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Un visiteur
4,0
Publiée le 8 décembre 2014
Aussi singulier par sa forme que par son propos on se laisse porter par cette parenthèse morbide qui pourrait fasciner ou provoquer un profond rejet. Que ce soit cet homme qui attend jour après jour sa fin près du lac et finira par trouver la libération ou encore notre héros qui entretien des relations non protégées dans une élan tout aussi suicidaire, ce tueur n'est autre que la matérialisation d'un malaise existant auprès d'une communauté qui accueillit et embrasse encore la mort par l'amour.
Avant l’inconnu du lac, le dernier film que j’avais vu avec un casting exclusivement masculin était The thing de John Carpenter. Cela pourrait ressembler à une anecdote mais finalement les 2 films ont un thème commun : la survie. Alors bien sûr la menace n’est pas la même. Dans l’inconnu du lac, la survie ne se passe pas dans ce milieu hostile qu’est l’Antarctique mais - comme son titre semble l’indiquer - autour d’un lac.
L’atmosphère y est envoûtante. La saison s’annonce belle, il fait beau tous les jours donc on va au lac pour retrouver les copains. On est bien d’ailleurs là entre mecs, on a notre bout de lac à nous, on nage un peu pour se rafraîchir et lorsqu’on veut jouer avec un petit camarade il y a un bois pas loin pour faire sa petite affaire. On jouit sans entraves quoi.
Et toute l’action se déroulera là autour de ce lac, de son petit bout de rive et de son bois. Chaque nouvelle journée démarrant par l’arrivée de Franck et sa Renault 25 sur le petit parking qui jouxte le bois. On devine qu’il existe une vie en dehors de ce lac puisque les personnages évoquent de temps en temps un petit apéro par ci ou un petit dîner par là mais le cadre ne changera pas, le lac constituant un personnage à part entière, symbole d’un univers mi-paradisiaque mi-glauque. On ne parle pas beaucoup de toute façon autour de ce lac mais on sait reconnaitre qu’une renault 25 c’est une bonne bagnole.
Et puis surtout il y a Michel. Il se pose là Michel avec son corps musclé et bronzé et sa moustache. Notre Franck va être tout de suite attiré par ce fameux Michel. Mais n’est-il pas trop moustachu pour être honnête ? Entre suspicion et scènes crues - rien ne nous sera épargné sur ce dernier point - Alain Guiraudie livre un un film de toute beauté, une oeuvre envoûtante avec une photographie extraordinaire.
Le film est très bien réalisé et raconte avec une précision (d)étonnante et dérangeante (?) la triste vérité de ces lieux de drague. L'histoire policière qui y est présente aurait été bien plus exposée sans les images très crues. Je suis quand même ravi par ce film qui, à mon humble avis, n'a pas reçu le succès qu'il méritait. Les moeurs n'évoluent que très peu dans nos contrées...
Un film remarquable à tous les niveaux ! Tout d'abord peu de films ont osé montrer la sexualité homosexuelle de façon aussi frontal et cru mais sans pour autant tomber dans la vulgarité ou dans la provocation. Filmé intégralement autour de ce lac, véritable microcosme dans le film qui le fait tomber dans un huis clos à ciel ouvert. Une fois ce postulat fait le réalisateur nous entraine dans un thriller sulfureux des plus efficaces dans sa construction et dans sa mise en scène sous tension progressive qui procure un suspense rarement vu dans le cinéma français actuel. Et ceci grâce principalement au découpage et à la mise en scène d'Alain Guiraudie. Saluons aussi les acteurs, inconnus pour la plupart qui font preuve de beaucoup d'authenticité, notamment lors de certaines sexuelles non simulées.
Passé l’impact visuel de tous ces sexes mous, des corps fins ou gras nus, pourquoi pas après tout montrer les hommes tels qu’ils sont, que reste-t-il de ce film?
