Avec "Les Hauts de Hurlevent", William Wyler signe une brillante adaptation cinématographique du roman d'Emily Brontë (bien que l’œuvre ne soit pas totalement respecté et surtout loin d'être entièrement retranscrite, mais Wyler se l’approprie de belle manière) où l'on suit deux amants vivent un amour impossible dans l'Angleterre du XIXe siècle. Raconté en flash-back, on les voit d'abord jeune, où Heathcliff, enfant abandonné est recueilli par la famille Earnshaw dont il tissera peu à peu des liens avec la fille qui se transformeront en amour au fur et à mesure des années mais aussi une haine avec le frère, qui le fera domestique à la mort du père. Puis la différence des classes sociales et les conventions de l'époque les feront d'abord éloigner. C'est un très beau récit qu'il nous livre, classique mais totalement maitrisé, avec une atmosphère romanesque et gothique, des envolés lyriques et des pluies diluviennes. C'est bien écrit, que ce soit les personnages ou les liens entre eux. La photo en noir et blanc est superbe (récompensé par un oscar) et permet à Wyler de maitriser ses contrastes. Tout en suggestion il nous offre plusieurs scènes poignante dont celle finale, comme seules les grandes fresques romantique de l'ancien Hollywood pouvait le faire. Les violons accompagnant sont parfait et renforce la dimension classique et romanesque de l’œuvre. Les interprétations sont superbes, c'est devenu une habitude pour le très grand Lawrence Olivier, mais Merle Oberon notamment lui rend bien la réplique. Un beau et touchant film, avec des envolées inoubliable et témoin d'une époque Hollywoodienne (malheureusement) révolu.
William Wyller réalisateur du titanesque "Ben-hur" de 1969, s'attaque ici à une œuvre des sœur Bronté. Attention! C'est merveilleux, "Jane Eyre" est réellement fastueux mais, "les hauts de hurlevent" est complétement magiques. Le noir et blanc est somptueux, Laurence Olivier en méchant, sombré dans la folie de la vengeance est ahurissant. Merle Oberon Inoubliable ..
Difficile de faire aussi romantique et aussi rude au cinéma. Cependant deux choses me gênent dans le scénario. Tout d'abord, ce romantisme là s'apparente fort à de l'addiction et il fait surgir chez les deux membres du couple des pulsions qui aujourd'hui se soignent. A cette époque, dans un milieu extrêmement clos cela peut s'admettre mais alors la morale est dure car le premier maitre de la grande maison, homme éminemment bon, a eut tord d'introduire en son sein un enfant perdu sans aucune éducation de base. Ensuite, il y trop d'incohérences dans la psychologie des personnages , chacun ne peut être un individu et son contraire. Il faut aussi noter que le roman est bien plus complexe et s'étend sur deux générations, Heatchcliff se diabolisant de plus en plus ce qui expliquera en partie son comportement vu à l'écran. Du point de vue cinéma, c'est constamment superbe, le noir et blanc convient parfaitement à ce drame sombre au delà de la mort, la lande anglaise parait la nuit presque aussi sinistre que sa voisine écossaise. Bienvenus, les éclatants costumes de fêtes apportent la note de vie indispensable à la respiration des spectateurs. Les deux héros sont peu attachants pour ne pas dire haïssables dans leurs égoïstes forcenés, ce qui n'empêche nullement les envolées lyriques et les moments romantiques fortement dégagés par Merle Oberon et Lawrence Olivier. Dans ces conditions, on peut laisser les mouchoirs dans les poches, heureusement, le film a beaucoup d'autres atouts notamment sa belle mise en scène toujours à la limite de la sagesse, l'imagination faisant le reste. Les ''hauts de hurlements'' ne donnent guère envie de lire le livre et si l'on sort impressionné par le climat général de cette oeuvre, on n'a guère non plus envie de la revoir. Le dix-neuvième siècle et ses cotés sombres nous parait bien loin de nos préoccupations .
Cinéphile, J'ai essayé de regarder mais ls dialogues sont tellement inaudibles que c'était un calvaire pour essayer de comprendre et suivre. C'est bien dommage que l'image est de bonne qualité mais que la bande sonore soit immonde. Les anciennes œuvres me rebutent toutes à cause de cela. Les voix féminines sont toujours trop criardes et l'élocution beaucoup trop rapide qu'il en est impossible de comprendre.
La superbe mise en scène de William Wyler rend vraiment honneur à cette magnifique histoire d'amour qui possède un style gothique des plus appréciables, grâce aux fabuleux décors concotés par James Basevi et à sa superbe photographie en noir et blanc de Gregg Toland - qui fera gagner au film un oscar sans doute bien merité. En plus, le casting est excellent, notamment en ce qui concerne la subtile performance de Laurence Olivier qui éclipse quelque peu celle de Merle Oberon, qui est pourtant loin d'être mauvaise dans son rôle. Il s'agit donc pour moi d'un véritable chef-d'oeuvre mélodramatique et qui me donne bien envie de découvrir le roman d'Emily Bronte dont il est l'adaptation.
