La Grande Bellezza
Note moyenne
4,0
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283 critiques spectateurs

5
64 critiques
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48 critiques
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37 critiques
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 juin 2013
Décadence : "état de ce qui commence à choir, à tomber"..., On commencera avec un touriste japonais, appareil photo accroché autour du cou, qui s'effondre, pris de vertige, alors qu'il contemple Rome, vestige d'une civilisation disparue... Suivra une fête baroque et crépusculaire chez un journaliste mondain (Jep), habitant en face du Colisée, où moins qu’une critique sociologique du « bling bling », on plonge au cœur de la tentative d’enivrement d’une jet set vieillissante.

Suivront d'autres chutes, fuites et disparitions tout au long de ce film qui ressemble à un art de la chute où chacun devra, tour à tour « lâcher », dans un mouvement de renoncement cruel et inévitable, qui un fils, qui un rêve de dramaturge, qui une représentation trop lisse de lui, qui sa vie, qui sa jeunesse, dans un tourbillon de soirées et de déambulations dans la ville, où le ridicule et l’émotion s’entremêlent dans un dédale de situations improbables et cocasses qui ne cessent de questionner la condition humaine.

Décadence oui... Mais toutes les décadences ne se valent pas : plus on tombe de haut et plus la chute est dure, mais belle aussi, car dernière trace d'une lumière que n'éclairent plus que les chandelles d'un gardien de demeures aux secrets préservés, les landaus parlants d'une noblesse ruinée, les souvenirs, protégés dans des journaux intimes jetés.

Le temps est sans pitié pour les êtres auxquels il avait été beaucoup promis. Et quelle belle entrée dans la vie d'homme qu'un premier roman devenu un classique, un premier roman qui n'aura pas de suite, comme une décadence précoce, un choix de vie où la mondanité ressemble à une religion de l'évitement, teintée de jouissance et de lucidité désillusionnée.

L'ombre de Fellini plane, mais aussi celle de Visconti, Proust et peut-être, Kierkergaard définissant ainsi les 3 stades de l'existence humaine : esthétique (rapport de l'homme à la sensibilité), éthique (rapport de l'homme au devoir), religieux (rapport de l'homme à Dieu). Pas de chronologie chez le philosophe danois, mais des états d'existence choisis, qui éclairent magnifiquement la rencontre finale entre la "sainte" et le mondain Jep et leurs chemins de croix respectifs vers « leur » vérité intime.

Ni didactique, ni verbeux (l'économie verbale est une des nombreuses réussites de ce film), Paolo Sorrentino nous offre une tragicomédie all’italiana étourdissante et ambitieuse et nous entraîne dans Rome, avec pour guide un écrivain avorté vieillissant et sans projet, à la rencontre d'êtres vains, drôles, abimés, grotesques, fiers, misérables, outranciers, émouvants ; décadents certes, mais encore provisoirement debout donc : nul ne saurait dire pour combien de temps, mais qui chérissent le passé comme un trésor retrouvé.

Un pur chef d'oeuvre en bref, où l'intelligence et la subtilité du propos (des propos serait-il plus juste de dire, tant les niveaux de lecture - partiellement abordés - dans cette critique - sont nombreux) rencontre une maîtrise parfaite de l'image, du son, du cadrage, de la lumière... et une justesse de jeu - à commencer par celui magistral de Toni Servillo - que résume bien le titre même du film : la Grande Bellezza.
vmdl
vmdl

7 abonnés 28 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 juin 2013
Superbe, intelligent, drôle, juste, tellement Italien. Fellini nest pas loin (mais pas copié)...
Seul bémol, la longueur, 20 minutes de moins aurait été parfait.
Bravo !
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juin 2013
Tout le monde cherche ce qu'il n'a pas. Le pouvoir, la richesse, le talent. Mais quoiqu'il arrive, nous finirons déçus de ne pas avoir accompli une ambition cachée, personnelle. La Grande Bellezza, c'est l'histoire d'un vide qu'un homme n'a pas réussi à combler. Malgré les fêtes, malgré l'argent, malgré lui. Jep Gambardella est un intellect et critique de théâtre qui n'a écrit qu'un roman il y a quarante ans. Depuis, plus rien, à moins qu'il ne trouve « la grande beauté » pour être de nouveau inspirer...

