Le soleil cogne sur le lac, au rythme du chant des grillons et du vent qui remues les arbres. C'est ici, dans ce paradis naturel qui fleurit en été, que se retrouvent nombreux naturistes homosexuelles pour bronzer, nager et vivre d'aventures sexuelles au sein des sous-bois. Mais un soir, alors que le soleil se couche et que les baigneurs rentrent, un crime par noyade est produit au lac. Un seul témoin assiste à la scène cachée derrière la végétation ambiante, c'est Franck.
*L'Inconnu du lac* sorti en 2013, est le 4ème film du cinéaste Alain Guiraudie. Présenté au ''Un Certain Regard'' lors du Festival de Cannes 2013, le long-métrage repart avec le prix de la mise en scène, et connais de multiples nominations au César 2014. Il repart d'ailleurs seulement avec le prix du meilleur espoir masculin.
J'aurai envie d'étudier deux aspects de *L'Inconnu du lac* pour présenter mon avis : L'ambiance et le scénario.
Le film se présente très rapidement comme un polar gay. Mais au-delà de cet aspect qui va s'avouer quelques peu secondaire, il s'affirme avant-tout comme une véritable oeuvre naturaliste, au rythme contemplatif maîtrisé ! Cette obsession de la nature du sud de la France, dans son identité estival est fortement exprimé par Alain Guiraudie. Ce lac idéaliste, à l'eau claire et bleu où se baignent les nageurs. Cette plage caillouteuse entourée de cette importante verdure qui se balancent au rythme du vent et des chants des grillons. L'importance de la nature est primordiale. Les personnages, tout comme le spectateur, sont comme coupés du monde, et en renouements total avec le sud. La volonté contemplative des scènes n'est donc pas là par hasard. Elle s'avoue même très maîtrisé.
Mais l’aspect naturaliste est aussi renforcé avec ce traitement de l'amour et du désir sexuel qui absorbe les occupants de la plage. Ici les inconnus déambulent et reste indifférent aux événements tragique. La verdure de fond s'avoue être un véritable lieu de sexe où les êtres qui se rencontrent sur la plage, se retrouvent pour un moment d'oublie et de plaisir. Cet espace est aussi le théâtre de cet romance naissante entre les personnages de Franck ( Pierre Deladonchamps ) et de Michel ( Christophe Paou ), malgré la tournure des événements.
C'est à travers donc ce représentation de la nature, de l'été et du désir que *L'Inconnu du lac* pourrait tirer un certain intérêt. Mais inévitablement, l'attente d'un scénario devient relativement nécessaire.
La volonté d'Alain Guiraudie de nous narrer un polar, donne un certain pari risqué mais intéressant au film. Hélas, plus le temps avance, plus cette vision scénaristique s'avoue faible et dénuée d’intérêt. Franck connait le tueur, il l'a vu commettre le meurtre. Mais son amour aveugle pour lui, le raisonne à ne pas le dénoncer. *L'Inconnu du lac* voit alors son récit péniblement avancé, avec énormément de répétition. Je peut comprendre le parti pris de ne vouloir raconter son histoire que sur la zone du lac pour une immersion complète dans l’atmosphère estival du lieu. Mais inévitablement, on se retrouve à tourner rapidement en rond. A revoir les mêmes scènes, les mêmes dialogues et les mêmes interventions d'un inspecteur loin d’être percutant.
Un dénouement quant à lui bien faible, et de loin prévisible. Et une scène finale, qui à la fois pose question sur cet homme, qui ne reste qu'un inconnu, mais s'avoue peu intéressante compte-tenu de l'allure scénaristiques du film auparavant.
Loin d'être mauvais, *L'Inconnu du lac* tire son épingle du jeu en proposant dans sa profondeur un récit naturaliste, dans une atmosphère contemplative de l'été dans le sud de la France. Mais l'aspect polar du long-métrage coule à l'eau de part son faible scénaristique. Reste que je me suis pas trop ennuyé, le 6/10 sera alors favorable au 5/10 !