Derniers Avis : Dans le silence de l'ouest - Page 2
Dans le silence de l'ouest
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Un visiteur
3,0
Publiée le 18 août 2021
Étant fan de western, j'attendais un western avec les magnifiques décors du farwest et l'odeur du sang, de la crasse et la sueur. Et là j'ai vu un quasi huis-clos dans une histoire qui aurait pu ne pas être un western avec quasiment la même histoire ! J'ai donc été déçu de ce côté là mais ça reste un film un peu lent certes, mais avec un suspens bien soutenu par le fait de l'attachement aux personnages bien amené et une mise en scène correcte. Un jeu d'acteur plutôt bon rajouté à ceci et je mets un petit 3 étoiles !
En quelques minutes, la scène d'ouverture nous plonge dans le chaos d'une Amérique laissée en jachère à la sauvagerie des plus bas instincts alors que la Guerre de Sécession fait rage sur des fronts éloignés. Dans ces contrées que tous les hommes en âge de combattre ont quitté, il ne subsiste qu'une forme de désespérance et de crainte que tôt ou tard la brutalité de la guerre ne les rattrape. Elle s'incarnera ici dans deux soldats yankee (que l'on suppose déserteurs) rapportant dans leurs ombres les horreurs du front et laissant libre cours à leur déchaînement de violence dans des petites villes isolées où il ne reste plus que des femmes et des vieillards...
Encore éloignées de leur route, vivent deux soeurs et celle qui fut l'esclave de la famille. Le film dont le discours résolument féministe prendra bien des formes nous dresse alors le quotidien austère de ces femmes qui survivent avant tout. Comme nous le montrera une rapide visite dans une maison du voisinage où l'occupante n'a plus eu la force de continuer, celles-ci sont déjà habitées par une forme de résistance inconsciente qui les a amené à accepter leur condition d'être sorties de l'ombre des hommes pour trouver un nouveau rôle dans la persévérance et au-delà de la simple survie. Cela se traduit par petites touches dans le film comme le statut de la servante par exemple : alors que la plus jeune des soeurs continue à se maintenir dans l'ancien rapport maître/esclave, l'aînée, elle, choisit de la traiter d'égale à égale, même si, dans la colère, des vieux réflexes ressurgissent ici et là. Ainsi, subtilement, on nous montre que l'absence des hommes peut amener à faire bouger les lignes, pas encore de manière parfaite, surtout lorsque le retour d'émotions primaires se fait ressentir (et que le film associe donc aux hommes, bâtisseurs de l'esclavage), mais suffisamment pour créer une réelle harmonie dans l'adversité. Malgré des interférences, ces trois femme se serrent les coudes, conscientes que le climat de mort engendré par la guerre est sans cesse rappelé par cette absence masculine que les décors minimalistes traduisent si intelligemment bien.
Si la noirceur était déjà présente de manière plus ou moins sous-jacente, elle va évidemment augmenter de nombreux crans avec l'arrivée des deux hommes aux intentions cruelles dans la vie des trois femmes. Dès lors, la résistance féminine devient bien sûr explicite proportionnellement aux actes violents masculins mais le film ne sombre pas pour autant dans les excès qu'aurait pu engendrer une telle confrontation, l'abordant de manière extrêmement réaliste (la violence ne nous est pas aussi épargnée à nous, spectateurs), il la traite comme une sorte de passage initiatique, de la pire des sortes, certes, mais nécessaire aux trois femmes pour les mettre face-à-face au mal absolu engendré par la guerre dont elle n'avait jusqu'alors que leur imagination pour en jauger l'étendue et aussi en vue de les préparer à une plus grande menace. Comme leur annoncera un des deux hommes pour souligner leur situation inéluctable, la première vague de l'armée de l'Union, encore bien plus cruelle qu'eux, marche aussi dans leur direction... Et pourtant, ces femmes grandiront dans l'affirmation de leur puissance commune en résistant jusqu'au bout, en affrontant ou en confessant l'inimaginable pour mieux nous laisser sur la plus merveilleuse pointe d'ironie de force féministe lors des derniers instants.