«Wuthering Heights» (USA, 1939) est un des premiers film de William Wyler, bien avant son classique «Ben-Hur» (USA, 1960). C'est aussi la première adaptation du livre d'Emily Bontë, qui sera aussi adapté par Luis Bunuel. Cependant cette adaptation là retient beaucoup plus la passion que ne le fais «Abismos de pasion» (Mexique, 1954) de Bunuel. Passion contenu pour satisfaire la censure de l'époque et son code Hayes. Tout comme la réalisation qui n'apporte rien au cinéma, tant esthétiquement que narrativement. Ainsi le film semble être bel et bien ce qu'on nomme péjorativement un classique. Or ce film de William Wyler, dans sa pudeur de passion, dans son respect des règles hollywoodiennes, dans son classicisme averti se confronte à l'histoire d'Emily Brontë. Histoire où les vies sont cadrés et définis par des lubies infantiles, par des souvenirs d'enfance et des amours passés. Bannissement donc de la sagesse des adultes. Et c'est dans sa pudeur à exprimer tant de rage que le «Wuthering Heights» plaît. On contemple dans ce film, comme dans tant d'autre de la même époque, la beauté du classicisme hollywoodien dans le regard de Merle Oberon (Cathy) ou dans la position de Laurence Olivier (Heathcliff). Pour conclure, «Wuthering Heights», s'il n'apporte rien au cinéma, demeure tout de même un de ces classiques des années 30 qui fait encore rêver aujourd'hui bien que l'adaptation de Bunuel, plus appropriée soit plus intéressante.
« Les Hauts de Hurlevent » réalisé par William Wyler en 1939 reste encore aujourd’hui la plus célèbre adaptation de l’œuvre d’Emily Brontë dont il faut bien avouer qu’elle n'a pas suscité les vocations à Hollywood au contraire par exemple des « Quatre filles du docteur March » de Louise May Alcott qui depuis 1918 a bénéficié de cinq adaptations (1933, 1949, 1994, 2018 et 2019) alors que derrière le film de William Wyler rien n’a émergé des studios de la Mecque du cinéma. S’il n’est pas encore oscarisé (Wyler avec trois Oscars et 9 nominations est le champion dans la catégorie qui lui est propre), le réalisateur a déjà une très solide carrière derrière lui avec 25 films achevés depuis 1926. Sous contrat avec la MGM qui est avec la Paramount le studio spécialisé dans les productions glamour de prestige le plus souvent inspirées du patrimoine de la littérature mondiale, Wyler se voit proposé par Samuel Goldwyn la transposition à l’écran de ce célèbre roman, joyau de la littérature anglaise. Le rôle de Cathy Earnshaw est dévolu à Merle Oberon débarquée quatre ans plus tôt de Londres où elle a été remarquée pour sa prestation dans le rôle d’Anne Boleyn au côté de Charles Laughton dans « Les vies privées d’Henry VIII » d’Alexander Korda. Samuel Goldwyn veut en faire sa nouvelle star, Greta Garbo donnant des signes de lassitude qui conduiront à l’arrêt définitif de sa carrière peu après « Ninotchka » d’Ernst Lubitsch. Ayant déjà travaillé sous la direction de William Wyler dans « L’ange des ténèbres » qui lui a valu sa seule nomination pour un Oscar, Merle Oberon est supposée s’accomplir pleinement dans ce drame larmoyant. Après que Ronald Colman, Douglas Fairbanks Jr. et Robert Newton aient été envisagés pour le rôle de Heathcliff, c’est Laurence Olivier qui décroche le rôle. Écrit par Ben Hecht et Charles MacArthur, deux écrivains et scénaristes réputés, le scénario fait l’impasse sur le deuxième tome du livre qui en réalité suit les drames amoureux sur deux générations des familles Earnshaw et Linton. Pour la cause, plusieurs personnages seront supprimés et l’intrigue déportée sur la seconde moitié du XIXème siècle. Dans la campagne anglaise du Yorkshire, Mr Earnshaw propriétaire du manoir des Hauts du Hurlevent ramène d’un voyage à Liverpool, Hearthcliff un enfant abandonné qu’il décide d’élever aux côtés de sa progéniture (Hindley et Catherine) afin de lui inculquer le sens du partage et la prise de conscience des devoirs humanistes imposés par sa position sociale.spoiler: Heathcliff d’une nature sauvage, après une difficile adaptation se lie d’amitié avec Catherine alors que ses rapports avec Hindley sont empreints de jalousie et de rivalité. A la mort de Mr. Earnshaw, Heathcliff est immédiatement relégué aux écuries par Hindley (Hugh Williams). Dans le même temps l’amitié entre Catherine et Heathcliff se transforme en un amour passionnel nourri d’un romantisme exalté consécutif à la situation conflictuelle qui règne au sein de la demeure. La jeune femme est bientôt tiraillée entre son amour et sa condition sociale. Son goût du luxe et de la sécurité matérielle lui commande de choisir le riche voisin (David