Note: ce texte contient des spoilers de long en large, lecture pré-visionnage à vos risques et périls!
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Ah Star Wars ! Depuis le temps qu’on l’attendait ! Il faut avouer que Disney a su maîtriser à la perfection la machine à hype, entretenant le mystère tout en laissant les médias et les fans faire l’essentiel de la communication à leur place. Je tiens à préciser que je ne suis absolument pas un « puriste » de Star Wars, du genre à connaître la géographie de Coruscant par cœur ou à savoir si Darth Revan trouve la blanquette bonne. C’est donc bien disposé et enthousiasmé par les derniers trailers que j’ai pris place dans le cinéma.
La première heure de film est pleine de promesses : les nouveaux sont mis à l’honneur, et l’on comprend rapidement que ce ne sont pas de simples faire-valoir pour les anciens de la saga. Rey et Finn sont clairement les deux réussites de ce film, chacun faisant l’objet d’un traitement en profondeur que l’on suit avec plaisir. On découvre enfin ce qu’est être un stormtrooper, les scènes d’action et d’échange alternent habilement, bref du tout bon.
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Las ! Dès que nos deux héros quittent Jakku (la planète désertique où a grandi Rey), la débâcle commence. En effet, on se rend progressivement compte que le scénario et le contexte du film n’ont aucune substance :
- Les deux adversaires que sont la Résistance et le Premier Ordre semblent tous deux totalement artificiels et en décalage avec les évènements du VI : l’Empire était vaincu, quasiment réduit à rien, alors pourquoi celui-ci semble-t-il à nouveau être sur l’offensive dans le VII? Cela, on ne vous l’expliquera jamais. Aucune contextualisation politique, il y a les Bons (qui ont peu de moyens, peu importe que ça ne soit pas logique) et les Méchants (qui ont des moyens énormes, peu importe que ça ne soit pas logique non plus).
- Plus le scénario progresse, plus on sent comme une odeur de réchauffé : planète désertique de départ ? Check. Droïde contenant des plans importants ? Check. Super-arme de la mort qui tue ? Check. Méchant portant un masque ? Check. Attaque désespérée avec des X-Wing ? Check. Et ce ne sont pas les retours des anciens qui améliorent les choses : entre prestations terne (Leïa), convenue (Han Solo) et totalement gimmick (Chewbacca, R2-D2 et C3PO), ils n’améliorent guère les choses. Dans un tel contexte de copié-collé, leurs blagues censées être des clins d’œil apparaissent dès lors totalement téléphonées. On comprend mieux le secret maintenu par Disney auour du scénario !
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On n’insistera jamais assez sur le fait qu’un bon film, c’est un bon méchant. Or ici, le méchant n’est pas juste moyen, il est carrément transparent et agaçant ! Car ici la némesis des héros, ce Sith censé être redoutable, n’est rien d’autre qu’un apprenti dans le doute, capricieux (ce qui donne lieu à une scène absolument hilarante d’ailleurs), qui se fait rabattre son caquet par les généraux du Premier Ordre (qu’il est censé diriger, rappelons-le), en plus de se faire humilier lors du combat final qui remporte haut la main le titre de bataille au sabre la plus pourrie de toute la saga, loin devant le duel Ben Kenobi-Darth Vader de l’épisode IV. Le mauvais jeu d’Adam Driver ne vient pas franchement arranger les choses, faisant tomber à plat des scènes censées être des climax, comme celle de la passerelle.
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L’une des raisons pour lesquelles Kylo Ren est un personnage si raté est aussi qu’en l’absence visible de son tuteur (qui a l’air assez ridicule d’ailleurs, mais wait and see), on a l’impression qu’il est le grand méchant, une position qui ne lui sied guère. Cela rejoint le dernier gros problème du film : la négation du message que Star Wars a cherché à faire passer jusqu’à présent. Jusqu’alors, la maîtrise de la Force ne s’acquerrait qu’à travers un dur et long apprentissage (Luke met tout de même un épisode et demi à développer ses pouvoirs, et encore, il se fait battre aisément par son père à la fin du V ), chapeauté par un mentor. Dans Star Wars VII, nul besoin de tout cela : Rey s’éveille à la Force en deux temps trois mouvements, parce qu’elle en a besoin et que c’est bien pratique tout de même. Sans compter qu’elle est capable de se battre aisément au sabre dès la première fois, lattant Kylo Ren (qui a quand même plusieurs années d’entraînement dans les pattes) fingers in the nose. Elle apprend encore plus vite qu’Anakin, qui était censé être le plus doué de tous les utilisateurs de la Force ! Oubliés donc tous les enseignements d’Obi-Wan et de Yoda dans les deux trilogies, maintenant la Force s’est marvelisée : dans les situations d’urgence, elle se révèle à ceux qui en sont détenteurs et puis basta (ressort scénaristique commode permettant des retournements de situation bien téléphonés d’ailleurs).
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Dans ces conditions, on voit difficilement comment JJ Abrams a pu prétendre vouloir respecter l’héritage Star Wars, puisqu’il le piétine allègrement. Alors certes on peut dire qu’il ne s’agit que d’un film d’une trilogie, que « ça met l’univers en place tu vois », sauf que tous les films Star Wars ont une cohérence interne et comportent les éléments qui manquent ici à ce film : apprentissage de la Force, cohérence des enjeux et des acteurs, un méchant classe. Et si c’est sur ces fondations branlantes que Disney compte malgré tout bâtir la trilogie, celle-ci semble bien mal engagée. Et c’est d’autant plus dommage que cela jette aux orties le très bon jeu des nouveaux ainsi que la qualité des scènes d’action (hormis le combat au sabre, vous l’aurez compris) et des effets spéciaux, ce qui explique d’ailleurs que le film ne se prenne pas un 0,5. Star Wars the Force Awakens est donc un bon film d’action, mais un (très) mauvais Star Wars.