Une somme de petits riens. Et y’en a. Je ne veux pas faire l’épicier mais le total hors taxes est conséquent et ça se remarque sur la longue bande de papier sulfurisé qui sort de la caisse enregistreuse, y’a plus que le compte, du lourd, du gras, du solide. Je sais pas comment ça va rentrer dans la Simca mais faudra qu’ça rentre, à coups de savate s’il le faut. Avec une ambiance dans l’épicerie qui va avec. De la misère collée sur les murs et par terre, avec la grande croix de la justice, allégorie d’une intégrité divine et procédurale qui boite. Certes, Berléand nous fait ses berléandades, sans surprise, mais faut dire que ce type-là est devenu expert en grimaces de l’intérieur, comme ces femmes dont les cheveux poussent en dedans, ça ne se voit pas trop mais c’est bien là, poétiquement là, merde!. Sous la peau du Berléand, en troisième ou quatrième sous-sol, en deçà de l’hypoderme, dans les tissus conjonctifs profonds se joue une comédie mécanico-cérébrale incroyable, même avec le meilleur logiciel 3D on pourrait pas y arriver. Les cellules matricielles et les terminaisons nerveuses unissent leurs efforts pour riduler l’extérieur de façon subtile et presqu’invisible. En fait on voit queue dalle, c’est ça qui est fort. Ça vous prend aux tripes, aux couilles je devrais dire comme pour faire plier l’assistant du gouverneur. Enfin voilà j’ai passé un excellent moment en compagnie de ce Ridremont que j’aime. Les petites erreurs on s’en fout, la carcasse est bien pleine, les mirettes aussi.
Un véritable OVNI, voilà ce qu'est Dead Man Talking, le film de Patrick Ridremont. On se prends vraiment d'affection pour ce condamné qui malgré la cruauté de l'acte qui reste impardonnable, a eu une vie remplie de haut et de très bas. Les acteurs flamboient de mille feux et sont très touchants, très émouvants. Les personnages paraissent très lisses au 1er abord et le seraient restés si spoiler: l'exécution avait eu lieu . Finalement, ils sont beaucoup moins creux et certains ont vécu quelques drames. C'est là aussi qu'on voit que l'être est très différent du paraitre spoiler: la conseillère qui fait en fait la campagne du gouverneur pour elle et non pour son boss . Ce film fait vraiment réfléchir sur l'impression que les gens donnent et ce qu'ils sont en vérité, en grattant la couche protectrice plus ou moins épaisse que l'on se forge.
Mon mari a du me trainer le voir car le sujet du film ne me tentait pas plus que ça. J'ai été agréablement surprise, même étonnée tellement le film était bon. C'est d'ailleurs la deuxième fois que je poste mon avis dans un forum pour ce film. Beaucoup d'humour, des scènes dures aussi, un rien surréaliste, et quelques larmes versées. Une vraie palette d'émotions! Et quelle prestation époustouflante de Patrick Ridremont. Ce film était tout simplement parfait!
Horriblement mal joué, des dialogues pauvres et téléphonés, une musique con, un casting inadéquat. Un scénario comme celui-ci, j'avais envie de le voir tourné comme "La Ligne Verte" ou "11.6" mais non, on a à faire à des scènes comique (et d'un niveau ... !) qui n'ont rien à faire dans ce genre de cas. Cette réalisation est complétement à côté de la plaque.
Dead Man Talking : Les Mille et Une Nuits, façon huis clos carcéral, le tout mâtiné d'humour belge... Une belle surprise, une grande réussite, une vraie claque ! A voir sans hésiter.
Ce qui a manqué à ce film pour qu'il soit un succès dans les salles: qu'on parle de lui. Un silence bien assassin des médias, mais une deuxième vie par d'autres canaux va lui donner une deuxième chance pour une reconnaissance bien méritée. Beau dans l'image, volupte dans le texte et une histoire qui vous touche à vous émouvoir. Un acteur, un réalisateur, une plume, Patrick Ridremont se positionne comme son compriote Lucas Belvaux comme un des réalisateurs phares du cinéma belge. On a hate de voir le prochain film en espérant qu'on lui en donne les moyens.
Enorme très bonne surprise que ce film ! Tout y est : un début assez effrayant pour ne pas qu’on s’attache au condamné et un cheminement très subtil tout le long du film. J’ai adoré de bout en bout : le jeu des acteurs, la caricature des politiques, le choix de la période (imaginaire), la photo, les subtilités (il doit falloir le voir deux ou trois fois pour tout capter), l’émotion sans tomber dans le patho, la critique d’une société de voyeurs. Une réflexion aussi sur le fait que l’envie de consommer de l’image ne date pas d'aujourd’hui et de nos moyens modernes, j'ai adoré l'idée de filmer et retransmettre avec cette vieille caméra... et de captiver ainsi les foules. Bref : un petit bijou !! A ne pas rater !
C'est un superbe film. Le jeu d'acteur, l'ambiance et la complexité de chaque personnage font de DMT un OVNI dans le monde morne et inintéressant du cinéma franco-belge.