Niven) issu d’une haute lignée qui veut en faire son épouse . L’intrigue qui joue sur les passions contrariées s’enroule essentiellement autour de l’irréfragable frontière qui sépare depuis toujours les classes sociales entre elles. Le roman comme le film font leur miel des valses-hésitations de Catherine qui n’arrivera jamais réellement à décider où son destin doit la conduire. Merle Oberon incarne à merveille cette jeune femme se consumant face à un choix douloureux entre passion et raison. Tour-à-tour amoureuse éperdue puis soudainement hautaine et lointaine, l’actrice est ici à son meilleur. La partition de Laurence Olivier plus lisible et linéaire en fait un Heathcliff parfaitement cohérent et obstiné. L’acteur venant du théâtre shakespearien sera régulièrement en conflit avec Wyler qui l’oblige à de nombreuses prises (on parle d’un record de 72 prises pour une seule scène) afin de lui faire acquérir le ton approprié au langage cinématographique. L’acteur dans sa biographie rendra hommage au grand réalisateur d’origine française qui lui aura permis de finaliser la transition de son jeu vers plus de subtilité. Un William Wyler en accord complet avec son chef opérateur Gregg Toland (oscarisé pour le film) pour parvenir à donner l’apparence des paysages brumeux de l’Angleterre du Nord à des décors naturels situés dans la banlieue de Los Angeles. Le film auquel il est difficile de trouver des défauts patents est resté dans les mémoires et dans le patrimoine du cinéma mondial, fidèle témoin d’une époque où les sentiments devaient s’effacer devant les convenances bourgeoises et surtout rester confinés entre gens évoluant dans le même biotope. Autre époque autres mœurs ! Mais les choses ont-elles si profondément changé ?
Qu'est-ce que c'est tragique... Mais qu'est-ce que c'est beau... Et qu'est-ce que Laurence Olivier était beau lui aussi... C'est à peu près tout ce que j'ai dire, il y a des films comme ça qui me coupent toute velléité d'esprit critique. Il faut le voir.
Récit lyrique et gothique du fameux roman d'Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent est l'une des plus belles réussites de Hollywood, moins tape-à-l'œil et clinquant qu'un certain Autant en emporte le vent, sorti la même année. Le film de Wyler se voit pour la prestance dramatique du plus grand acteur du monde, mais surtout pour la somptueuse photographe de Gregg Toland, dont les contrastes restituent l'ambiance de confrontation et de tumultes amoureux du roman.
La meilleure version du roman d'Emilie Brontë,même s'il s'agit d'une adaptation allégée et tronquée. Cela n'enlève rien à la force du film,magnifié par le noir et blanc et la force des éléments naturels(vent,pluie),adaptation d'une histoire d'amour fou et éternel. On ne pouvait pas trouver de meilleur interprète que Laurence Olivier pour incarner un Heatcliff aussi tourmenté que pathétique et Merle Oberon incarne une Cathy Earnshaw émouvante. Un chef d'oeuvre et un grand mélo(Ah...revoir les deux amants sur le rocher de Pennison Creek,au milieu des bruyères...)
Il y a ce côté possession et envoûtement chez Catherine. Elle dit qu’elle EST Heathcliff. Et le film avec ses aspects précieux sur l’amour aborde tout au long du film cette thématique qui fait la force du film: le froid sur le cœur qui l’empêche de s’épanouir et cet amour quelque peu malsain qui la ronge toujours en pensée emprisonnée dans son âme. Bunuel avait tout misé sur cet aspect. Wyler le distille avec davantage de retenue.
S'attardant sur l'hésitation tragique de Catherine entre son amour fusionnel avec Heathcliff et ses aspirations mondaines alors atteignables par le mariage seul, l'intrigue incarne le romantisme absolu d'une certaine catégorie de films hollywoodiens, très classiques dans leur mise en scène et assez emphatiques tant dans leur bande sonore que dans la direction d'acteurs, où le charisme de Laurence Olivier s'habille d'une douloureuse froideur. L'adaptation attendue d'un roman emblématique.
le charme opère sur ce film désuet grâce au scénario et aux acteurs. une tragédie qui en dit long sur l'amour au delà de la vie. aimer à jamais, même après la mort.
La première des 6 versions existantes de l'adaptation du livre de Bronté. Un charme d'antan puissant avec des acteurs brillants (je n'avais jamais vu David Niven si jeune!). Une histoire qui ne sort pas de l'ordinaire mais on prend un réel plaisir à la laisser s'écouler devant nos yeux. Certains moments m'ont fait penser à "La splendeur des Amberson" mais pas aussi bons quand même, je garde mon chouchou! Aaaaaah, le noir et blanc c'est quand même chouette!