Voilà un film qu'il est bon ! Excusez moi cette mise en bouche quelque peu grivoise! en pleine lecture d'Herbert Marcuse, penseur repris par la "cause" de 1968, ce film parle bougrement! Si l'on part du postulat qu'une société progresse dés lors que les instincts sont mis de côté, on a un film qui critique mai 68 et notamment son échec. la libération sexuelle n'est pas allée au bout et n'a pas renversée la société bourgeoise, à tel point que cette dernière vit à la fois avec ses instincts (tous les personnages essaie d'enfuir leurs instincts sans les assumer, le plan savoureux de Victor jeune ado surprit pendant une séance d'onanisme) et les cadres bourgeois qui permettent de tenir (une petite famille, un psy, un rythme de vie...). Comme tout bon Ozon, nous sommes en position de critique de cette jeune fille, alors que nous sommes tous traversés par ces contradictions. Un bon film d'Ozon peut-être légèrement moins puissants et troublants que ses précédents avec peut être une critique plus acerbe et directe.
Encore une fois Ozon sait nous charmer avec ses ambiances intimistes mais toujours pudiques et sensibles. Beaucoup de choses sont abordées avec une grande finesse et richesse...L'adolescence, les pertes de repéres, l'identité en devenir, l'estime de soi, la sexualité, le besoin de se differencier de ses parents et de s'identifier à la fois...tout cela se questionne par des conflits, des transgressions d'interdits, des comportements à risques... Dans le film d'Ozon, les interdits sont limités, les parents sont liberés pour vivre leurs desirs et leurs plaisirs, comment peut faire Isabelle/Lea dans notre societé actuelle ...? Elle trouve ses solutions...risquées, mais avec une chance terrible ... Jeu d'acteur excellent, (mere, beau- pére et fils) une apparition magnifique de Charlotte Rampling, Un pur moment de plaisir et d'intelligence !
Un superbe film d'Ozon de plus! Distribution impeccable, réalisation de plus en plus discrète et fluide. Faut-il analyser les motivations de l'héroïne? j'ai l'impression que non. C'est un fait, on le constate.
Simple et efficace! Le film nous montre d'une façon directe l'insouciance de cette adolescente qui se laisse aller dans le cercle vicieux de la séduction, de voir comment elle apprécie manipuler ces hommes qui la désirent. Ce n'est pas tant l'appât du gain qui l'intéresse mais bien plus le rapport qu'elle entretient avec ses hommes qui la font exister et la font se sentir importante, pleine de pouvoir.... Ca peut paraître un peu plat au ^premier abord mais il n'es est rien, on s'en rend compte en y repensant après la séance... très bonne interprétation aussi...A voir!
Vu par hasard, car j'avais décidé de le zapper après avoir lu le pitch et vu la bande-annonce. D'autant que je n'apprécie guère le cinéma d'Ozon, dont seul "Ricky" et sa fantaisie prosaïque m'avait vraiment plu jusqu'ici. Quelle erreur ! "Jeune & Jolie" est sans doute son meilleur film, mais en plus c'est un très grand film, magistralement écrit, filmé et interprété. Sur un sujet aussi casse-gueule et rebattu que les tourments de l'adolescence en milieu hyper-friqué, Ozon réussi l'impossible avec une grâce insolente. Il déjoue tous les pièges, un par un, qui pouvaient faire de son long métrage un pauvre téléfilm pour les "Dossiers de l'écran". On est bluffé par la subtilité de la mise en scène, la précision du choix des cadres et des mouvement, l'intelligence déployée pour que le film ne tombe pas dans le voyeurisme et transcende son sujet. La plastique de Marine Vacth n'est jamais un obstacle mais au contraire une clé pour comprendre son rapport au réel, et l'actrice est bluffante par la variété de ses registres, la puissance de son interprétation (c'est bien elle la vraie "nouvelle star", n'en déplaise à Telerama qui se fourvoye complètement en faisant sa couv' récemment avec l'insipide Léa Seydoux). Les dialogues, souvent misérables dans ce genre de cinéma français, sont ici d'une rare justesse, et le casting est parfait, depuis Frédéric Pierrot et Géraldine Pailhas jusqu'aux gamins du film (le petit frère est formidable) et aux seconds rôles (comme le psy, les clients), parfaitement dirigés, jamais faux. On sent Ozon en pleine maîtrise de sa maturité, son éternel demi-sourire autrefois agaçant devient soudain généreux tant il s'est appliqué, comme un artisan d'art, à faire de ce film une pièce d'orfèvrerie. Sans aucun doute l'un des meilleurs de l'année, et comment comprendre que le jury cannois ait décerné la palme au navet poussif et interminable de Kechiche, alors qu'en une seule scène de classe récitant du Rimbaud, Ozon atomise par son élégance et sa finesse les laborieuses démonstrations scolaires de la plombante et boursouflée "Vie d'Adèle" ??
Certes film très intéressant, mais qui fait peur quand on se rend compte que ce qu'elle vit pourrait être vécu par beaucoup de filles. Moi qui ait leur âge, je pense que les mineurs sont de plus en plus dangereux. Il faut les surveiller, les faire surveiller de près. De très près. Beaucoup de mineurs touchent beaucoup trop tôt au sexe, aux drogues et à l'alcool. Et quand ils (ou plutôt nous) y ont touché, ils en redemandent. Ce qui amène dans le cas fille-sexe à cette situation. Je veux bien accepter que le monde évolue, et c'est leur principale excuse. Mais le monde jeune évolue mal, trop mal. Ce film le montre, comme Projet X l'a montré. Mais dans le cas de Projet X, cela a incité les jeunes à faire de même, en se disant "C'est bon, d'autres ont fait pire". Introduire une situation grave chez les trop jeunes les incitent à faire cette chose (exemple: l'éducation sexuelle en 4ème, avec une capote en prime "Allez-y, servez-vous en à 14 ans, c'est fait pour ça"). Je pense que ce film devrait être strictement interdit aux mineurs. Mais bien sûr, le monde dans lequel nous vivons ne le permet pas, car Internet sera toujours là pour recracher ce genre de film en téléchargement illégal pour tous.
Globalement déçu, le rythme est aussi lent que dans "Swimming pool" on prend une jeune et jolie jeune fille (hier Ludivine Sagnier, aujourd'hui la sublime Marine Vacht) on lui fait prendre des poses, mais les rapports avec les adultes semblent faussés, comme si l'adolescence chez Ozon ne pouvait être que perversion, que le passage à l'âge adulte ne pouvait passer que par le sexe sans amour, sans passion, elle même se prostitue mais "sans savoir pourquoi", c'est le leitmotiv du film. Au début on se laisse séduire par le minois de cette actrice dont les traits trahissent l'âge, puis très vite on ne se sent plus concerné, les rapports mère fille factices, le demi frère un brin voyeur (c'est de son âge), le beau père à peine concerné et le psy à l'oeil pervers, rien ne ne nous capte plus sinon la très jolie bande son, enchaînement de ritournelles de celle qui a su traduire le mieux les émois adolescents, Françoise Hardy.