Jodie Foster connaît l'univers des images. Pour son premier film, elle rentre dans le monde sophistiqué, surréaliste, et écœurant de la télévision d'affaire aux Etats-Unis. Clooney incarne ce présentateur excessif, à la botte des diagrammes des actions, et des malhonnêtetés de leurs PDG. Sa productrice, habitée à la perfection par Julia Roberts, s'apprête à quitter cette chaine, lasse surtout des excès de son présentateur et de sa grossièreté, jusqu'au jour où un jeune-homme débarque sur le plateau et menace de faire exploser l'immeuble. "Money Monster" est un film hybride qui hésite entre le thriller, le polar d'affaire, et la fable sociale. Si le propos général paraît un peu exagéré, sinon suranné, la réalisatrice parvient avec brio à nous faire adhérer à cette histoire incroyable où il est question de crash boursier, de détournement d'argent, de communication d'entreprise, et de propagande télévisuelle. Le spectateur est même pris par ce rythme haletant, malgré lui, qui lui fait oublier quelques maladresses du scénario. En effet, le récit manque parfois d'explication, de lisibilité, ou de cohérence, et le passage des personnages d'un état d'âme à un autre n'est pas toujours très réussi. Pour autant, si d'évidence cette œuvre ne bouleversera pas l'histoire du cinéma, le spectacle vaut d'être vécu, en tous les cas, il a le mérite d'offrir une réflexion sur la dérive capitaliste et financière qui secoue notre société en lutte, a fortiori venant d'une américaine.