Dès son premier film, bien que par bien des côtés irritants, on savait qu'on tenait en Xavier Dolan un phénomène et que ce serait une aventure palpitante que de suivre sa carrière, fût-elle en zigzags. Dans un sens, Tom à la ferme est sa première oeuvre adulte, débarrassée en tous cas de pas mal de coquetteries de mise en scène qui bridaient souvent l'enthousiasme. Dolan est incroyablement doué et il le prouve dans ce quatrième opus aux confins du sordide, duel en huis-clos avec un garçon décédé au milieu qui conditionne les relations troubles et troublantes entre un frère et un amant. Sans effets de manches, cette-fois ci, Dolan parvient à rendre une atmosphère magnétique et malsaine à la fois, avec des dialogues secs, une agressivité quasi permanente, des bulles d'humour et une interprétation excellente pour les trois rôles principaux. Et ce, dans un film qui est loin d'atteindre à la perfection. Ce cinéaste là est un phénomène et il n'a pas fini de le montrer (dès Cannes, cette année ?).
Je n'ai pas du tout accroché à ce film , je n'ai pas aimé l'ambiance et finalement je n'ai pas du tout trouvé du génie dans la réalisation que tout le monde glorifie . Glauque c'est vrai mais ennuyeux au final . Des dialogues minimalistes . De bons acteurs néanmoins . Je suis déçue .
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TOUS A LA FERME! Dans une campagne grise, humide, plate, Tom se perd dans ses convictions, ses sentiments. Tel un aimant, les polarités s'inversent au fil du récit. Répulsion, attraction, malaises, il remet en cause sa propre histoire au gré des humeurs de Francis, le frère, et d'Agathe, l'apparente mère fragile. Les doubles de Dolan, Hubert et Francis de ses deux premiers films, et ici Tom, doutent d'eux-mêmes, craignent, puis acceptent leur côté masochiste. Loin du thriller annoncé, il nous plonge dans une morne et triste plaine, laquelle va in fine lui révéler sa véritable personnalité. Film incontournable, pour les inconditionnels de Dolan et les autres! :-)
"Tom à la ferme", mais qu'est-ce que ce titre ? C'est celui du nouveau film de Xavier Dolan qui change de registre avec ce thriller glauque dans la campagne québecoise dans lequel Tom arrive pour enterrer son amant et se retrouve menacé par le frère de celui-ci de ne rien révéler à sa mère. Mais cela va au-delà et très vite, Tom se retrouve à travailler à la ferme, menacé par le frère certes mais en même relativement fasciné puisque n'importe quelle personne saine d'esprit aurait taillé la route sans se poser de questions. C'est un film qui avait tout pour être bon dans son genre : personnages tordus, ambiance malsaine, campagne profonde mais qui ne l'est pas. Ce n'est pas à cause des acteurs qui sont très bons que ce soit Dolan lui-même alors Pierre-Yves Cardinal, assez terrifiant mais c'est à cause d'une mise en scène complètement épurée, à la photographie assez moche et aux plans assez laids (à part quelques-uns). Si c'est évidemment justifié par le thème du film, le rythme lent imposé par la mise en scène et le fait que le personnage principal nous soit complètement étranger finit par plomber l'ambiance, nous basculant vers l'ennui alors que l'on aurait du rester accrochés à notre siège.
C'est dur... Très dur d'expliquer ce que j'ai ressenti... Le drame de cette famille... J'en suis sorti les larmes aux yeux, déboussolé, j'aurais eu envie de soutenir Agathe dans cette épreuve... Une scène en particulier m'a profondément ému, et j'ai encore beaucoup de mal à m'en remettre 1/2 heure après être sorti de la salle... D'abord loufoque, puis complètement affolant, la vérité jaillie suivie de cette fameuse scène qui m'a parue insoutenable... Excellent film, malgré tout le mal que j'ai ressenti, merci Xavier !
Seulement vingt-cinq ans au compteur et déjà cinq films à l’actif du Québécois Xavier Dolan (celui-ci étant le quatrième tandis que son dernier est fortement pressenti pour figurer à Cannes), une véritable boulimie qui ne pâtit d’aucune trace de bâclage. Bien au contraire. Tom à la ferme reprend les thèmes qui lui sont chers (homosexualité, rapport de force entre les individus, fascination/répulsion) pour mieux s’échapper dans une forme nouvelle : le huis clos anxiogène. Le personnage principal, que Dolan se charge d’incarner, est confronté à la rudesse du monde rural, à des comportements étranges liés à la chape de plomb entourant un jeune défunt. La tension s’installe d’entrée avec vigueur, semble s’apaiser, puis redémarre de plus belle. La partition est savamment orchestrée, grâce notamment à une bande-son de choix, mais aussi à des procédés filmiques ingénieux tels le choix de plans serrés oppressants ou le mode d’apparition de chaque nouveau personnage à l’écran, toujours brut et nimbé de mystère. La forte propension au suivi des protagonistes de dos façon « caméra embarquée » rappelle le Gus Van Sant de la trilogie Gerry/Elephant/Last Days, la tension permanente se rapproche du Michael Haneke de Funny games. On pourrait même déceler ici ou là une influence Hitchcockienne. Cependant nul ne s’y trompe, Dolan livre à nouveau une œuvre très personnelle. Sans renoncer au parti pris du refus d’empathie, il offre des clés de compréhension quant aux attitudes des uns et des autres. Ainsi la séquence mettant à jour la détresse de la mère sonne comme un crochet à la face. Ajoutons une mention spéciale à Pierre-Yves Cardinal dans le rôle du tortionnaire alambiqué. Autant d’éléments qui contribue à la réussite de l’entreprise : filmer l’angoisse pure, sans l’aide d’un quelconque effet de manche ou moyen extravagant. Tout simplement brillant.
