Sans doute pas un grand Hitchcock mais Une femme disparaît est quand même un super film de sa période british, le scénario est joliment écrit ; Une femme disparaît c'est une bonne intrigue des personnages savoureux et attachants (très amusant les 2 copains) mais aussi un humour irrésistible avec d'excellents dialogues. Je ne l'avais pas revu depuis de nombreuses années et je constate avec plaisir qu'il me plaît toujours autant.
Hitchcock, tu ne cessera jamais de m'impressionner, ce film le prouve une fois de plus, ton génie dans les films policiers est sans limite. De plus les acteurs sont bien, c'est même assez marrant, c'est un film à ne rater en aucun cas.
Le plus impressionnant dans ce film est toute la métaphore sur la situation géo-politique en Europe centrale et qui prophétise les futurs accords de Munich. Nul doute que le pays imaginaire ne trompait déjà personne à l'époque de la sortie, les nazis sont évidemment en filigrane, et surtout Hitchcock impose subrepticement une opinion certaine sur la position à adopter par le Royaume-Uni. Hitchcock en visionnaire... Le cinéaste mélange les genres, film d'aventure, drame, polar, thriller mais cette fois les genres sont plus marqués, les césures par des ruptures de tons permettent de passer d'un genre à l'autre. C'est un parti pris toutefois par toujours probant, par exemple il y a des parties plus bavardes, d'autres qui ne semblent là que pour permettre un peu de spectaculaire comme la fusillade finale, puis il y a un peu trop de séquences invraisemblables : le plus gros soucis est qu'on se demande qui serait vraiment parti enquêter pour une personne qu'on connaît pas et, surtout, en quoi une passagère qui n'est plus à sa place serait suspect ?! Mais il y a aussi une bonne dose d'autodérision où comment montrer tout le flegme so bristish lors de la fusillade qui ne peut que faire sourire. Site : Selenie
Pas vraiment au début de la carrière d'Hitchcock puisque le succès des "39 Marches" est derrière lui mais toujours dans sa période anglaise, plus précisément en 1938 donc tout de même vers la fin ; en tout cas avant son premier film hollywoodien "Rebecca" en 1940. Et autant dire que j'avais peur de m'ennuyer ! Oui, je l'avoue, un thriller des années 30, ça ne donne pas forcément envie ou en tout cas, ce n'est pas le cinéma le plus accessible pour passer un dimanche tranquille. Et pourtant, ce thriller qui mélange comédie et espionnage est ma foi fort sympathique ! Après avoir reçu un coup sur la tête sur le quai de la gare, Iris est "prise en charge" par une vieille gouvernante, Miss Froy. Mais après s'être assoupie, Iris ne trouve plus sa nouvelle amie et personne, dans le train, ne semble l'avoir vu. Thriller très classique dans sa trame ; on comprend notamment tous les fusils de Tchekhov, les témoins potentiels, les futurs alliés ou même encore, à partir d'un certain moment, ce qui est arrivé à Miss Froy. Néanmoins, le film reste tout de même captivant puisque, d'une part, j'apprécie tout particulièrement ce genre de thriller à base de disparition impossible, en plus dans un huis clos (rappelant d'ailleurs dans une certaine mesure "Le Crime de l'Orient-Express") et puis également car il est très bien mené. Eh oui, c'est quand même le maitre du suspense à la barre et si la réalisation n'est pas folle, le réalisateur sait en revanche très bien doser humour (ce plan d'Iris qui, pensant être droguée, fait des flexions en arrière plan pendant que Gilbert gère un nouveau problème), suspense et action. Bon, j'avoue que, sur ce dernier point, on repassera ; certes la scène de bagarre dans le wagon bagages et la dernière séquence ont mal vieillies mais en même temps, le film a 90 ans ! Bref, "Une femme disparait" n'est pas le plus grand Hitchcock mais reste très plaisant !
dans une moindre mesure, un classique du maître, dernière oeuvre de sa 1ère période américaine et illuminé par un premier rôle féminin (encore rare au cinéma de cette époque), M. Lockwood. un scénario bien pensé où la reconstitution du puzzle et la surprise finale embarquent irrémédiablement le spectateur. un joli tour de force.