Comme une pseudo liberté assumée et assumée et tant assumée qu’elle nous assomme, le réalisateur a crû bon de filmer à hauteur des attributs masculins. Hormis quelques rares moments agréables, on s’ennuie ferme, autant que les corps des deux héros excellents nageurs.
Je m’adresse à ceux qui ont vu l’ont vu: imaginez la même histoire avec des hétérosexuels. Est ce que vous n’y verriez pas des gens baiser au grand jour, sous des arbres, se rencontrer près d’une étendue d’eau et rien d’autre? Bref, un reportage sur le cap d’Agde et ses nombreux vacanciers du sexe? En effet, Alain Guiraudie nous montre que les homosexuels ont aussi le droit d’être des beaufs, d’être ringards comme si dans la vraie vie, ils voulaient également se marier, avoir accès à la banalité comme bon nombre de nos concitoyens formatés...
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2,5
Publiée le 1 juin 2016
Pas de femmes, pas de scènes d'intèrieur, pas de musique! Juste des hommes, un lac isolè et un soleil de plomb! Avec "L'inconnu du lac", Alain Guiraudie signe un polar gay surprenant menè à la façon d'un huis-clos en plein air, du côtè du lac de Sainte-Croix entre le Var et les Alpes-de-Haute-Provence! Histoire d'amour entre Michel et Franck spoiler: sauf que ce dernier sait que Michel est mortellement dangereux! Plus ouvert que "Le Roi de l'èvasion", le film part sur des thèmes universels et importants pour le rèalisateur! A commencer par la peur de la solitude, du dèsir / de la peur de la fin du dèsir ou de la recherche de l'amour...jusqu'à la mort! Et en même temps, "L'inconnu du lac" n'est pas du tout un film qui tend à dire que l'homosexualitè et l'hètèrosexualitè, c'est la même chose! Au contraire, on n'a l'impression que c'est quand même une oeuvre qui montre la diffèrence! Un film èclaboussè de soleil qui dèvoile une èpure, une universalitè que Guiraudie n'avait jamais atteinte auparavant! Tout n'est pas parfait avec de nombreuses scènes explicites pour le moins inutiles mais les comèdiens sont convaincants et les conversations amicales entre Franck et Henri, rèussies! Cèsar du meilleur espoir masculin pour Pierre Deladonchamps! Patrick d'Assumçao en eût mèritè un aussi pour sa prestation d'homme solitaire...
Il est probable que je ne sois pas aussi intelligent ni aussi cinéphile que tous les critiques journalistiques, car une fois de plus je suis sorti de la projection de ce film en me demandant si je n'avais pas vu une parodie de ce chef d'oeuvre proclamé! Autant dire que oui nous avons beaucoup ri tellement ce film est burlesque et pathétique de médiocrité : un scénario qui tient en deux lignes, qui sert juste de trame à un porno gay mal joué où les acteurs ont pour tout et pour tout quelques misérables lignes de texte a réciter consistant à "Embrasse-moi, je jouis!" Si vous voulez voir un chef d'oeuvre évitez ce film, et si vous voulez voir un film et/ou porno, gay, il y en a des centaines bien meilleurs. Mais les journalistes ne doivent probablement pas les connaitre, alors celui-la leur semblera bien original...
