Malgré quelques longueurs intempestives, Mission est une dénonciation poignante de l'esclavage et de l'extermination des indiens à laquelle vient s'ajouter des acteurs au meilleur de leur forme et une photographie sublime.
Alors que je craignais assister à un sempiternel "spectacle" entre cowboys et indiens ou colonisateurs et colonisés, je fus très agréablement surpris par la teneur du scénario et la qualité des images. Excellente prestation de Bob De Niro et Jeremy Irons. "Mission" n'est pas le pamphlet anticolonialiste que l'on pourrait espérer même s'il prend clairement partie pour les Indiens, en faisant, au passage, l'éloge pour le moins contestable des missionnaires jésuites, présentés comme des anges... Reste que cela tient la route. En outre, Roland Joffé, engagé à sa manière, ne lésine pas sur les plans des traditions de ces peuples envahis par le mal blanc au début du 18e siècle. Ce qui ajoute une certaine valeur culturelle à l'ensemble. A découvrir.
Énorme dépaysement que de voir ce film, tant par les paysages idylliques que la population autochtone, mais aussi les jésuites. Très justement interprété, c'est un film qui permet d'illustrer la rédemption et l'ouverture d'esprit dans un premier temps, mais aussi les conséquences horribles de la soif de pouvoir des hommes. La bande son accompagne très bien les séquences. Une touche d'espoir à la fin avec les enfants ?
Palme dor à Cannes, ce qui nest pas une garantie ! Très belles images des chutes dIguaçu. Lhistoire se passe au XVIIIe siècle, parmi les indiens Guaranis, aux confins de Paraguay, du Brésil et de lArgentine, territoire colonisé depuis 2 siècles par les Espagnols et disputé par les Portugais. Léglise romaine choisit dexpulser les Jésuites, pour satisfaire ses propres intérêts de domination et donner satisfaction aux ambitions politiques et économiques (lor !) des colonisateurs. Mais les Jésuites ont entrepris de convertir depuis plusieurs décennies déjà, les indiens Guaranis au christianisme, en les regroupant dans des « missions », sorte de nouveaux villages. Avec lélimination des Jésuites, les indiens vont perdre leurs nouveaux repères, sans pour autant pouvoir retrouver leurs valeurs ancestrales, celles davant leur prise en mains par les Jésuites. Cest ce drame que le film est sensé raconter, mais il fait la part trop belle aux Jésuites, présentés comme les protecteurs des Guaranis. Robert de Niro, ancien trafiquant desclaves et mercenaire à la solde du colonisateur, soudain converti en saint homme Jésuite, par la parole damour dun Jeremy Irons inspiré, ce nest pas évident ! Le Prince de léglise qui va ficher en lair ce fragile équilibre, totalement artificiel, exprimera lidée que les indiens nauraient dû rencontrer ni les colonisateurs, ni les Jésuites pensée qui, à elle seule, justifie peut-être le film.
Je ne sais pas si c'est moi qui n'est pas assez réceptif, mais j'ai vraiment eu l'impression qu'il ne se passer rien. Après c'est sûr les paysages sont beaux, mais bon voilà.
Le sujet du film est intéressant mais je n'ai pas adhéré à la langueur lancinante instaurée tout du long. Il y a facilement 30min de trop, comblé par des scènes peu intéressantes. Une contextualisation plus forte de la place des jésuites et des mercenaires aurait été un plus à la compréhension globale.
Il est évident que le film ne doit sa palme qu'à Morricone et aux images sympa. Mais à mon avis, réaliser une chronique sur une période précédant les Lumières, c'est se condamner à l'échec étant donné la pauvreté de la pensée et des enjeux...On l'a suffisamment vu avec les Alexandre, Vercingétorix etc.. Le propos de Joffé est évident, donc inutile. Au mieux, quand on manque de fond, on peut faire une jolie fresque, comme dans le dernier empereur - ce qui demande une pléthore de moyens pour que la reconstitution soit crédible-, ou bien faire une fiction intéressante, comme la guerre du feu. Mais là, Joffé se réfugie derrière le "inspiré de faits réels", qui permet tout et n'importe quoi, puisqu'en se cachant derrière un voile de vérité, on s'en est juste "inspiré".. Etoile pour la musique, donc..
Très belle musique, excellents acteurs. Cela met du temps à bouger, mais la reconstitution de l'époque est bonne et sonne authentique. Attention, il s'agit d'un drame. C'est donc loin d'être un film tout rose, mais c'est un beau film avec un message.
Une oeuvre ambitieuse qui s'inspire d'un récit authentique et qui pose le problème de la colonisation et de l'évangélisation. De somptueux paysages et un énorme casting. Palme d'or en 1986. 3,75
Palme d'Or au Festival de Cannes 1986 c'est là un magnifique film de Roland Joffé sublimé par la magnifique B.O signé Enio Morricone ! On en peut en dire que c'est une Tragédie du sacrifice des Missions au profit des intérêts Politiques, Tragédie des indiens d'Amazonie trahis par l'envahisseur Européen, Tragédie pour l'Eglise obligée de rendre une décision contraire à son enseignement !
Sans être un film culte, Mission possède des qualités. Le côté historique est bien retranscrit, les images sont belles et la musique d'Ennio Morricone formidable. Les acteurs jouent bien, et le film malgré quelques longueurs possède un scénario correct. Palme d'or au festival de Cannes pas déméritée quand on voit les nouveaux navets qui en sont coiffés depuis quelques années...
Un très beau film porté par les images et la musique. Les cadrages sont super bien réalisés. Pour un film des années 1986, il n'a pas pris une ride. De plus des fortes questions existentielles sont abordés tout en rappelant qu'encore aujourd'hui des prêtres et des personnes risquent leur vie pour soutenir les peuples autochtones.
Avec Mission, Roland Joffé nous entraîne en pleine époque moderne où la conquête du continent américain est un des enjeux majeurs. L'homme a d'ailleurs bien saisi toute la dualité de cette domination qui est à la fois politique et religieuse et toute la dualité de ces deux pouvoirs - spirituels et temporels - qui ne cessent de s'affronter. En ce sens, Mission réussit bien son pari de montrer les différents tenants et aboutissants de cette conquête. Malheureusement, le film n'est pas à la hauteur de ses prétentions. Le principal problème est la mise en scène, qui à part pour quelques plans, ne parvient jamais à réellement donner toute l'envergure au propos qu'elle serait censée soutenir. On le voit bien, pour vraiment donner un quelque coup de dynamisme là dedans, le réalisateur n'a pas d'autre choix que de se reposer sur son compositeur, Ennio Morricone. La majeur partie de son film, Roland Joffé a du mal à faire décoller son propos, peut-être trop attaché à respecter son scénario et les éléments qu'il veut mettre sans penser à donner un peu plus de souffle épique dans tout ça. Côté casting, le jeune Jeremy Irons tient très bien le rôle du jeune prêtre. Au final, Mission est un film tout à fait honnête mais qui ne parvient pas à réellement à s'élever pour proposer un film plus stimulant.