La Grande Bellezza est un hommage à Fellini (remémorons-nous le somptueux Roma) en filmant de façon très respectueuse la Ville Éternelle. Paolo Sorrentino opère des plans somptueux, cadrés au millimètre près et à la fluidité sans pareil. Son superbe montage très bien rythmé correspond à la ferveur des nuits romaines. Alors qu'un touriste fait un arrêt cardiaque après avoir été frappé par tant de beauté, la fête peut commencer. Les gens crient, dansent et s'embrassent. Mais pendant qu'ils s'amusent, le spectateur n'attend qu'une chose : l'apparition de Toni Servillo (Gomorra, Il Divo), l'acteur fétiche de Sorrentino, qui va envahir le cadre de manière électrique. Le charme de ce comédien se produit instantanément, au premier regard, à la première esquisse d'un sourire enjôleur. Une scène d'introduction à couper le souffle, qui prouve que vous allez assister à du grand cinéma.

Le cinéaste contemple des individus emprisonnés par leurs propres chaînes. Il remet en cause l'être humain dans ses certitudes. Entre des conversations vides qui fusent à cent à l'heure et qui ne s'arrêtent plus, de grandes vérités sont dîtes par l'intermédiaire du fabuleux personnage incarné par Toni Servillo. Les mensonges que nous créons fabriquent notre identité. Le réalisateur les dévoile tous et chaque individu peut prendre ses remarques pour lui en se remettant en cause. La religion (le futur pape ne parlant que de cuisine) comme l'art (une jeune fille forcée contre son gré à peindre) sont eux aussi renvoyés dos à dos. Grâce à son écriture et ses thèmes, le réalisateur italien dépeint une société aussi belle que futile.

Le protagoniste joué par Servillo est bien évidemment le point centrale de cette œuvre. Par son caractère singulier, c'est lui qui donne au film ce ton très cynique et nostalgique. Il est mélancolique car s'il a souhaité vivre cette existence, il est désormais dans le regret. Rarement une telle ambivalence chez un personnage n'a vu le jour au cinéma. Cet homme est à la fois à l'extérieur et à l'intérieur. Il sait parfaitement quelle est sa place dans ce cercle intello-bourgeoise qu'il ne supporte plus. Pourtant, il continue de l'accepter en allant quotidiennement à ces soirées mondaines, où le paraître a pris depuis bien longtemps le dessus sur l'être.

À l'image d'un artiste maudit, Jep cherche ce qu'il ne peut obtenir, un bonheur perdu, un souvenir prenant une place trop importante dans sa mémoire. Mais, peut-être que cette grande beauté est là, à sa portée, et qu'il suffit simplement de la saisir. Un récit existentialiste qui vous fera réfléchir, longtemps après sa vision.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 juin 2013
Haaa, la grande bellezza...Comment ne pas succomber au charme de Jep, à la beauté de Rome et à ces étranges personnages qui la hantent . Le sublime est là, du début à la fin, que ce soit par ces paysages, pieuses fontaines, ou mystérieux passages secrets ou bien par sa musique, tantôt mystique, tantôt festive, on se laisse emporter par ce tourbillon de grâce. Tout n'est que finesse et élégance, et même le pathétique y trouve une certaine noblesse. Le sacré côtoie le décadent, mais toujours avec une finesse loin d'être prétentieuse. C'est tout en subtilité, et le personnage de Jep apparait comme le parfait chef d'orchestre de cette vita pas si dolce. J'ai été profondément émue par tant de beauté et d'honnêteté. Un regard sur une vie passée ou le constat est sans ne savais pas que le néant était si beau à regarder. Merci Mr Sorrentino
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 28 novembre 2013
Malgré une BO formidable et quelques jolies scènes,difficile de ne pas cacher son ennui devant cette libre évocation/hommage à Fellini/Rome.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 juillet 2013
Très grand film, simplement splendide. Si certaines personnes dans la salle n'avaient pas été insupportables durant la projection j'aurai pu pleinement apprécier ce chef-d'oeuvre à sa juste valeur. Le spectacle d'une Rome mondaine, bon vivant, dévergondée et désabusée a été pour moi une véritable jouissance visuelle.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 20 juin 2013
Je ne sais pas vraiment quoi en penser de ce film... D'accord les plans sont magnifiques, Sorentino impose un style qui tire sur la longueur, mais tout ça a été déjà fait il y a longtemps et tellement mieux par Fellini (Roma, La dolce Vita... etc).
Alexcherbourg
Alexcherbourg

