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Un visiteur
3,0
Publiée le 24 avril 2014
L’immeuble dans lequel Antoine s’engage comme concierge, après avoir laissé tomber la musique, n’était pas le plus indiqué pour se « remettre la tête à l’endroit ». On y rencontre un junky maniaque de biclous, un archi allumé et parano et un squatteur sectaire... Mais surtout, au 3e, il y a Mathilde, retraitée surmenée par son investissement associatif, au bord du « burn out »… Mathilde la dépressive, entrain de lâcher prise et Antoine, « spécialiste de l’accablement » et de l’indécision, portent toute la souffrance du monde. Les fissures de l’immeuble sont aussi des fêlures dans leurs têtes. Paradoxalement, celui qui se sent inutile «comme une branche morte » va « faire beaucoup de bien » à la belle angoissée. Car entre eux passe toute la tendresse de paumés magnifiques. C’est parce qu’on ne s’attendait pas à les rencontrer, que les deux personnages vont si bien ensemble. Lui, le trublion loufoque du Groland, elle la star inaccessible. Cette improbable rencontre est même une des clés du succès du film de Pierre Salvatori. On peut y ajouter les dialogues, particulièrement soignés. Dans cette cour des mirages, chacun court après ses rêves. Et c’est la comédie douce-amère de la vie qui s’y joue.
entrez dans la cour sans hésiter,elle est pavée de bonnes intentions : vous émouvoir ,vous étonner , vous amuser ! opération réussie ! salvadori , bien aidé par des acteurs excellents (en particulier catherine deneuve et gustave kervern remarquables ) nous emmène dans un monde de personnages hors normes , on y trouve des abîmés de la vie ,des obsédés de la sécurité , d'autres dont la raison chavire , des désaxés , ! j' allais oublier : un personnage " normal " (féodor atkine ) .tout cela donne un film attachant et que l'on n'oublie pas .
Sublimement joué et bien inspiré, ce film très simple révèle ses trésors dans la compréhension des maniaco-dépressifs. Amusant, attendrissant, c'est un peu cliché du film français mais dans le bon sens. Il cible un public particulier mais dans son genre, je l'ai trouvé réussi!
Une belle surprise ce film, dont la bande-annonce ne laissait pas transparaître le ton si dramatique. Deux écorchés de la vie se croisent et s'accrochent l'un à l'autre pour traverser une vie / un quotidien devenus trop lourds à porter. Pierre Salvadori a eu du nez pour choisir son duo d'acteurs (plus que quand il a associé Audrey Tautou à Gad Elmaleh dans "Hors de Prix") Catherine Deneuve et Gustave de Kervern sont parfaits en écorchés vifs qui sombrent peu à peu dans leur monde. Très pudique et touchant, avec un hommage au Répulsion de Polanski avec cette obsession du personnage de Deneuve pour les fissures de son appartement...) des scènes étranges et envoûtantes... j'ai adoré.