Homme protée de son dernier film, Xavier Dolan y tient aussi le rôle principal. C’est Tom qui débarque dans une ferme paumée du Québec pour y enterrer Guillaume, un amour de jeunesse. Avec son teint blafard, la mère à l’air bizarre. Et Francis, le frère ainé, encore moins engageant. L’atmosphère devient plus trouble encore lorsque Tom accepte de prolonger son séjour au-delà du raisonnable…
Evidemment, le souvenir de Guillaume est partout dans la maison et l’anxiété permanente. Cela donne lieu à des scènes anxiogènes dans l’obscurité de la stabulation ou dans un champ de maïs. Même le superbe tango entre Tom et Francis intrigue. Il faut dire que ce dernier a le chic pour semer l’angoisse et même la violence sur fond de pulsion sexuelle à peine contenue. Veut il venger ou reproduire l’homosexualité du frère ?
Xavier Dolan joue brillamment avec les codes du thriller. Avec des moments d’hypertension entretenus par une musique très prégnante. Et si la mère fait une héroïne très hitchcockienne, Tom a plutôt des allures d’ange noir. Dans leur sombre ballet, les personnages font le deuil de la mort et de l’amour. Et tous se débattent dans leurs relations toxiques, sans qu’on sache très bien qui manipule qui. Original, mais ça peut laisser perplexe.
Après avoir abordé son thème récurrent de l’homosexualité par le biais du drame familial, du trio amoureux et de la question de la transsexualité, dans ses trois premiers films, trois tragédies passionnelles d’une remarquable maitrise artistique, le jeune québécois Xavier Dolan s’attaque à un genre plus radical encore en adaptant la pièce de théâtre de son concitoyen Michel Marc Bouchard. Dans ce thriller en quasi-huis-clos, le réalisateur met son inventivité au profit d’une mise en scène et d’une relation humaine, toute deux terriblement oppressantes, en se donnant le rôle d’un jeune homme venu à la campagne à l’occasion des funérailles de son amant et dès lors entamant un rapport de force malsain avec le frère de celui-ci. Dans un décor campagnard malsain et étouffant, rappelant celui des Chiens de pailles, la tension entre ses deux personnages ambivalents passe par un jeu de domination narrée avec une subtilité déroutante, évitant le piège des effets de mise en scène tape-à-l’œil qui avaient quelque peu plombé son précédent film et que le public pouvait redouter à la vue de la bande annonce. Les thématiques de l’homophobie et du mensonge sont ainsi traitées avec une violence psychologique particulièrement efficace qui prouve une nouvelle que Dolan sait tout faire (aussi bien entant qu’acteur, que réalisateur mais aussi que monteur et costumier) et qu’il le fait avec un brio exceptionnel.
Un film correct mais l'histoire est finalement assez vaine. On n'est jamais pleinement embarqué dans le récit de ce jeune homme se murant lui-même dans une famille d'agriculteurs passablement déglinguée. Cela tient peut-être au scénario ; peut-être aux comédiens. "Lawrence anyways" reste donc le meilleur film de Xavier Dolan à ce jour...!
Sous forme d'un conte (l'ogre qui emprisonne le Petit Poucet), Xavier Dolan signe une métaphore sur la passion amoureuse. Tom est sous l'emprise d'un bourreau et n'arrive pas à s'en détacher. Les personnages sont dessinés de façon très grossière, comme dans tous les contes, ce qui dessert la subtilité du propos. La mise en scène de ce jeune prodige reste virtuose.
Taxé de thriller par la « distribution » ce film va bien au-delà des apparences du genre, pour flirter avec les métamorphoses d’un film noir confronté aux règles d’or d’Alfred Hitchcock. Ce qui nous donne du Dolan total , réalisateur aguerri autour de l’ acteur qui parfois se regarde peut-être un peu trop jouer. Mais l’ensemble est si bien agencé, que le plaisir des yeux l’emporte malgré un récit angoissant, qui renoue avec la thématique du dominant-dominé et de son inversion programmée… Oppressant je vous dis, mais indispensable désormais, ce jeune cinéaste. Pour en savoir plus