India Song
Note moyenne
2,8
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19 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 31 janvier 2009
Une belle musique lancinante, la poésie du texte de Duras, la sensualité de Delphine Seyrig, déesse sublime couvée par les regards de terriens dans un palace de Calcutta reconstitué à Paris, tout contribue à faire de ce film une oeuvre envoutante, unique, dans la lignée de L'Année dernière à Marienbad.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 janvier 2009
Ce film est étrange.
Étrangement beau. C'en devient même effrayant.
Comment Marguerite Duras, avec si peu de moyens, a réussi à recréer une telle ambiance, une telle intrigue : définitivement, c'est ce qui fera tout le mystère durassien.
L'Inde était en réalité parisienne. Pourtant, tout au long du film, j'ai cru qu'elle avait tourné en Inde. C'est un film basé sur l'illusion. Les reflets, la réminiscence des souvenirs en ce lieu mort, tout autant que les personnages. Tout y est mort, mais tout n'est qu'un souvenir. Des fantômes qui viennent lentement occuper la scène, dansent avec langueur sur la musique sublime d'Alessio. Ils s'ennuient (thème récurrent chez Duras).
Jusqu'au paroxysme de cette lenteur (accentué par des plans fixes très longs, ou des travellings sans fins...), le cri de Michel Lonsdale. Il est absolument effrayant. On en sursaute. Brusquement, c'est là que tout se casse. La monotonie se brise, ainsi que les personnages.

Marguerite Duras est définivitement un être incroyable. Certes, au début, le film peut surprendre. Il est possible de croire à un réel foutage de gueule. Mais, bon sang, restez sur votre siège, laissez-vous bercer par l'image et la voix de Delphine Seyrig. Et là, vous comprendrez peut être tout le charme d'India Song, toute la puissance de ce film.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 novembre 2007
Film de sensations physiques où le discours s’efface.
D’abord, l’ennui, palpable, que l’on ressent intensément dans ce milieu figé, où Anne-Marie Stretter est entourée par des hommes qui ont établi un modus vivendi de statu quo, un pacte de non agression entre chacun des prétendants. Puis la force brute, maladroite, irrespectueuse du Vice Consul de Lahore. Il est laid, gros, et couvert d’opprobre, mais on ressent physiquement cet élan vital qui a disparu depuis longtemps de l’univers d’Anne-Marie Stretter. Il échouera, mais elle ne pourra survivre à cette fugitive apparition de la vie dans son univers sclérosé.
Y avait-il, dans le personnage du vice-consul, une image de l’adolescence ?
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2007
Il faut être "in the mood" pour du contemplatif, adhérer au style et ne pas être rebuté par certaines longueurs, mais le jeu en vaut la chandelle. On trouve dans ce film les principaux traits de la personnalité de Marguerite Duras, mélange d'intellectualisme assumé et de sensualité débridée. Un feu qui couve derrière des images polies d'une beauté assez fascinante - bravo Bruno Nuytten, brillant directeur de la photo! Pasolini n'est pas loin derrière ces compositions hiératiques d'une lenteur intimidante, ces jeux de miroir et cette façon de tenir à distance l'animalité, de la cantonner à un hors-champ à la présence de plus en plus oppressante - les cris de Michel Lonsdale ! Une musique au parfum entêtant. Un bien beau texte et une façon de déstructurer le récit qui font penser à "L'année dernière à Marienbad" de Resnais, où Delphine Seyrig éblouissait déjà. Une oeuvre d'art complète, même si l'intensité des premières minutes a du mal à se maintenir pendant deux heures. A noter aussi au générique la présence d'un assistant réalisateur qui fera son chemin : Benoît Jacquot.
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