23 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juin 2013
A l'instar de la Terrazza de Scola ce film dresse l'état des lieux de l'élite Italienne. La comparaison s'arrête là. La chronologie du film de Sorrentino est linéaire, et la mise en scène est maniérée là où celle son aïeul était sobre avec un montage ambitieux. La désillusion du film de Scola est remplacée également par la décadence post-Berlusconi. Les références à la société Italienne sont discrètes mais prégnantes.
S'il faut revenir au maniérisme du film qui rebutera certains, il faut tout de même remarquer que les lourdeurs des Conséquences de l'Amour (lui-même excellent) se sont bien atténuées et qu'une beauté formelle se dégage du film (c'est également la quête avortée de son personnage principal).
Certaines scènes sont d'une vigueur intense et plusieurs jours après la projection on y pense encore avec l'envie de retourner voir le film.
Mon seul bémol est relatif au vieillissement de l'oeuvre: en effet, les films très marqués dans leur temporalité technologique vieillissent souvent mal. Il conviendra donc de la revoir le dans une quinzaine d'années pour en faire un point de vue plus abouti.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 juin 2013
Le film commence par une citation de Céline dans Voyage au bout de la nuit:

"Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination. Tout le reste n’est que déception et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force. Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C’est un roman, rien qu’une histoire fictive. Littré le dit, qui ne se trompe jamais. Et puis d’abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux. C’est de l’autre côté de la vie."

Et c’est parti pour 2h30 d’un ballet d’images, d’une valse de dialogues cinglants. Ce film est une déclaration d’amour à la ville eternelle, Rome, filmée surtout entre 3 et 5h du matin, je suppose, dépouillée de ses hordes de touristes, de sa pollution, et baignée de cette lumière magique et cette couleur mordorée qui lui sont propres. Le préambule nous avait averti, c’est un voyage imaginaire dans Rome auquel le réalisateur de Il Divo nous invite. Le pretexte: l’histoire de l’écrivain et critique artistique Jep Gambardella, qui, à 65 ans prend conscience du néant, de la bêtise, de la vanité qui l’entoure. Ou plutôt en a t il eu toujours conscience mais il a décidé d’ouvrir sa gueule et qui sait peut-être de reprendre sa plume, 40 ans après son premier et unique roman. C’est bien beau de critiquer mais encore faut-il faire mieux que les autres.

La religion en prend plein la gueule. L’intelligentia italienne aussi. L’art moderne ("L’imagination sans le talent", pour citer Tom Woolfe dans son dernier roman, Bloody Miami), je n’en parle même pas. L’humain en général n’est pas épargné. Tout le blabla dont on se pare pour tenter de masquer nos mensonges et nos faiblesses, toutes les conneries que l’on peut raconter pour tromper le silence, la mort, l’angoisse, sont autant de pollutions sonores pour notre environnement. J’adore cet instant du film, où l’on voit Jep déambuler le long du Tibre, et soudain la musique se coupe, pour qu’on entende trois crétins joggeurs parler gros sous et promotions. Eux ne sont clairement pas dans le voyage imaginaire et la sensibilité.

Ce film est un poème, un peu long, 20 minutes en trop. Mais c’est un très beau voyage, sans fatigue, ni déception.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 juin 2013
La grande Bellezza est un film beau par les images, Rome est montrée dans sa splendeur, mais pas seulement. beau également car il montre d'une façon subtil qu'un événement dans notre vie, un seul, peu complètement changer son cours, sans que parfois nous ne mesurons pas à quel point nous subissons le poids des événements passés. Et puis un jour, on se pose et on comprend. je me suis demandée en sortant, est ce qu'on ne se pose pas assez ?
colombe P.
colombe P.

