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Hastur64
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3,5
Publiée le 14 janvier 2016
Dire que les films scandinaves sont un peu étranges est presque un cliché, d'ailleurs s'il fallait s'en convaincre ce dernier a été sélectionné dans la catégorie : “Un certain regard” où il a par ailleurs reçu le prix du Meilleur réalisateur. On suit une famille tout ce qu'il y a de plus banale (1 père, 1 mère, 2 enfants) qui viennent passer des vacances dans une station de ski française. Pistes couvertes de poudreuse, longues journées de ski : des vacances idylliques jusqu'au drame ; dans une situation de danger pour la famille le père a une réaction malheureuse et abandonne sa femme et ses enfants pour sauver sa peau en fuyant. Plus de peur que de mal au final, mais cette attitude a rétrospectivement des conséquences sur l'équilibre du couple et donc sur la famille entière. La femme n'arrive pas à lui pardonner cette lâcheté, le mari refuse d'y faire face. Le film interroge à travers ce drame la place de l'homme, et par voie de conséquence de la femme, dans le couple et sur les stéréotypes qui sont accrochés aux deux sexes. Est-on un homme, un vrai, si on n’est pas courageux ? Est-on vraiment une bonne mère si on ne se préoccupe pas en permanence de ses enfants ? Les femmes sont-elles plus concernées par leurs enfants que les hommes ? C'est un peu une analyse des archétypes des deux genres que le film place sous le prisme de ce drame familial. Le réalisateur traduit en image cette fracture dans le couple et entre les hommes et les femmes en procédant à un glissement de vacances en famille vers des séquences où les membres du couple et les deux sexes sont séparés. Il faut d'ailleurs souligner la belle performance des acteurs qui tout en subtilité traduisent les secousses et les interrogations qui minent le couple. Un long-métrage faussement innocent qui interroge notre société moderne sur les rôles et les qualités supposées innées pour chacun des sexes. Un film intéressant qui mérite amplement le coup d'œil.
Probablement moins bon que l’énorme réputation acquise lors de festivals, «Snow Therapy» ressemble à une certaine bouffée d’air frais dans les sorties hebdomadaires. Comédie sociale décalée, humour nordique appuyé, l’ensemble fait souvent sourire et malgré une réalisation lente et judicieusement figé (le montage est réduit à son minimum), le film reflète une lecture intéressante du cocon familial, mis en valeur par un scénario fin et une interprétation très juste. Sans atteindre l’effet boule de neige, la descente même furtive s’avère idéale.
Etrangement renommé "Snow Therapy" en France alors que son titre original est "Force Majeure", l'oeuvre ici présente est une comédie très grinçante mettant en scène une famille suédoise dans une station de ski française. Un événement inattendu va révéler la nature profonde des personnages et créer une véritable crise familiale: on assiste alors à un spectacle tragi-comique qui atteint parfois les sommets, avec un humour nordique particulièrement corrosif. Un peu trop lent à mon goût, malgré ses belles images, Force Majeure brille dans l'analyse psychologique de ses personnages et dans le traitement de son sujet. C'est déjà pas mal !
'Snow Therapy' est une comédie grinçante qui ausculte jusqu'au malaise la crise familiale que traversent Tomas, Ebba et leurs enfants lors d'un séjour à la montagne après avoir cru un instant être emportés par une avalanche. Très vite, c'est la masculinité fragile de Tomas qui devient le sujet central du film : piquée, ridiculisée et finalement réinventée. Le propos n'est pas inintéressant mais - appuyé et didactique - il aboutit à une fin désespérément consensuelle.
Une finesse psychologique du couple,des enfants,assez étonnante.Des moments désopilants,le diner avec les deux amis qui vont se retrouver impliqués dans une histoire qui ne les concernait pas,l'homme de ménage imperturbable,et la fin une morale quelque part.Un seul bémol,dans cette station,nos skieurs sont toujours seuls...bizarre!
Un film très intéressant et très original. Le cadre tout d'abord de cette station de ski ( les Arcs) magnifiquement filmée mais très surréaliste aussi, puisqu'il n'y a jamais personne sur les pistes, les remonte pentes sont vides, tout est blanc, les pistes sont immaculées. L'hotel où réside la famille est désert aussi, si ce n'est un employé louffoque qui les espionne tout le temps. Le thème du film est complexe et profond , la peur humaine, qu'est-ce qui déclenche la peur ?, la peur bestiale qui sommeille en chacun de nous et qui peut faire craquer les convenances sociales. Par exemple de ce père de famille bobo,à la jolie famille moderne , avec deux enfants gâtés, qui fait quelques pas de côté lorsqu'une avalanche survient sur un restaurant d'altitude. Son réflexe n'est pas de protéger sa famille, mais de se protéger lui même.Et cela va faire craqueler cette "belle" famille . Il y a des non dits qui ressortent, la femme découvre son mari sous un autre jour,est-il bien l'homme qu'elle pensait. Il y a des amis autour d'eux qui divorcent où des femmes célibataires aux amants multiples, n'est-il pas temps pour l'héroine de changer de vie aussi. Les enfants sont pertubés, très fragiles aussi, le vernis/cocon familial n'est peut-être pas aussi solide qu'il n'y paraissait. Vers la fin le mari arrivera à sauver sa femme dans une autre tempête de neige. Puis sur le chemin du retour c'est la femme elle même qui sera prise d'une crise d'angoisse et de peur animale, parce qu'un chauffeur de bus l'inquiète. Sommes nous tous sujet à la peur, ? l'instinct d'origine est-il toujours en nous? Personne n'est à l'abri..Beaucoup de questions , sans réponse mais inquiétantes et passionnantes. Un jeu d'acteur impeccable, des cadrages coupés au couteau, et une bande musicale superbe, pour un film dérangeant et très original..
