Au sortir de la projection, rares seront les insatisfaits. En effet, Eric Lartigau ("Les infidèles", "Prête-moi ta main", "Mais qui a tué Pamela Rose") est un habitué des comédies bleu blanc rouge et nous fait vivre durant 1h45 une histoire drôle, touchante et brillante. Tout y est juste : du jeu à la musique, on assiste à un film philharmonique. C’est un VERY good movie à côté duquel il ne faut pas passer !
Pour son casting tout d’abord. Excellentissime est sans doute un superlatif trop faible pour décrire le jeu de tous ceux et celles qui s’impliquent dans ce film. Impossible de dire qui se distingue par sa prestation, tant tous les comédiens sont au diapason, du rôle le plus important au plus anecdotique.
Karin Viard et François Damiens signent ici une vraie performance car non contents d’avoir appris la langue des signes pour incarner des sourds et muets, ils amplifient leur force comique par un non verbal maîtrisé, naturel et drôle. Le défi est largement relevé et on ne peut qu’admirer la prise de risque et sa réussite ! On aurait presque envie de se mettre à genoux et d’aduler les comédiens tellement leur performance réalise un sans faute. Il en va de même pour Eric Elmosnino (il avait reçu le prix du meilleur acteur pour « Gainsbourg, vie héroïque ») qui incarne le professeur de chant de l’école. Acariâtre et directif, il devient le personnage le plus important de la vie de Paula. Le comédien n’hésite pas à mouiller sa chemise et mettre son talent de musicien au service du long métrage. Plus réaliste que jamais, son personnage est détesté puis apprécié de tout son public, preuve que son interprétation sonne juste.
Enfin, Louane Emera, la vraie révélation du film, qui du haut de ses 18 ans nous donne une vraie claque. Elle jongle avec les émotions comme si elles étaient siennes. On partage ses joies, ses peines, ses satisfactions et ses déceptions sans se rappeler une seule fois que nous sommes confortablement installés dans notre ciné. On vit sa vie au point de trembler avec elle et de ne pouvoir s’empêcher de verser quelques larmes à plusieurs reprises. On ne sait d’ailleurs pas si on lui souhaite une belle longue carrière de comédienne ou de chanteuse, tant elle réalise les deux avec talents et émotions (justes !). Inconnue du monde du 7ème art, elle crève l’écran avec cette première performance admirable. Elle nous émeut par la fragilité dans son jeu et par sa voix chaude toute en rondeur lors des tours de chant. Pas étonnant que Michel Sardou lui-même ait été ému d’entendre ses titres réinterprétés avant tant de fébrilité !
D’ailleurs, pour prolonger ce superbe moment ciné, il suffira de se plonger dans la BO, signée Evgueni Galperine et interprétée par la chorale des Hauts de Seine, Louane Emera et Eric Elmosnino eux-mêmes.
Un petit bijou on vous avait dit !