Entre "Les Proie" de Don Siegel et la version de 2017 par Sofia Coppola, les deux adaptations du roman de Thomas Cullinan au point de départ similaire au film de Daniel Barber, il faudra désormais compter "The Keeping Room", un film nimbé dans les ténèbres les plus désespérément humains mais dont parvient à s'échapper un halo de lumière par la seule force du message de solidarité féminine qui l'habite. Et puis, c'est avant tout un excellent western à l'esthétique aussi irréprochable qu'à contre-courant des canons du genre et sublimé par une interprétation complètement investie (Brit Marling, Muna Otaru et Sam Worthington en tête). Une réussite du genre encore hélas curieusement inédite en France...
Après Harry Brown, David Barber remonte le temps jusqu'à la guerre de sécession pour filmer trois femmes, trois actrices remarquables, dans un western aux allures de survival sobre, sombre, froid et à la tension palpable. The keeping room s'ouvre sur une introduction brillante avec une scène qui fait immédiatement écho aux phrases d'ouvertures : "La guerre est cruelle. Plus elle l'est, plus elle est courte." Sur cette entrée en matière accrocheuse, on suivra avec intérêt la résistance de ces 3 femmes seules face à deux yankees (oui, dans les livres d'histoire, on nous dit que c'était les gentils) qui n'ont rien à voir avec "Les tuniques bleues" ! Tout aussi attentionné avec ses personnages qu'avec ses plans serrés et implacables dans les face-à-face, David Barber arrivent à nous crisper, à nous révolter et à nous toucher. Sous sa sobriété dénuée d'effets en tout genre, The keeping room n'en reste pas moins techniquement maîtrisé jusqu'à l'ironie ponctuelle qui vient nous surprendre. Ce récit d'une époque révolue arrive à nous interroger sans aucune question explicitement posée. Un bon film et une bonne surprise.
Rythme assez lent dans l'ensemble : Peu de rebondissements sans énormément de dialogues. Malgré tout, il y a une p'tite ambiance assez étouffante et stressante qui maintient en haleine jusqu'à la fin notamment grâce à la mise en scène et surtout la musique qui installe bien le spectateur dans cette ambiance d'attente très stressante.... Stress et suspens qui ne serait pas aussi efficace sans la très bonne interprétation des 3 actrices et particulièrement celle de B.Marling encore 1 fois excellente. Ça reste un film vraiment intéressant qui se regarde facilement seulement si on ne s'attend pas à beaucoup d' action... Sinon, vous risquez de trouver le temps long...
Un survival version western en quasi huis clos. Le scénario minimaliste, le rythme plutôt lent, mais la tension est bien présente tout au long du film.
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3,5
Publiée le 26 janvier 2016
"The Keeping Room" est le genre de film facile à critiquer si on n'accroche pas parce que le scénario n'est pas très épais puisque tout le film tourne autour d'une seule situation et le rythme est très lent ce qui peut en freiner plus d'un. Personnellement, j'ai vraiment accroché au film, je n'ai pas vu le temps passer. C'est une sorte de survival movie, mais version femme et pendant la guerre de Sécession ce qui est un point de vu intéressant, car ce sont toujours les hommes qui sont au centre habituellement. Ces trois femmes sont livrées à elles-mêmes, on a même l'impression qu'elles sont chassées puisqu'elles n'osent pas sortir et sont toujours sur leur garde. Grâce à cette crainte constante de l'autre, le réalisateur arrive à installer une tension qui ne nous quitte jamais. C'est vraiment un très bon film qui est bien réalisé avec une jolie photographie, c'est intense d'une certaine façon, brutal, violent et très bien porté par le trio d'actrices notamment Brit Marling qui a quasiment fait un sans-faute dans sa carrière.