Aux Arcs, une famille suédoise passe une semaine au ski afin que le père à la vie professionnelle bien remplie puisse partager quelques moments avec ses enfants. Au deuxième jour, une avalanche déclenchée et mal maitrisée dévale en direction du resto où la petite famille déjeune. Le père pris de panique prend ses jambes à son coup laissant en plan femme et enfants. Plus de peur que de mal… sur l’instant, car la fuite du père ne se préoccupant pas des siens va faire l’effet d’un tsunami sur les siens et même contaminé un couple rencontré lors du séjour. Le pitch est hyper attrayant pour un film aux ressorts psychologiques intelligents. A partir de cet événement considéré comme anodin car sans conséquence pour le père de famille ; des crises larvées, des secrets bien cachés vont surgir. La mère de famille attend de lui qu’il reconnaisse sa défaillance afin qu’elle soit reconnue comme légitime dans les doutes qu’elle porte envers lui. Mais pour lui l’aveu de cette défaillance pourrait le fragiliser dans sa posture masculine et protectrice et entrouvrir une brèche dans ses faiblesses. Tout le thème du film est là mais aussi sur la place de la paternité dans la famille moderne. Donc 2h pour faire le tour du sujet, c’est un peu long malgré l’intelligence du traitement des situations ; mais aussi l’hésitation entre crise de la masculinité ou crise de ménage n’est jamais tranchée. Primé à Cannes 2014 dans la section « Un certain regard » ; après une mise en place séduisante ; la suite se révèle un peu trop cliché voire grossière. Dès la rédemption du père, on est dans une lourdeur artificielle. Faut même s’enchainer le dernier jour du séjour où le père met lui-même en péril les siens afin de pouvoir les sauver et se retrouver positionner en tant que protecteur. Négation, culpabilité, rédemption : intéressant mais lassant dans la dernière demi heure
“Snow Therapy“ glace par son atmosphère et ses constants malaises qu’il suscite. Partant d’un acte pas si anodin, la jolie famille suédoise en vacances de ski dans les Alpes éclate lentement mais sûrement en flocons acérés. La cryothérapie du couple par R.Östlund prend la forme de silences, de non-dits puis de révélations chocs. Ces variations de rythme, couplées à de lents mouvements de caméra, alternent sensations de gênes, de curiosité et parfois humour et ennuis. Mais l’atmosphère malsaine qui se dégage emporte heureusement l’adhésion, même si on aurait pu se passer du final et de certaines longueurs. Réalisation formelle et posée, le contenu à un goût ambigu de froideur formelle avec un scénario bouillant. “Snow Therapy“ à un effet boule de neige, quand on s’en prend une dans la figure: c’est percutant, pas très agréable, on ne sait pas toujours si on doit en rire, mais étonnamment, on n’est pas déçu d’avoir été visé.
Ruben Ostlünd dépeint magnifiquement bien l’aspect glauque des stations de sports d’hiver. Entre la mise en scène soignée, l’attention faite aux détails et la quasi absence de son : tout y est.
Pour ce qui est du récit… c’est pas ça. La famille banale fonctionne bien. Quoiqu’un peu trop banale justement. Le thème central est pas inintéressant mais un peu bancal dans son approche. Et il ne va pas au bout de ses ambitions (contrairement à Triangle of sadness par exemple). En effet, le sujet est abordé, observé, questionné mais ça s’arrête là.
La scène finale est presque hors sujet mais très réussie.
A partir de ce qui pourrait sembler anecdotique, Snow Therapy renvoie à tout ce qu'il y a de plus basique dans la relation qu'entretiennent les deux personnages du couple central du film, les parents d'un petit garçon et d'une petite fille, partis en famille à la montagne pour se ressourcer (individuellement) et resserrer leurs liens (collectifs). Ces deux facettes n'ont de cesse de se renvoyer la balle, jusqu'à atteindre un second niveau de profondeur à travers la rencontre d'autres couples, mettant en perspective la petitesse des grands actes/mots tant qu'ils ne sont visibles pour personne. Snow Therapy est indéniablement un film de qualité en ce qu'il pousse à se mettre à la place des personnages pour établir un parallèle avec l'expérience nécessairement subjective de chacun des spectateurs. Le scepticisme reste donc à la porte, ne faisant pas le poids face à la multiplicité des niveaux d'échanges qui sont dépeints ici au travers de cet incident, a priori, mineur. La relation de couple, la parentalité, les rapports hommes/femmes, les relations amicales, leur impact sur les enfants, etc. autant de niveaux de questionnements qui se croisent les uns les autres et soulèvent autant de matière à réflexion. Ruben Östlund semble être un esprit fin qui joue avec les contradictions et nuances, quitte à noyer le spectateur dans ses propres perceptions. En revanche, pari risqué, cette posture flottante peut aussi en lâcher certains, qui auront l'esprit plus radical que nuancé et attendront, en vain, une action plus brute.
