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Frédéric M
26 abonnés
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4,0
Publiée le 25 décembre 2013
Ozon et Marine a osé. J'ai bien aimé ce film, où la beauté de Marine Vacth est magnifiée. Je ne la croyais pas si bonne actrice ; elle m'a bluffé. Pour sa prestation, elle mérite tout simplement d'être césarisée. Son côté vicieuse et perverse mâtinée de timidité est très touchant. Les seconds rôles sont excellents. Ce film est à la fois subversif, dramatique, touchant et parfois drôle. J'ai passé un bon moment.
Rituel singulier d'un passage de l'adolescence à l'âge adulte ? Illustration d'une tendance générationnelle à l'insensibilité et la déconnexion morale ? Évocation d'un fantasme féminin tabou ? Version moderne et réaliste de Belle de Jour ? Difficile de bien cerner ce film. Voilà qui le rend intéressant. François Ozon tourne autour d'un mystère insondable. Une transgression à froid. Ici la prostitution est choisie non par nécessité (Isabelle évolue dans un milieu aisé et ne dépense pas l'argent de ses passes), non par plaisir (tout juste parle-t-elle de curiosité, d'envie, mais sans excitation, sans jouissance). Une expérience pour l'expérience. Une façon pour la jeune fille de tester le monde, de tester son rapport au monde, un rapport de séduction (les potentiels de sa beauté, son pouvoir sur les hommes) et de force (vis à vis de l'autorité familiale). Bref, une exploration des limites de la liberté. Ozon maîtrise d'un bout à l'autre sa réalisation, en cultivant une intensité troublante sans livrer les clés de cette histoire. Il évite le piège de la provoc' facile, de la vulgarité, mais fait preuve d'assez d'audace pour créer un inconfort et un questionnement permanents. La charge symbolique est parfois un peu appuyée via l'introduction, par exemple, d'une scène de classe où l'on étudie un poème de Rimbaud, "On n'est pas sérieux quand on a 17 ans", ou encore via le choix des chansons de Françoise Hardy. Mais le cinéaste capte intelligemment un mystère féminin, joliment incarné ici par Marine Vacth, révélation du film, tout en beauté, en opacité, fascinante et inquiétante. Un sphinx.
Ou le simple fait pour une ado de se prostituer par simple plaisir. J'ai adoré ce film très sobre qui ferait bien d'être montré au lycée avant que certain(e)s ne dérapent. L’héroïne est interprétée par une très jolie mannequin, incapable de sortir + de 3 mots d'affilée en conférence de presse, mais qui est parfaite pour ce rôle. Ozon ne cherche pas à la juger mais à la montrer durant une année entière, et c'est réussi !
Quand on lit certaines critiques, négatives ou au moins dubitatives, sur le dernier Ozon, "Jeune et Jolie", après être sorti d'une séance où l'on a tour à tour été dérouté, fasciné, puis surpris par le justesse du regard d'Ozon, on peut se demander : 1) jusqu'où le puritanisme universel est-il arrivé à contaminer la France 2) jusqu'où les mécaniques de récit hollywoodiennes ont-elles rendu le spectateur actuel fainéant, qu'il ne puisse accepter un film qui ne soit livré clé en main avec explications psychologiques à l'appui. Triste que ce portrait magnifique, oui, magnifique, d'une jeune femme complètement de son temps - cette époque de la déréalisation et de la perte de soi même - ne rencontre pas l'écho qu'il mérite... Le parallèle avec "Belle de Jour" est évident, mais j'oserais dire que - du fait de l'époque, justement - Ozon va plus loin que la satire buñuelienne de l'amour bourgeois, et, en faisant le choix, radical il est vrai, de refuser tout érotisme, voire même toute sensualité, pour peindre avec ce que je qualifierait de "nihilisme posé" une simple énigme : une énigme qui nous interroge - à la juste distance, et cette qustion de distance est effectivement fondamentale ici -, une énigme dont la solution est pourtant évidente, mais nous échappe néanmoins désespérément.
Il ne suffit pas de montrer une adolescente qui serait bien plus mature et lucide que les autres de son âge faire la gueule et se montrer nue pour faire un film. Restons humble !
Pas très au fait de la film de Ozon, ça doit être son 1er film que je vois au ciné et dans l'ensemble c'est assez plaisant. Le sujet n'est franchement pas choquant dans la société actuelle, la jeune actrice est superbe et talentueuse, à suivre.
C’est un sujet osé auquel s’attaque François Ozon et il l’évoque sans prendre de gants comme l’illustre la prestation remarquée de Marine Vacth. Le personnage d’Isabelle a cette particularité de considérer la prostitution non pas comme une exigence financière mais plutôt comme une sorte de prolongement de sa découverte de la sexualité. Un sujet sérieux que le réalisateur parvient à dédramatiser avec quelques notes d’humour et une relation frère / sœur plutôt ouverte. Pour en revenir à la Jeune et jolie interprète principale, elle offre une belle prestation malgré le fait qu’on aurait apprécié de la voir davantage mettre à nue son âme plutôt que son corps.
