Ce que l'on retiendra de ce "Projet Almanac" c'est à quel point les producteurs américains (ici, Michael Bay) ont cette capacité à prendre la jeune génération pour une belle bande de pigeons débiles.
Alors que les premières vingt minutes plutôt réussies pouvaient nous laisser espérer un très sympathique film de voyages temporels, "Projet Almanac" va rapidement tourner complètement à vide et patiner sur une histoire d'amour adolescente indigne de la pire série MTV. La découverte d'une machine à voyager dans le temps par une bande d'adolescents ne leur servira, dans un premier temps, qu'à avoir de meilleures notes à un examen, à gagner au loto, à aller à un festival de musique (?) ou à réparer une erreur sentimentale. Malgré quelques sourires, tout cela se révélera d'une indigence assez rare et finalement pathétique quant aux ambitions et aux rêves que les scénaristes collent à la jeunesse actuelle.
Le film tentera alors de développer quelque chose autour du danger des voyages temporels dans sa dernière demi-heure (ben oui, il faut bien raconter quelque chose au bout d'un moment sinon on se fait griller) mais là encore, ce sera un échec tant les incohérences se multiplieront et insulteront l'intelligence de n'importe quel spectateur, amateur ou non de ce genre de films.
Et ce n'est pas l'utilisation du procédé du found-footage qui changera la donne (d'ailleurs, pourquoi diable avoir opter pour ce format si c'est pour avoir un rendu esthétique si peu naturel et réaliste ?).
Mais là, où "Projet Almanac" sent l'arnaque à plein nez c'est, qu'avant d'être un film, il s'agit probablement du placement de produits le plus éhonté de toute l'histoire du cinéma, même le clip du plus has-been des rappeurs n'aurait pas osé un truc pareil. Chaque (mais vraiment chaque) scène est une publicité dissimulée pour, au hasard, Coca-Cola, Red Bull, Samsung, Maserati, Microsoft et des dizaines d'autres marques.
Bref, une sorte d'opération marketing totalement foireuse (on se souviendra tous pour l'éternité de l'affiche française qui proclamait fièrement "Il a l'air de déglinguer !") à laquelle on préférera sans mal sa parfaite antithèse, le brillant "Primer" de Shane Carruth, petit film indépendant de 2004 d'à peine 7000 dollars sur les mêmes thématiques temporelles et doté d'une qualité dont semble dépourvue "Projet Almanac" : l'intelligence.