Sur un sujet douloureux, Pierre Salvatori nous livre un film assez indéchiffrable. Tantôt drôle et un peu décalé, tantôt franchement lourd de tristesse, essentiellement vers la fin en dépit des toutes dernières minutes qui se veulent optimistes. Catherine Deneuve est très touchante en femme qui se sent doucement glisser vers la folie sans rien pouvoir y faire. Je ne suis pourtant pas très fan de cette actrice, mais je reconnais bien volontiers qu’elle n’a plus rien à prouver et qu’elle est, dans ce film comme dans d’autre, incroyablement juste. Gustave Kervern, à ses côtés, finit par rendre son personnage apathique attachant, même si on a souvent envie de le secouer comme un prunier pour le faire sortir de sa torpeur, ce qui prouve qu’il s’est bien approprié ce rôle. Les seconds rôles qui les accompagnent sont bien écrits, et notamment Pio Marmaï en toxicomane voleur de vélib’, dont on pense d’emblée qu’il est l’archétype du looser parfait, alors qu’il cache une blessure au sens propre comme au sens figuré, et qu’il ne laisse entrevoir cette blessure que dans une seule scène, très juste là aussi. Même si l’humour n’est pas absent de « Dans la cour », souvent par le biais du personnage d’Antoine mais aussi, et c’est plus étonnant, de celui de Mathilde, il est tout de même très discret si on le compare aux autres films de Salvadori « Les apprentis », « Hors de prix » ou « De vrais mensonges ». Il y a dans « Dans la cour » quelque chose de désespéré qui n’apparaissait pas avant, dans sa filmographie. Le scénario prouve, au final, que nous sommes tous égaux dans la dépression, et que la détresse psychique est la même, et ce en dépit de toutes les différences de culture, de statut social, de caractère : çà s’exprime différemment, par l’autodestruction (Antoine), l’angoisse obsessionnelle (Mathilde), la délinquance (Stéphane) ou encore la quête s’une spiritualité de bazar (Lev), mais au fond, c’est la même souffrance. Mais « Dans la cour » est un film bardé de bonnes intentions qui finit par tourner en rond et plus l’atmosphère du film devient lourde et douloureuse et plus, c’est humain en tant que spectateur, on a envie d’en sortir ! Et puis le scénario parait inabouti sur certains points, notamment concernant le passé d’Antoine dont on ne sait rien. Il y a une scène étrange (et qui met mal à l’aise) avec ce qui semble être son ex-compagne : elle le cherche, il refuse d’être retrouvé mais çà nous laisse sur notre faim, on aimerait comprendre ce qui s’est passé dans sa vie avant, pour qu’il en arrive à être si malheureux. Intéressant mais, reconnaissons le, assez déprimant, « Dans la cour » vaut essentiellement pour la belle rencontre, improbable sur le papier, de Catherine Deneuve et Gustave Kervern. Cela donne un moment de cinéma humain et touchant, pour peu qu’on ne soit pas légèrement dépressif soi même…
"Elle s'en va"... "Dans la cour". En associant le titre de ces deux films, on retrouve une Catherine Deneuve exceptionnelle, bien idée par un Gustave Kervern étonnant et bien loin de Groland (encore que...). Tout cela nous offre le spectacle réjouissant de dépressifs réunis dans un même lieu et qui y vivent chacun d'intenses moments dé déprime... non partagés par le spectateur ravi...
C'est une comédie désopilante, inclassable tant elle nous transporte dans multiples univers... On rit beaucoup des situations cocasses si justement interprétées, on est ému aux larmes parfois aussi par ces personnages de cet immeuble qui ont chacun de bonnes raisons d'être ce qu'ils sont : barrés comme on dit. Chacun veut sa part de reconnaissance, d'amour. C'est du "sauve qui peut"! Il y a un petit peu de chacun d'entre nous dans tous ces personnages.
Waouh !! deux bons, même très bon film dans la même semaine et français de surcroît. Après le film de Luc Belvaux, un autre grand moment de cinéma et surtout d actrice : il y avait longtemps que je n'avais pas vu Catherine Deneuve dans un un tel rôle. On aurait cru que c'était Meryl Streep. Une tragi comédie. On rit des lézardes des murs et de celles de Deneuve. Feodor Atkin est merveilleux. Gustave Kervern est admirable. Foncez y. Ce n'est pas tous les jours que je donne un 5. La fin du film ? Vous verrez!
J'ai bien aimé ce film porté par les 2 personnages principaux qui sont Antoine et Mathilde... On suit l'évolution de leur lien au fil de cette histoire qui se déroule au cœur de la communauté d'un immeuble! Il y a là de nombreux personnages plus ou moins paumés et désorientés! Ce film aborde avec délicatesse le problème de la solitude,du chômage,et de la dépression qui peut en résulter... du rôle que chacun a besoin de jouer ds la société,y compris qd l'heure de la retraite a sonné!! Antoine ,le personnage principal,avec ses faux airs de Raphaël Mezrahi (que ce soit physique ou son phrasé lunaire,c'est troublant) est très touchant! Il permettra la résurrection de Mathilde au travers d'un drame! Jspoiler: 'ai bcp aimé la symbolique du rosier tt à la fin qui évoque la renaissance et la vie qui reprend le dessus tt comme Mathilde! Belle performance de Catherine Deneuve!!