Un film en apparence très simple enfermé par une unité de lieu et d'action et par une intrigue a priori assez pauvre, mais qui se révèle rapidement d'une intelligence et d'une finesse rares, à l'image de ce lac qui sous ses airs de tranquillité incarnée est pourtant le gardien de lourds secrets. Le film est une interrogation ouverte sur le mystère des sentiments humains et des ressorts qui motivent nos choix. Mais pas seulement. C'est aussi une rêverie beaucoup plus passive, spectatrice, amorphe, comme atrophiée par la torpeur de ces journées sur les galets brûlants de soleil chaud. Et en tant que spectateurs justement, on s'attache très vite à ce ballet un peu bizarre, routinier à l'excès (le manège des voitures et des regards qui se croisent est très puissant), exclusivement masculin (aucune présence physique féminine ne vient troubler ces jeux de désir et, oui aussi, de tendresse entre hommes) mais surtout terriblement humain; et chaque homme qui se trouve là, pour draguer, pour mater ou juste pour ne pas être seul, est plus qu'un second rôle sur ce théâtre ensablé, car chaque homme est précisément l'inconnu du lac de quelqu'un d'autre. Au final, qu'est ce qui se passe vraiment dans ce film? Est ce une histoire d'amour homo ou une enquête policière? Ou peut être même un documentaire nature? Car la nature est absolument centrale et son utilisation par Guiraudie prouve l'étendue de sa subtilité; la photographie est très belle, très pure mais surtout toujours pleine de sens. Et tout devient symbole (de l'ombre risiblement dangereuse du silure à ce bois où l'on croit être caché mais où tout le monde nous voit), et tous les éléments de cette nature-décor deviennent des clés d'entrée vers ce qui intéresse vraiment Guiraudie : la complexité de la nature humaine.
La plus puissante des images de ce film est peut être celle de ce lac, le véritable héros par sa formidable ambivalence, dont la surface se trouble au passage du vent, avant de redevenir lisse quelques secondes plus tard, comme si rien ne s'était passé. Oui mais, il s'est bien passé quelque chose.
Je ne comprends pas comment un film aussi vide peut avoir les louanges de la presse. Ce n'est pas un polard, ce n'est pas une comedie, ni unbon film de cul. Je ne donne jamais mon avis sur un film mais là c'est tellement pitoyable. Est-ce parce que ce sont des homos que Paris s'emballe ? En province quand on va au cinéma on aime bien voir des acteurs, suivre une histoire, ecouter des dialogues.
Où est l'intérêt de cette histoire dont l'intrigue tient en deux lignes, dont les rebondissements sont cousus de fils blancs, et dont le dénouement n'en est même pas un ? Comment les critiques peuvent décemment noter ce film 4,2/5 ? C'est du snobisme pur et dur.
Un film radicalement intéressant, cinématographique et moderne.
Tout se passe entre une plage, un parking et un sous bois. Trois espaces et pas plus. Pas plus d'espace n'est représenté à l'écran et pourtant tout le monde autour existe, se comprend, s'imagine, sans jamais que le réalisateur ne nous montre une seul image extérieur à ces trois espaces. L'histoire se passe là. L'air se raréfie ici. La tension du désir et de la peur se déroule dans ces lieux. C'est simple, on y croit. Le film n'a aucun effet spécial, tout est filmé en lumière naturelle. Les corps sont ceux d'hommes. Tous sont souvent nus, et ça ne change rien. Les scènes dans les bois sont hyper subtile et montrent des scènes de sexe sans concession, touchante, déroutante.
J'étais assez curieux de savoir ce que c'était que cet "Inconnu du lac" après le scandale fellationnaire provoqué il y a environ un an à Versailles et Saint-Cloud par des parents qui visiblement ne savent pas ou feignent de ne pas savoir que leurs chérubins sont très au courant sur ce genre de choses. Après vision, le scandale de l'affiche est nettement plus intéressant que le film lui-même... Bon on est au bord d'un lac, et on y restera au bord de ce lac et dans ses alentours ; bon là jusqu'ici ça va et c'est même une petite originalité. Mais en dehors de cela, on voit des homosexuels échanger des paroles sans intérêt, baiser et cela pendant plus d'une heure et demie sur un rythme lambinard. Le réalisateur met bien une intrigue criminelle pour essayer de faire croire qu'il y a un scénario... Et pour compléter le tout, on a aussi le droit à des personnages sans charisme et à une des fins les plus stupides de tous les temps. Donc "L'Inconnu du lac" ou quand un scandale autour d'un film est beaucoup plus intéressant que le film lui-même.