Alors que Hope and glory était une fiction autobiographique relatant l’enfance d’un alter-égo de John Boorman au cours de la seconde guerre mondiale, Queen and Country revient sur les souvenirs que le réalisateur britannique garde de la décennie suivante, et en particulier de son service militaire à l’époque de la guerre de Corée. Ancré dans une Angleterre marquée par l’effritement de son empire coloniale, le scénario réussit à mettre en avant, avec beaucoup d’humour, le décalage contre-productif entre la jeunesse et le pouvoir hiérarchique des institutions militaires du pays, tout en construisant une sous-intrigue, sans nul doute très romancée, relatant son premier amour. La question de la limite entre la liberté de pensée que défend le personnage principal et l’esprit de rébellion et d’irrespect incarné par son meilleur ami mais aussi, dans une moindre mesure, par sa sœur, est au centre de ce récit empli de mélancolie et dans lequel Boorman n’hésite pas à nous rappeler comment son amour inconditionnel pour le cinéma l’a fait inéluctablement passer de l’état de cinéphile à celui de cinéaste, et ce sans jamais sombrer dans le nombrilisme.