144 abonnés 695 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 juin 2013
Film prétentieux, ennuyeux avec des personnages très pénibles et ça n'en finit pas...
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 juin 2013
A part un esthétisme réussi et deux/trois scènes intéressantes, ce film est très pénible à suivre, c'est très ennuyeux, sans grand intérêt, on est spectateurs de personnages pour la plupart horripilants. J'ai eu beaucoup de mal à rester jusqu'à la fin.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 13 juin 2013
Cazzo ! Ce film est tel une œuvre d’art contemporaine ; c’est-à-dire incompréhensible, voire vide, s’il n’y a pas d’explication pour le soutenir. Je me sentais seul devant l’écran, essayant de comprendre. Les scènes de fêtes se jouaient devant mes yeux, impossible d’entrer dans l’ambiance. Là, je me rappelais le synopsis. Oui, Jep est un mondain, on nous force donc à participer à des soirées auxquelles le spectateur n’est pas convié, pour nous montrer que, oui, Jep est un mondain. Si ce n’est ça, on ne sait rien de lui, il veut écrire un livre. Il ne sait pas en fait. Il veut partir de Rome aussi. Enfin, il ne sait pas en fait. Et puis, les scènes se passent et se rappellent. Il erre, on erre avec lui. Il a attend un signe, qui lui donnerait envie d’écrire, on attend quelque chose, pour arrêter de jouer avec les M&M’s qu’on a dans la main. Jép, désemparé, regarde sa vie. On la regarde aussi avec lui, se posant la même question : putain, qu’est-ce qu’on va faire ?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 juillet 2013
Absolument magnifique !!! J'ai adoré au point de rester assise dans la salle jusqu'à ce que l'écran redevienne blanc, comme scotchée à mon siège..
Esthétique, profond, superbement interprété, je n'avais pas vu un aussi bon film depuis très longtemps.
À voir absolument
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 12 juin 2013
Tout commence par une vue panoramique époustouflante de Rome. La ville éternelle continue de subjuguer et pourtant, le narrateur, Jep , un écrivain raté, un homme âgé et usé par la mondanité de sa vie, ne comprends plus le monde dans laquelle il vit. Il se réfugie le soir dans ses immenses palais, contemple les ruines romaines et la gloire de jadis. Tout le ramène au passé. Le monde le dégoute. Où demeure aujourd'hui l'honneur de la mondanité si ce n'est dans de vétustes ruines? A quoi bon le Botox, la drogue, les prostituées et les call-girls si ce n'est pour un peu d'épicurisme?
Porté par une musique époustouflante, alternant entre contemporain et classique, la caméra de Sorrentino parvient à ressusciter la vieille Rome et c'est déjà si beau que le film pourrait s'en tenir là. Mais, lorsqu'il filme le Costa Concordia échoué au bord des récifs, on comprends que le film est un film de la dérive, de la déréliction. Cette Italie, autrefois magnifique, semble sombrer, elle aussi, lentement. Ceux qui ne l'ont pas encore quittée sont condamner à contempler des ruines. Les vies de tous ces mondains, ces fêtes orgiaques, ce luxe tapageur viennent en quelque sorte souiller, polluer les ruines romaines que le narrateur contemple depuis sa terrasse. Ce dernier oscille hésite, entre cette vie de plaisir et la douceur du passé, des premières amours et de la province paisible.
Restera la rédemption. Écrire un dernier livre pour sortir de ce cynique quotidien. "Les racines c'est important" murmure une religieuse mystique et sans âge. Revenir au passé. Dans ce monde fellinien, où tous les personnages sont grotesques, à la fois absurdes, égoïstes mais profondément humains, où le snobisme côtoie le ridicule comme chez Proust (référence explicite d'ailleurs), il ne reste qu'à l'Italie un passé glorieux à regarder avec une tendre nostalgie, dans ce pays où mêmes les jeunes s'expatrient.
Le héros écrira-t-il son roman, objet de sa quête et de ses pérégrinations tout le long du film ? On ne le sait pas vraiment et Sorrentino ne donne aucune réponse. Tout comme son héros, il n'est pas un Gatsby qui vit dans le passé. Ils savent tout deux le monde qui les attend. Ainsi continueront-ils de contempler avec cynisme, le Tibre ensoleillé, couler opiniâtrement sous les ponts.
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