Comme d’autres n’ont pas manqué de le souligner, FELLINI s’est trouvé un disciple en la personne de SORRENTINO. Comme chez FELLINI, on saute du coq à l’âne, on provoque, on surprend, on parle pour ne rien dire, le tout est incroyablement ringard, extrêmement ennuyeux et fort long. Le personnage principal, un vieux beau à la coiffure négligée, façon intello-gauchiste, encombre l’écran pratiquement en permanence, au point que l’on respire un peu lorsqu’il ne s’y trouve pas : Tony SERVILLO est parfait dans le rôle. Pour le reste, le réalisateur ne se refuse aucun cliché : bédouin attablé dans un café, hommes d’affaires chinois discutant bruyamment auprès d’un taxi, religieuses déambulant à l’intérieur de leurs murs etc…Quant aux bizarreries, elles abondent, avec une naine dont la présence est un mystère, une « actrice » nue qui se lance tête la première sur la pile d’un aqueduc romain, un sosie de mère Teresa surgie de nulle part etc…Trop, c’est trop ! Néanmoins, SORRENTINO semble terriblement satisfait de son œuvre et ne cesse de s’admirer, murmurant sans doute « quel génie je suis ». Ce devait être également l’avis des critiques officiels qui ont encensé le film, ainsi que des bobos parisiens du quartier du marais qui l’ont évidemment adoré. Comme rares sont les films absolument nuls, on créditera celui-ci d’une photographie soignée et surtout, d’une bande son de qualité, avec notamment le Requiem de M.PRESSLER et le superbe solo de cor anglais de la symphonie de G.BIZET. On se console comme on peut.