Bénéficiant d'une écriture extrêmement subtile qui flirte constamment entre le drame et la comédie, ce film dresse à partir d'un évènement anodin une formidable étude psychologique sur le couple et ses remises en question. Jouant habilement sur l'ambivalence de certaines situations, le réalisateur bouscule l'image de la figure paternelle avec une justesse remarquable. Il fait également planer tout au long du film la sensation qu'il peut se passer quelque chose de grave dans cette cellule familiale, ce qui donne un cote sombre et une impression d’insécurité à ce psychodrame. Le film aurait surement gagné en qualité si il avait été moins long et plus condensé dans son milieu.
Je m'attendais à voir un film catastrophe, et puis non. Snow Therapy est plus un drame psychologique. Je me sentais déçu. Et puis finalement il se passe quelque chose, un peu le genre de film qui vous laisse un arrière goût et qu'on a envie de revoir. Il faut le prendre frontalement, sous ses thématiques : la réaction face à la peur, face au sentiment d'échec, face à l'abandon.
Pourquoi ne pas avoir gardé le titre original, Force majeure ? Pour éviter la confusion avec le film français de Pierre Jolivet (Force majeure, 1989) ? Parce que ça ne sonnait pas assez bien de nos jours ? Il est certes question d'une forme de thérapie familiale à la montagne, mais on peut quand même s'interroger... Passons. Snow Therapy, donc, est un film original, amusant et mordant, qui brode autour d'un fait unique mais lourd de conséquences : la lâcheté d'un père de famille dans une situation de péril collectif. Voilà qui permet au réalisateur suédois Ruben Östlund d'ébranler les conceptions classiques de la famille et du couple, via les notions de devoir et de liberté, mais surtout de dézinguer sociologiquement la figure du mâle moderne. Un mâle égoïste et lâche, menteur et tricheur, bien éloigné de l'archétype du héros protecteur que la "civilisation" a créé, en "dénaturant" peut-être une humanité primitive dotée d'un instinct de survie fondamentalement égoïste. Nature/culture, éternel débat. Quoi qu'il en soit, c'est l'expression de la virilité contemporaine qui est ici remise en cause, d'abord en considérant le personnage de Tomas, le père défaillant, qui se fissure avant de craquer à grand cri, puis en considérant le personnage de Mats, viking rouquin tendance ZZ Top hirsute (très drôle), dont la capacité à assumer son "rôle social" est questionnée par sa jeune compagne. Deux personnages en écho, qui témoignent d'une crise de confiance généralisée : manque de confiance en soi, défiance des autres (les femmes, les enfants). Deux personnages aux consciences troublées de culpabilité, vaguement solidaires dans l'affront que subit la gent et désireux de restaurer une forme d'autorité sécurisante. Le réalisateur met en scène cette déstabilisation masculine avec un humour à froid, souvent décalé, parfois absurde, qui donne à ce film une tonalité tragi-comique étonnante : mélange de malaise, de cruauté, de bouffonnerie et de sentiment pathétique, dans le cadre impersonnel et classe d'un hôtel de luxe, surveillé par un étrange homme d'entretien... Le récit ne cesse d'intriguer, mais peine malheureusement à finir, radotant dans le dernier quart d'heure avec la répétition de symboles de rédemption et de revirilisation, sur fond de dangers multiples. Dommage que le scénario n'ait pas trouvé une issue moins démonstrative, plus ouverte et mystérieuse, lors de la dernière descente de piste, en plein brouillard. C'eût été un moment parfait pour conclure dans la tonalité singulière et déroutante de l'histoire, à la mesure de l'inspiration générale. Achevé en demi-teinte, Snow Therapy ne tient donc pas toutes ses promesses narratives, mais demeure néanmoins, sur le fond, par sa satire sociologique, un film intéressant.
Thème très intéressant, l'instinct humain face à une catastrophe, un événement inattendu va déclencher un réel questionnement au sein de cette famille. La remise en question de ce couple est captivante et assez surprenant, il y a quelques scènes vraiment très drôles. Ceci étant, il y a tout de même beaucoup de longueurs, plusieurs scènes n'apportent rien et gâche un peu ce film différent.
Cette grinçante comédie dramatique sur le couple en crise est interprétée par d'excellents comédiens et sert un récit fort intéressant, subtil et non-dénué d'un certain charme, à la mise en scène soignée, même si l'ensemble manque de rythme. Un bon divertissement.