TARZAN, LA NATURE HUMAINE, ma note: 7 sur 10 !
J'y suis allé à reculons, je l'avoue...Je ne compte plus les films de Tarzan que j'ai pu voir et qui m'ont la plupart du temps profondément ennuyé hormis peut-être le « Greystoke, la légende de Tarzan » de Hugh Hudson avec Christophe Lambert en 1983... Il s'agit du 48ème film qui relate les histoires de cet homme hors du commun, libre, défenseur des opprimés et amoureux de la nature et de... Jane !
Bonne surprise : le réalisateur David Yates renoue avec l'histoire originale créée en 1912 par l'auteur Edgar Rice Burroughs. Nous sommes donc très loin des précédentes versions édulcorées, liquoreuses (au-delà du romantisme) que nous avions l’habitude de voir (ou pas). Notre Tarzan évolue au cœur de ce qu’on pourrait appeler la lie de l’humanité : Les affres de la colonisation, de l'esclavagisme, de la cupidité et de la sauvagerie des hommes dits "civilisés"... sont au cœur de l’histoire, rien de ceci n’a été écarté comme c’était le cas des films précédents pour jeunes enfants ou « ménagères en mal d’exotisme » !
Il ne s'agit pas non plus d'un remake, mais bien d'une nouvelle histoire qui a bien des résonances avec notre histoire contemporaine, une histoire qui se répète, notamment en Afrique et au Moyen-Orient… et, pour une fois, nous n’avons pas droit à une vision du monde ou encore à des personnages trop manichéens – hormis Tarzan qui, bien sûr, incarne la perfection faite homme !
Vous apprécierez les beaux paysage africains, les jolis gros plans bien utilisés par le réalisateur sur les visages des personnages et les quelques cris de Tarzans…
Appréciable aussi de voir de vrais méchants merveilleusement bien incarnés, notamment par un Christoph Waltz très en forme (qui m’avait particulièrement déçu dans le rôle d’un autre méchant dans le dernier James Bond, « Spectre »).
Mais revenons à l’Homme, à Tarzan : Alexander Skarsgård qui incarne cette légende a fait du magnifique travail : bâti comme un dieu (mais pas trop), l’œil à l’affut, protecteur, l’acteur nous offre un jeu maîtrisé tout en finesse. Le charisme de l’acteur est à la hauteur du charisme qu’on attend de Tarzan !
Samuel L. Jackson incarne un compagnon de route de Tarzan complexe, aussi drôle que profond : un américain qui a souffert de la guerre de Sécession mais qui s’est lui-même comporté par la suite comme un bourreau avec les indiens… Il se rachète donc dans cette histoire.
La Jane demeure malheureusement assez mièvre et c’est vraiment très agaçant de voir sa belle robe blanche immaculée durant tout le film, même après qu’elle se soit jetée dans un fleuve boueux et qu’elle ait survécu à une attaque d’hippopotames !
Bien que les dialogues soient assez rares, la plupart sont de qualité surtout lorsque les antagonistes s’affrontent verbalement. Fait assez important à souligner : Tarzan sort de la dialectique, de la joute verbale, qui finalement entraine bien souvent les interlocuteurs vers plus de colère et de ressentiments, on ne s’attend donc pas vraiment à ses réponses.
En résumé : un film assez intelligent bien que limité philosophiquement car il faut bien – à Hollywood – privilégier l'action et l'esthétique par rapport à la complexité (d'un scénario) et aux hauteurs spirituelles… Mais la bonne nouvelle, c'est que, enfin, la jungle a retrouvé son roi ! :-D
Quelques moments touchants et quelques blagues viennent également ponctuer agréablement l’action.
Je recommande donc pour les enfants et les ados. Les adultes n’auront pas à souffrir en les accompagnant ! C’est un sympathique divertissement !