Il y a quelque chose de profondément réjouissant dans La vie domestique, c'est la noirceur totale du propos, qui décrit exactement des situtations de vie que nous avons tous déjà vécu.
Ainsi, nous voyons sur grand écran des horreurs domestiques que nous avons subies ou proférées : remarques sourdement sexistes, poids lancinant de l'habitude, contrariétés récurrentes du quotidien, écoulement inéxorable du temps, compromissions sociales inavouables...
Si l'on craint parfois que le film ne s'enfonce dans des facilités un peu expéditives manipulant des personnages archétypaux (la scène de début) ou des intrigues secondaires un peu.... la suite ici :
Comme la plupart des grands films, cette œuvre est dérangeante parce qu'elle révèle le malheur ordinaire qui traverse tant de vies. Devos est magnifique comme à l'habitude. La mise en scène est subtile. Des petites erreurs sociologiques entre la bourgeoisie de ces gens et la réalité sociale de leur situation.
Le film dépeint sans fard une journée du quotidien déprimant d'une mère au foyer dans une banlieue aisée de Paris : les tâches ménagères, les enfants, les courses, les conversations banales ou ennuyeuses, les engueulades, les maris absents un brin condescendants. C'est banal et tragique à la fois. Emmanuelle Devos et Julie Ferrier sont exceptionnelles de justesse et de retenue. Parfois émouvant, parfois drôle, le film réserve quelques répliques savoureuses. Dommage que nombre d'entre elles soient révélées dans la bande annonce. Dommage aussi que la fin soit abrupte et décevante alors que la première scène était excellente, un bijou d'ironie qui réveille la féministe en moi. ça m'a rappelé Mrs. Dalloway de V. Woolf.
c'est un desperate houswives mais au vrai sens du terme. des femmes désespérées, en détresse, mais elles ne font rien pour changer leur quotidien. elles vivent en apathie. film plat, rien ne l'égaye, rien ne le bouleverse. on attend qu'il se passe quelque chose au dîner mais rien ne vient réveiller ces femmes de leur léthargie.
Film désespéré sur les vies insipides où l'on a tout mais où l'on manque de l'essentiel. La recherche absolue du confort, au détriment du sel de la vie. Emmanuelle Devos regarde par la fenêtre deux jeunes gens, qui vont s'aimer dans des conditions précaires, et elle les envie. Sa vie rangée l'ennuie. Qui ne ressentirait pas la même chose? Marie Christine Barrault nous délivre une scène magique sur la vie qui passe et que l'on gâche. Après L'Année suivante, oeuvre désenchantée sur l'adolescence, Isabelle Czajka nous offre un second chef d'oeuvre qui doit nous donner envie de vivre. Un film... essentiel.
24 heures de la vie d'une femme dans un quartier pavillonnaire petit bourgeois. On pense à Desperate Housewives, mais on est bien en France, dans la vacuité d'une vie passée à la maison, où les tâches domestiques s'imposent sans pitié. Belle interprétation, E Devos superbe.
Vraiment tres bien. Surprenant dans sa simplicité. Les comédiennes sont tres bien. Des dialogues parfaits. A voir vraiment. Un des meilleurs films français cette année.
Malgré la présence d'emmanuelle Devos très bonne actrice ce film est ennuyeux au possible! Aucun intérêt de suivre les tranches de vie de ces femmes bourgeoises somme toute très banales!
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2,5
Publiée le 22 avril 2014
Pour son 3e film Isabelle Czajka s'intéresse une fois de plus aux femmes, après l'adolescente et la jeune femme "La vie domestique" dresse le portrait de plusieurs femmes et en particulier de Juliette une femme coincée dans sa routine et qui a du mal à s'épanouir. Le film est pas mauvais mais c'est bien trop plat, trop banal comme le lieu ou se déroule l'histoire. Le traitement est superficiel et malgré des actrices convaincantes le film ne dégage pas d'émotion on attend simplement que ça se termine.
le film ne décolle pas, il ne se passe pas grand chose je l'ai trouvé un peu long et ennuyeux même si je suis fan de Emmanuelle Devos toujours très belle.
Le quotidien triste et frustrant d'une quadra bourgeoise, mère au foyer dans un quartier pavillonnaire de banlieue parisienne où règne superficialité, solitude et ennui. Plus profond qu'il n'y paraît, "La vie domestique" nous parle avant tout de la condition de la femme actuelle qui, à notre époque et quelque soit la classe sociale, reste embrigadée par son lourd passé dans son rôle domestique et maternel. Le sujet, bien qu'abordé un million de fois, est traité de manière originale, dans une ambiance oppressante de quasi thriller, laissant apparaître une sorte de violence subie et imperceptible du quotidien de ces femmes.
"Juliette n’était pas sûre de vouloir venir habiter dans cette banlieue résidentielle de la région parisienne. Les femmes ici ont toutes la quarantaine, des enfants à élever, des maisons à entretenir et des maris qui rentrent tard le soir." (extrait du synopsis sur Ad Vitam) Elles ont surtout toutes "renoncé"...renoncé à leur carrière ( et r), à leurs origines (J. Ferrier) et même à leur rôle de mère (H. Noguerra qui se laisse totalement déborder par ses enfants)...renoncé à vivre (fantomatique Natacha Regnier qui envie la jeune fille au pair pour qui la vie est "si simple").
Ce film offre un regard cynique sur notre société contemporaine, cruel sur ces femmes, "domestiques" consentantes de leur mari et de leurs enfants, matérialistes, engluées dans un quotidien rasoir...encore plus féroces sur leurs maris, misogynes, égoïstes, suffisants... Une société vide de sens et de spiritualité (hallucinante conversation sur la foi et la compassion, autour d'un café Nespresso...qui se conclut par cette phrase cinglante "on ne va pas passer notre vie à s'apitoyer sur le malheur des autres...on a la chance d'avoir une belle vie alors profitons-en"). Le drame (enlèvement d'enfant) qui se déroule en toile de fond dans l'indifférence générale exacerbe encore cette sensation de vacuité.
Une société qui n'a, en fait, pas tellement changé par rapport à celle d'il y a 40 ans, décrite par MC Barrault...
Emmanuelle Devos (formidable!) est le seul personnage "vivant" dans cet univers pétrifié. Elle est entre deux, pas encore prise au piège mais n'ayant déjà plus complètement la force de s'en sortir... sur le fil du rasoir...
Le tour de force de la réalisatrice est d'avoir créé une tragédie à portée universelle avec des personnages "caricaturaux" (comme Gregoire Oestermann dans la scène du diner d'ouverture ). On est du coup, nous aussi dans cet entre-deux: à la fois dans une distanciation par rapport aux héroïnes et une identification très forte au sentiments exprimés.
Bref un film qui agit comme une douche froide, à voir absolument pour interroger notre "vie domestique"!