Un bon film.
L'auteur reprend le sujet cher à plusieurs films de science fiction sur la suprématie d'un ordinateur qui pourrait dominer l'humanité. Avec Terminator, Skynet a déclaré la guerre aux hommes qu'elle cherche à éradiquer en fabriquant des robots ultra-rapides et résistants qui doivent les éliminer. Avec Matrix, la matrice façonne la dimension perceptible des hommes, un espace-temps présenté ici comme confortable, sauf que les esprits, connectés à elle, n'ont pas conscience d'évoluer dans un monde virtuel et ils vivent donc dans une illusion permanente. Alors que dans Transcendance, on nous propose une autre approche : Spinner a développé une nouvelle invention, basée sur les nanotechnologies, pour réparer les êtres vivants en reconstituant leurs tissus. Ainsi les aveugles retrouvent la vue, les visages mutilés leur faciès, les blessés voient leurs plaies se résorber. Mais là aussi, se pose un nouveau problème : les personnes qui font l'objet de cette expérience sont à leur tour connectées à Spinner dont l'esprit, interprété par Johnny Depp, est si puissant qu'il semble incontrôlable, sans limite.
Qui plus est, ce scénario laisse affleurer des questions existentielles qui n'étaient même pas évoquées chez ces 2 prédécesseurs : la nature même de la conscience, le rapport des êtres vivants à la mort, la quête et la création d'un Dieu par l'homme. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une réflexion qui est ici exposée mais de thèmes qui sont survolés, en particulier celui de la conscience qui revient comme un leitmotiv dans la bouche de Johnny Depp. Bref, un film plutôt intelligent avec une intrigue bien articulée, finement ficelée. Maintenant, je comprends que les fans de Depp soient déroutés par l'esprit qu'il interpréte : étant devenu une "machine", l'acteur apparaît ici froid, calculateur, impassible, lui qui nous avait habitué à des rôles assez fantaisistes et émouvants (Edwards aux mains d'argent, Pirates des Caraïbes ou encore Charlie et la chocolaterie...). Mais ce n'est pas selon moi, lui qui joue mal, seulement le personnage, lui-même, qui implique cette attitude même s'il est vrai que l'on peut être dérouté par ce style.
Enfin, on peut aussi apprécier la vision de l'amour qui nous est ici montré : il y a du Shakespeare dans cette union impossible entre une femme et un ordinateur mais aussi, une vision de l'amour plus vraie, une réelle complicité que le couple a partagé avant l'accident...