. Le récit intéressant pendant une heure. Ensuite, comme dans beaucoup d'autres films de l'auteur, le film semble s'enliser, il ne décolle pas, ne se revnouvelle pas. Et finit par nous ennuyer. Cela est d'autant plus dommage que les acteurs, la lumière, la mise en scène sont à la hauteur.
L'évocation des traumatismes causés par la guerre et leur cure psychanalytique est un sujet passionnant mais est-il véritablement cinématographique ? Arnaud Desplechin prend d'énormes risques en centrant Jimmy P. sur le rapport exclusif qui s'établit entre deux hommes : le grand blessé de l'âme et le praticien qui est loin d'être reconnu dans sa profession. De cette relation entre deux individus a priori aux antipodes et que le cinéaste étudie avec une minutie extrême naîtra une complicité ineffaçable. Reste que le film semble parfois scolaire, ou plutôt universitaire, dans son récit en privilégiant une abondance de dialogues que l'on pourra trouver étouffante. C'est un parti pris et Desplechin met tout son art à tenter de rendre palpitant cet échange entre le malade et son médecin. Et force est de constater qu'il y arrive assez souvent. Benicio del Toro est prodigieux, ce qui ne constitue pas une surprise, Amalric se tirant honorablement d'un rôle compliqué de psy excentrique et marginal, affublé d'un accent franco-roumain qui n'est pas toujours heureux.
Je pensais jusqu'ici que desplechin était un cinéaste doué, mais un peu escroc, cachant derrière ses films hystériques un manque d'inspiration et de talent complet. Jimmy P m'a fait changer d'avis ! Le réalisateur prouve qu'il est capable de réaliser un très bon film sans faire le malin, sans sombrer dans les tics nouvelle vague, et sans en rajouter dans le dépressif. Si le film peut sembler un peu figé pendant le visionnage, des images et des scènes reviennent nous hanter longtemps après que l'on ait quitté la salle de cinéma. Les deux acteurs sont excellents, bien que leur prestation soit assez inégale selon les moments. Une mise en scène posée mais alerte, des décors somptueux : Desplechin se laisse aller au plaisir de faire du cinéma américain, et le plaisir est communicatif ! A noter : certains passages sont un peu bavards, mais c'est le sujet qui veut ça. A ceux qui ne supportent pas la psychanalyse : passez votre chemin !
Surement pas le meilleur film de Desplechins, j'ai trouvé le jeu des acteurs trop mécanique, comme si parfois la sobriété était surjouée, C'est un film à deux principalement, (benicio del toro et Mathieu Amalric) mais sans beaucoup d'émotions entre les deux acteurs ... La tentative de psychanalyse fera je pense beaucoup sourire les psychiatres, quoique.... En tout cas elle ne m'a guère convaincu..... Je confesse n'avoir pas réussi à entrer dans le film, ni n'ai été sensible à cette guérison par la parole et la psychanalyse......Dommage pour moi..... Peut être à revoir pour mieux cerner les possibles qualités didactiques du film..... Un film qu'il faut voir à mon avis si on veut se faire son idée.....
L’intérêt de ce long-métrage, réalisé par Arnaud Desplechin en 2013, repose sur la richesse de ses dialogues magnifiquement portés par Benicio Del Toro et Mathieu Amalric. Car pour le reste, il convient de le reconnaître, l’ensemble est d’un académisme ennuyeux. L’étroite relation entre un patient amérindien souffrant de nombreux troubles et un psychanalyste français permet de développer plusieurs thèmes (les rapports familiaux, les minorités ethniques, les traumatismes de guerre, etc.). Au fil de cette thérapie, on assiste à la guérison d’un homme et l’éclosion d’une belle amitié. Bref, une psychothérapie dont on ne sait qui en est le plus grand bénéficiaire.
Avec un tel pitch de départ, je m'attendais à plus de travail sur la psychologie des personnages. On a l'impression ici de rester constamment à la surface du problème. C'est bien dommage.
Quelle déception ! Desplechin nous livre un film terriblement lisse et scolaire, aussi bien sur le fond (une psychanalyse qui fonctionne) que sur la forme (académique et molle). Il y avait pourtant matière à un récit complexe et intense : la rencontre de ces deux déracinés-rescapés (un indien et un juif) aurait pu aboutir à une singulière histoire d’amitié, à une troublante quête d’identité et à une saisissante plongée dans un psychique tourmenté. Or, rien de tout ça : malgré la présence magnétique de Bénicio Del Toro et l’histrionisme (un peu forcé) d’Amalric, les deux personnages restent à l’état d’ébauche, leur complicité factuelle et la guérison, très artificielle, ressemble à un mauvais happy end. Quant au cheminement de la cure psychanalytique, il surprend par son simplisme littéral (se réconcilier avec les femmes et assumer ses racines : on dirait presque un manuel scolaire). Restent quelques beaux moments, dus à l’émouvante retenue de Del Toro et à la présence lumineuse de Gina Mc Kee – au gré de quelques moments volés d’intimité avec Amalric, Desplechin retrouve la grâce. Mais cela reste bien maigre au regard de la mollesse générale, de l’indifférence qui nous gagne peu à peu face à cette « aventure humaine » aux si petits pieds et où l’on s’échoue dans un ennui poli.