Même si je pressentais une bluette naïve, j'ai visionné "Une rencontre" (2014) en l'honneur de Lisa Azuelos, dont j'avais apprécié les qualités d'observation dans ses œuvres précédentes, "Lol" et "Comme t'y es belle", deux comédies de mœurs sans prétention mais réjouissantes et bien senties.
Hélas, la réalisatrice française se vautre ici dans la représentation navrante d'une forme de coolitude beauf dans une catégorie sociale bien définie, celle des quinquagénaires aisés.
Ses deux héros, le pénible François Cluzet et l'agaçante Sophie Marceau, se rencontrent lors d'une soirée et se jettent immédiatement des regards enamourés. Cluzet est particulièrement nunuche dans son rôle d'homme bon et loyal à qui tout réussit, qui sait se gausser des petits tracas de la vie moderne, tant il a bien compris que l'essentiel était ailleurs... Il faut le voir réconforter d'un sourire sa pimbêche de fille adolescente, puis apaiser d'un regard la jalousie naissante de sa pimbêche de femme (interprétée par Azuelos elle-même). Quel homme, ce Cluzet, qui aime son épouse comme au premier jour, mais qui n'hésite pas à s'encanailler en boîte de nuit en pelotant une quasi-inconnue.
En l'occurrence, celle-ci est une célibattante accomplie, working girl et mère formidable, cougar à ses heures perdues, car elle a tant d'amour à partager...
Passe encore sur la morale bien-pensante du film, qui permet à Azuelos de s'affranchir de certains clichés inhérents au sujet. Mais l'apologie de la niaiserie qui transparaît de chaque scène a plus de mal à passer.
Certes, les précédents films d'Azuelos s'inscrivaient eux aussi dans l'univers bourgeois-bohème, mais au moins ressentait-on un minimum de recul et de satire sociale dans le regard de la réalisatrice.
La seule idée un tant soit peu originale dans la mise en scène, c'est le jeu entre fantasme et réalité, mais la fille de Marie Laforêt a tendance à en abuser, histoire d'épaissir un peu un récit très bref (1H20) qui illustre bien la minceur du propos.
Un film à éviter, vous l'aurez compris.