Dans une mise en scène sobre et qui n’extrapole rien, Arnaud Desplechin se concentre sur la discussion de ses deux protagonistes. Jimmy P. est un film qui s’écoute avant tout. La mesure des dialogues et le choix des mots nous font philosopher sur notre vie, nos pensées et notre mort. Cependant, malgré les qualités de Benicio del Toro et de Mathieu Amalric, le long-métrage est trop souvent lent pour éviter de fermer les yeux. C’est un film qui s’écoute, a-t-on dit, mais le risque est que l’on finisse par s’endormir. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
J’avoue que ce n’est pas très souvent que je vais voir un film réalisé par Arnaud Desplechin. En fait si j’en crois mes souvenirs je n’ai jamais vu l’un de ses films. Ayant en ma possession le Graal (ma carte illimité) et n’ayant donc nullement besoin de débourser d’avantage d’argent pour aller voir des films (au contraire je rentabilise). Je me suis donc permis d’aller voir un film différent de ceux que je vais voir habituellement au cinéma. Je ne m’attendais donc à rien. Je n’avais aucun a priori sur le film, sauf peut-être au sujet du casting. D’une j’aime beaucoup Mathieu Amalric, je ne sais pas vraiment pourquoi mais le personnage m’est sympathique et ensuite Benicio Del Toro, un mec avec une gueule, qui peut être aussi flippant qu’attachant malgré sa carrure et son physique atypique, pour moi c’était du tout bon ! Bref je partais en ayant rapidement lu le synopsis. Histoire de connaitre le contexte, le sujet, et l’élément dramatique. Donc pour résumer rapidement ça se déroule après la seconde guerre mondiale au Kensas et Jimmy Picards un Indien qui souffre de différent trouble va être admis dans un hôpital spécialisé dans les maladies du cerveau. Il va finalement avoir le droit à des séances de psychanalyse avec Georges Devereux un Européen et l’on va suivre l’évolution de leur relation.
Et après avoir vu le film, il s’agit exactement du synopsis ! Tout le film est vraiment centré sur ces deux personnages qui se découvrent, échangent et se trouvent des points communs. Il s’agit donc d’un film très bavard ! D’ailleurs je vous déconseille d’aller le voir le soir après une journée assez rude, ou en ayant juste un léger coup de fatigue. Ce film risque d’être une bonne berceuse pour vous. D’autant plus que l’histoire suit son cours, constamment sur le même rythme sans envolée dramatique. Ben ouais mais bizarrement les 2h de film je ne les aie pas vraiment vu passer (et je ne me suis pas endormis !). L’histoire n’est en vérité pas des plus passionnantes, mais la force qu’insufflent les deux acteurs principaux à leur personnage respectif apporte une dynamique au film. Etrangement je me suis vite rendu compte qu’il n’allait rien se passer d’extraordinaire, pire je me suis douté de la manière dont cela allait se terminer, mais finalement l’intérêt du film est dans l’interprétation des dialogues, le film s’articule comme une sorte d’enquête ou les mots et la Culture des personnages en sont la solution. Et ce qui est intéressant c’est la manière dont chaque chose est interprétée à la fois du côté du patient et du psychanalyste. En allant voir Jimmy P. il faut vraiment s’attendre à voir des séances de psychanalyse et uniquement à cela. Autrement il y a de forte chance que vous soyez fortement déçu. Côté mise en scène c’est très propre et la photographie est très belle, je ne pourrais pas ajouter grand-chose d’autre sachant que je ne connais pas tellement le réalisateur.
Pour conclure je dirais que le film n’est pas un incontournable mais il m’aura au moins donné envie de voir le reste de sa filmographie.
Doté d’une image splendide et porté par un duo d’acteurs magnifique, "Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines)" recèle de qualités autant scénaristiques qu’esthétiques. Si le réalisateur est français, l’histoire est très américaine et la forme, la narration ou les décors sont typiques du grand cinéma d’outre-Atlantique. À vrai dire, on retrouve dans la photographie, les dialogues (excellemment écrits), les relations entre personnages, la bande originale (par ailleurs très belle) et la façon dont sont filmés les rêves de Picard beaucoup de ce qui fait la beauté du cinéma de Paul Thomas Anderson, influence plausible pour Arnaud Desplechin. Le rythme est quant à lui assez soutenu, à la façon de "The Master", faisant usage d’ellipses, de flashbacks ou bien de scènes de dialogues enlevés plus longues, et invitant le public à saisir la signification des visions de l’Amérindien en compagnie de Devereux et son patient. Les séquences oniriques, des plus fascinantes, tendent d’ailleurs à se graver dans la mémoire. Quoi qu’il en soit, cette analyse filmée déploie une ampleur hors du commun et permet de rentrer en profondeur dans la psyché des personnages, dont le passé et le caractère se dévoilent petit à petit pour le plus grand plaisir du spectateur.
Deuxième opus tourné en anglais par Desplechin, "Jimmy P." est un film définitivement intéressant sur la thérapie et la dépression, formidablement écrit, mis en scène et interprété par l'impressionnant Benicio Del Toro et la lumineuse Gina Mc Kee, en particulier. En revanche Amalric cabotine un peu, mais ça n'est pas très grave et confère une certaine fantaisie pas déplaisante à son personnage de thérapeute d'origine hongroise.
Un film atypique, une narration inhabituelle qui ne plaira pas à tout le monde ça c'est certain, mais avant tout une tranche de vie touchante et que j'ai trouvé interprétée avec justesse, finesse et tact par les différents protagonistes. Les personnes sensibles au moments dont certains diront qu'il ne se passe rien alors qu'il se passe tout apprécieront particulièrement le film je pense.
