La Grande Bellezza débute en nous présentant Rome, le véritable personnage principal du film, à travers des plans contemplatifs en rotation lente. On voit des touristes découvrir la ville et prendre des photos jusqu’à ce que l’un d’eux succombe à la beauté de Rome et meure soudainement. Ensuite, le film nous introduit son protagoniste, Jep Gambardella, à travers une fête beaucoup plus frénétique, contrastant fortement avec la première scène. Jep est un auteur de 65 ans qui n’a écrit qu’un seul livre plus de quarante ans auparavant et qui souffre depuis d’un profond blocage créatif.
Jep est charismatique et représente parfaitement l’élégance italienne. Nous suivons son quotidien au sein de la bourgeoisie romaine, notamment dans les soirées mondaines dont il est considéré comme le roi. Cependant, ce monde le désespère de plus en plus : ses amis lui paraissent faux, prétentieux. L'idée du film est là : Rome est magnifique mais ses habitants sont superficiels. Jep possède beaucoup de répartie et n’hésite pas à remettre les autres à leur place avec un cynisme mordant lors de longues discussions passionnantes.
À ce stade de sa vie, il commence à se questionner sur son existence. Le film le montre confronté à la mort, au deuil, mais aussi à l’amour et au sens de la vie. Il entreprend alors une véritable introspection à la recherche de cette fameuse « grande beauté », ce qui le pousse à replonger sans cesse dans ses souvenirs et à penser à son amour de jeunesse à travers plusieurs flashbacks. Cette nostalgie l’habite constamment, encore davantage lorsque l’on apprend la mort de cette femme.
Peu à peu, ses proches meurent ou quittent Rome, accentuant une solitude qui était déjà présente symboliquement mais qu’il subit désormais pleinement
. Dans sa quête de beauté, Jep se réfugie dans l’art, omniprésent tout au long du film, porté par une bande originale magnifique qui accompagne parfaitement les images. La Grande Bellezza est un film visuellement somptueux, unique par ses couleurs vives et sa mise en scène, donnant véritablement l’impression d’assister à une œuvre d’art en mouvement, nous faisant oublier le vide du récit.