Très inférieur à l'exceptionnel « Dans la maison », « Jeune & Jolie » prouve néanmoins l'attachement de François Ozon à se construire une carrière riche et originale, comme en témoigne un sujet aussi difficile qu'audacieux. Le réalisateur a toutefois l'intelligence de le filmer avec beaucoup de recul, voire de sensibilité, le jugement ou la morale n'ayant jamais leur place ici. Se dégage même du récit, bien construit et convaincant, une véritable élégance formelle, aucun racolage malsain ne venant ainsi perturber la démonstration. Dommage peut-être que les seconds rôles n'aient pas été exploités avec plus de soin et que l'on ne se sente en définitive pas plus concerné par les errances de l'héroïne, bien que l'ambiguïté de ses motivations et ses nombreux doutes la rendent un minimum intéressante. Certaines scènes sont d'ailleurs très belles, la bande-originale, composée en grande partie de chansons de François Hardy, s'avérant judicieuse tandis que le dénouement, ouvert et judicieux, nous laisse sur une bonne impression. Bref, si on a déjà connu l'auteur de « 8 femmes » plus inspiré, l'œuvre n'en reste pas moins convaincante, parfois difficile mais jamais malsaine : plutôt réussi.
Ce film m'a beaucoup plu, touchant et frais, on se laisse emporter par l'histoire de cette jeune fille qui "se cherche". On a l'impression que pour elle la prostitution est comme un passage obligé de son adolescence, quelque chose à tester. A travers ses yeux on a parfois l'impression que ce n'est pas de la prostitution. Je suis ressortie de ce film étonnamment bien, légère. Ce n'est pas un drame ou un film "prise de tête", il reste en mémoire un petit moment après l'avoir vu et l'on se prend d'affection pour cette jeune fille. La fin est ambigüe et c'est d'ailleurs ce qui la rend si cohérente avec tout le film. Marine Vacth est parfaite dans ce rôle et joue à la perfection. Bref, ce film est un vrai plaisir....
J'avais beaucoup aimé les deux derniers Ozon, Potiche et Derrière la maison. Jeune et Jolie est un film dérangeant, profondément déroutant qui m'a laissé un goût amer, voire dans un certain malaise à la fin de la projection. Ce n'est pas un film générationnel, toutes les jeunes filles qui recherchent à se débarrasser d'une vertu encombrante ne le font pas sans plaisir, ce n'est pas un film sur la prostitution étudiante favorisée par Internet et dont on sait qu'elle existe, Isabelle Léa ne manque de rien et ne dépense même pas l'argent de la prostitution ...alors que recherche-t-elle avec son air mélancolique qui ne la quitte pas ? A se trouver dans le regard des autres ? Tout ceci est un peu opaque, et ce n'est pas le médiatique psy Serge Hefez qui joue son propre rôle qui en apportera la clef avec ses gros sabots en évoquant l'image d'un père absent..la question du plaisir plane constamment, jeune et jolie ...et frigide ??? film réellement dérangeant... j'en ai oublié d'écouter les quatre chansons de Françoise Hardy qui parait-il ponctuent admirablement les quatre saisons du film.
Le film est rythmé par les quatre saisons de l'année. Quatre chapitres de la vie d'une parisienne de 17 ans. On voit comment en parallèle à sa vie de lycéenne elle choisit de se prostituer.
François Ozon réalise ici un très beau film sur la prostitution et révèle le talent de la magnifique Marine Vacht. Si la première partie du film est un peu longue et si les scènes, répétitives, des passes manquent un peu de passion, c'est pour mieux mettre en lumière la suite. La force du film, c'est de ne pas juger, de ne pas expliquer. Les questions sont posées, notamment le pourquoi, mais Ozon fait le choix de montrer et de laisser au téléspectateur le soin de se l'expliquer. Jeune et jolie, certes, mais aussi froide et distante, tel est le personnage d'Isabelle. Pourtant on s'y attache, parce qu'on cherche à la comprendre et qu'Ozon nous laisse le temps et le plaisir de le faire, chacun comme il l'entend !
Un très bon film du réalisateur français François Ozon que j'avais découvert avec 8 femmes et Potiche. Magnifique interprétation de Marine Vacth qui joue avec merveille le rôle d'une jeune femme qui s'installe dans la vie d'adulte et qui traverse une période délicate d'un point de vue psychologique. A la manière d'un Virgin Suicides, Jeune et Jolie laisse aux spectateurs le soin d'interpréter à leurs manières tous les choix qu'opère la protagoniste principale, rien n'est jugé, tout est filmé avec une énorme dose de mélancolie qui fait qu'on se dit qu'après tout ... nous faisons tous nos erreurs. Car c'est ça l'essence même du film : la mélancolie ! A noter les superbes chansons de Francoise Hardy.