Depuis pas très longtemps, et dans l'attente de la sortie de ce film, je commençais à me persuader que Desplechin était un grand réalisateur français. Avec Comment je me suis disputé... ma vie sexuelle, rien que ça, il est difficile de ne pas le croire. Alors 2013, retour du cinéaste, sélection à Cannes, encore une fois présence d'Amalric, et Del Toro en plus, pour une histoire assez originale (de ce qu'a pu montrer jusque-là Desplechin) et dans un espace-temps différent de ce qu'il a pu nous proposer. Soit, sur le papier du moins c'est alléchant, au pire ça rend un peu perplexe. Et finalement, c'est moche. Moche pas formellement parlant - au contraire même sur la photo c'est peut-être le meilleur Desplechin que j'ai pu voir, en tout cas le plus travaillé de ce côté-là - mais moche dans son ensemble, dans son incapacité à proposer une mise en scène digne de ce nom (partiellement excusable car pour ce genre de film ça se prête plutôt bien) et surtout, une impossibilité de faire décoller niveau dialogue. Les dialogues, Desplechin en a utilisé à foison, prenant donc la même formule que ses précédents films. Mais là où avant c'était fou, délirant, complexe, pertinent, bref décrivant un peu tout ce à quoi des paroles peuvent amener, ici les dialogues n'évoluent jamais. Alors pour l'histoire en elle-même ça reste bon, enfin bon disons dans le cadre de l'histoire, on apprend par des longues confidences l'enfance de Del Toro, et les dialogues ne sont pas en soi mauvais, mais il n'y a pas cette étincelle, cette luminosité qui changent la donne, pour moi LA marque de fabrique de Depleschin. Au moment où le thème de la religion est abordé, je me suis dis qu'enfin on partait dans un truc intéressant, intelligent, et que ça allait être comme ça jusqu'à la fin (et au pire qu'une moitié du film vaudrait réellement la peine)... Que dalle, que dalle. Le passage de la religion est un pic unique, et ça retombe juste après. Finalement je ne retiens rien, alors il y a des choix certes intéressants (le personnage de Madeleine, présente mais pas trop, dans une relation floue, ça nous fait évader de l'histoire principale c'est pas plus mal), même niveau mise en scène quelques petits trucs sympas mais cela est clairement insuffisant, quand on s'appelle Depleschin on ne rend pas une copie aussi plate, dans le fond en tout cas ça l'est. L'histoire suit son cours, le duo fonctionne remarquablement bien, mais allier une mise en scène aussi sombre et des dialogues de ce niveau-là, je ne dirais pas que c'est consternant, car quelque part le réalisateur a réussi son coup - il n'y a pas de gros défauts et on est pris par le truc - mais il n'ose pas, il ne tente rien, et justement chez lui c'est dans sa folie qu'il prouve qu'il est un grand. Pas ici.
Signes particuliers (+) : Un film lumineux à double visage, à la fois passionnante plongée élaborée au sein d’un suivi psychanalytique construit comme un drame à suspense et sublime peinture d’une amitié naissante entre deux hommes que tout oppose, de leurs origines à leur culture, en passant par leur langage, mode de vie ou conception de l’existence. L’histoire fascinante d’un double-apprivoisement porté par deux magnifiques comédiens.
Signes particuliers (-) : Le sujet, son aspect formel et ses thématiques sont un peu rudes et requièrent beaucoup d’exigence pour entrevoir la beauté de ce qu’ils cachent.
Les méandres de la psychiatrie illustrées par l'histoire véritable d'un indien accidenté de la guerre, traité par pseudo médecin européen. Un duo de choc pour assurer cela : Benicio Del Toro, Mathieu Armalric.
Malgré deux acteurs passionnants, il y a quelque chose qui cloche dans ce film! En plus d'être très faiblard visuellement, l'intrigue est plate en dépit d'un sujet pas inintéressant! Et la fin, expéditive, laisse flotter une espèce d'incompréhension... Sans être désagréable, un film qui laisse dubitatif et qui n'épargne pas au spectateur une certaine déception et/ou frustration! 3/5
Non, le talent complice de Benicio Del Toro et Mathieu Amalri ne jettera pas un voile apaisant sur le manque d’enthousiasme et d'ambitions de Jimmy.P, dont la linéarité démotive progressivement le spectateur, sans pour autant lui ôter cet attendrissement éprouvé devant l'amitié sincère, parfois difficile, de deux hommes liés par l'opposition de leur sentiments, qui se trouvent être au fil de l'histoire , complémentaires : le calme méfiant de Jimmy.P, son malaise de vivre, la morne monotonie qui rythme les événements de sa vie, captive et apaise à la fois, l’excentricité d'un psychothérapeute passionné de culture indienne, vif et pleins d’intérêts. Un scénario de roman, qu'une adaptation cinématographique doit électriser, faire subir des bonds et des rebonds, des crises et des temps calmes... mais rien de tel dans Jimmy.P, et c'est tellement dommage !
Un très bon film. Bien sûr il ne faut pas s'attendre à beaucoup d'actions mais les acteurs sont excellents, le scénario assez interessant pour que l'on ait pas le temps de s'ennuyer. Les scènes de rêve sont esthétiquement très bien réussies.
Un improbable mais magistral duo et un film trop intimiste, trop distant. Pas désagréable, assez flamboyant parfois même, mais trop souvent raisonnable.
A voir superbe jeu de Alamaric et de Benicio del Toro... tres tres beau et bon film pour tout passionné de psychologie humaine ou tout simplement d'humanité^^