Helen à 18ans, suite à un malencontreux accident à l’issue d’un rasage intime, elle se retrouve aux urgences pour y soigner… une fissure anale agrémentée d'une hémorroïde en chou-fleur (!). Wetlands (2013) est l’adaptation du premier roman "Feuchtgebiete" ("Zones Humides") de Charlotte Roche (qui fut un best-seller lors de sa sortie). En partie autobiographique, elle y dépeint une jeune femme non-conformiste au sortir de l’adolescence, qui entretient une relation conflictuelle avec ses parents (divorcés), est en perpétuelle recherche d’identité et n’hésite pas à utiliser le sexe comme mode de rébellion.
Le film dresse un portrait haut en couleurs d’une adolescente obsédée par son corps, son hygiène et les fluides corporels d’où qu’ils proviennent. Elle n’a pas froid aux yeux et ne se refuse rien spoiler: (quitte à nettoyer la cuvette des toilettes publique à même le vagin), n’hésitant pas un seul instant à manger ses crottes de nez, échanger ses tampons usagés avec sa meilleure amie, se masturber avec toutes sortes de légumes, voir même se parfumer avec sa cyprine (!). Autant vous dire qu’il faut avoir le cœur bien accroché et surtout, ne pas être à table lorsque vous découvrirez le film.
Ce qu’avait voulu dénoncer Charlotte Roche à travers son roman, c’était la façon avec laquelle le corps féminin était montré à travers notre société, à savoir un corps normé, très (trop ?) hygiénique, voir irréprochable. David Wnendt parvient à retranscrire le livre entre drôlerie et écœurement. Loin des standards de beauté auquel on est habitué, il lève aussi le voile sur une sexualité dont on parle peu (les fétichistes et la scatophilie) et ne se refuse aucun sujet et montre tout (nudité & sexualité compris).
Tiraillée entre ses hormones et les névroses de sa mère, Helen joue avec le feu et se joue des autres. Comme bloqué entre le monde de l’enfance et celui des adultes. Brillamment interprétée par l'hilarante (et ravissante) Carla Juri, ce film ne vous laissera clairement pas indifférent et nous offre un remarquable portrait, celui d’une adolescente touchante et en perte de repère. Une chose est sûre, après l’avoir vu, vous ne mangerez plus de pizza comme avant, dorénavant, celle-ci aura une toute autre saveur…
Film un peu cru au début..avec scènes qui choque sur le sex, et comment la protagoniste se comporte..deuxième partie plus profonde sur l'amour et les parents divorcés..gros succès en Allemagne..complètement ignoré en France et reconnu comme un film clé sur le féminisme du 21eme siècle à l'internationale..L'actrice Carla Journi qui joue le rôle principal est une révélation!! A voir par curiosité attention aux âmes sensibles À prendre avec pincettes
Cette comedie sort un peu de la routine mais je le trouve tres bien tourné dans tout les sens et cette petite touche d'erotisme est vraiment concluant . j ai passé un bon moment et bien rigolé je le recommande . Dommage qu il n y a pas plus de film de ce genre .....
Feuchtgebiete vaut moins comme transgression esthétique, en ce qu’il emprunte un style néo punk déjà existant, que pour la décomplexion de son personnage principal par le biais duquel le spectateur s’engage malgré lui dans un processus sensoriel spoiler: douloureux dévoilant ses propres limites : il compose une synesthésie repoussante faite d’un dérèglement moral de tous les sens qui échappe souvent à la complaisance – en aucun cas cependant à sa conscience du mauvais goût, recherché pour lui-même - par sa loufoquerie et son ton volontiers parodique. En effet, la mise en scène atteste un dynamisme bienvenu qui tend hélas à trop se figer quand interviennent les enjeux sensiblesspoiler: , notamment familiaux ; l’éclatement de sa construction en analepses et prolepses constitue alors un artifice servant à cacher la simplicité de son écriture narrative et la banalité des relations retranscrites. Le générique d’ouverture restera en mémoire, ainsi que quelques plans inattendus spoiler: dont une scène de classe à partir de photographies sur fond de Mozart, un pataugeage dans les toilettes publiques, le split screen mêlant Godard (Bande à part, 1964) et Boyle (Trainspotting, 1996).
"Avec un montage éclaté, sa structure libre et sa présentation graphique de scènes malaisantes ou douteuses pour le spectateur, Wetlands touche la cible avec un enthousiasme juvénile et franchement rigolo. Les scènes se succèdent à un rythme efficace et l’actrice principale tire efficacement son épingle du jeu entouré par des personnages qui ne sont pas toujours à sa hauteur. Le film rappelle beaucoup (trop?) Trainspotting par moment, que ce soit au niveau de son montage, son je-m’en-foutisme où le plaisir malsain qu’il prend à nous foutre en pleine gueule des scènes malfaisantes, malsaines ou à la limite du supportable. Reste que Wetlands ne souffre pas trop de sa comparaison et demeure une oeuvre efficace et bien réussie en elle-même où s’enchaine les rencontres iconoclastes entre personnages attachants et attachants et qui autant le potentiel de devenir de devenir un film-culte pour certain qu’un étrange ovni à éviter pour d’autres."