Une femme disparaît est un des films les plus connus de la période anglaise d’Alfred Hitchcock. Il faut reconnaître que le cinéaste, qui était en pleines négociations avec David O. Selznick pour partir aux États-Unis, y fait preuve de tout son talent. Effectivement, il montre comment gérer une intrigue pouvant facilement tomber dans l’absurde tout en restant dans le domaine du suspense. De plus, il arrive à travers ce scénario parfaitement mené à inclure des commentaires discrets sur l’actualitéspoiler: (le plus connu étant sa critique des accords de Munich avec la séquence où un homme se fait abattre alors qu’il tend un mouchoir blanc) . D’un point de vue technique, Hitchcock peut exploiter admirablement un budget loin d’égaler ceux de ses futurs films hollywoodiens (seule l’utilisation de maquettes retranscrit cette pauvreté relative) en partie grâce au fait que le film se déroule uniquement pendant une heure dans un train. Dès qu’on monte dans celui-ci, le long-métrage devient clairement un des meilleurs de sa période anglaise où le suspense supplante, tout en conservant une petite part, la comédie qui caractérisait une exposition des personnages que l’on pouvait juger un peu longue (il faut attendre 24 minutes avant que l’on puisse comprendre que l’on est dans une histoire à suspense) même si le cinéaste y exploite certaines de ses thématiquesspoiler: comme l’évocation de l’homosexualité quand les personnages de Charters et Caldicott sont obligés de dormir dans le même lit et se partage un seul pyjama (alors que, logiquement, ils auraient dû en avoir chacun un malgré le contretemps qu’ils ont rencontré). On pourra d’ailleurs noter que ces deux personnages comiques marquèrent tellement dans le film qu’ils furent réutilisés deux ans plus tard dans Train de nuit pour Munich de Carol Reed et qu’ils furent repris régulièrement par leurs interprètes (Basil Radford et Naunton Wayne) au music-hall et à la radio . Enfin, il ne faut pas oublier de noter qu’Hitchcock, à l’image de ce qu’il fera avec Lifeboat ou Les Oiseaux) choisit de ne pas accompagner son récit par de la musique extradiégétique afin de renforcer l’importance que la musique intradiégétique revêtira au cours de l’intrigue. Ainsi, même si on peut lui reprocher une première demi-heure un peu longue et trop axée sur la comédie, Une femme disparaît devient dès la montée dans le train et le lancement réel de l’intrigue un incontournable de la filmographie hitchcockienne et très clairement une de ses meilleures œuvres anglaises.
Un hybride générique entre comédie théâtrale, romances plus ou moins dramatiques, disparition (faussement) fantastique et espionnage étatique à l'air de récit de gangsters! Difficile donc de trouver l'équilibre idoine! Ainsi malgré ce savoureux humour British pince-sans-rire, de plaisants dialogues teints de sarcasme et un impeccable casting, l'intrigue perd irrémédiablement en crédibilité et affaiblit le suspense initial. Restent de plaisantes séquences à la galerie d'atypiques personnages!
Sympathique film de Hitchcock dans sa « période anglaise ». Tous les ingrédients d’un film d’espionnage d’avant-guerre (la Seconde) mais sans lourdeurs scénaristiques et avec déjà le suspense et l’humour du maître. Mise en scène d’un déjà très grand et des acteurs irréprochables qui s’amusent comme des fous dans cette histoire tordue. À (re)découvrir.
L’introduction est certes un peu longue mais pour autant, ce thriller d’espionnage offre un scénario plein de roublardise mis parfaitement en relief par la mise en scène d’Alfred Hitchcock qui présente des fulgurances de style remarquables. Le suspense monte ainsi crescendo grâce à une histoire prenante teintée d’humour truffée de personnages espiègles.
Avant dernier film britannique d’Alfred Hitchcock avant sa carrière à Hollywood, “Une femme disparaît” est une comédie d’espionnage réussie. Après une introduction plus ou moins utile au vu de sa longueur, une femme du nom d’Iris, constate la disparition d’une vieille femme dans le train qui les ramène chez elles. Alors qu’aucune personne à bord ne semble s’inquiéter ni ne souvenir de la vieille dame, Iris commence à mener l’enquête avec un autre voyageur. Le duo fonctionne à merveille à l’écran. Au fur et à mesure que l’enquête piétine, l’apprentie détective commence à douter. Hitchcock installe cette paranoïa chez le spectateur avec une empathie troublante. Les péripéties du film ne sont-elles que le fruit de l’imagination de notre héroïne ? La suite de l’histoire va prendre une position tournée vers le film d’action et permet ainsi de rehausser le rythme de l’intrigue jusqu’alors psychologique. Entre suspense, fausses pistes et notes d’humour, “Une femme disparaît” est un Cluedo trépidant. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
En 1938, Alfred Hitchcock réglait ses comptes avec la politique de l'Europe envers le IIIe Reich avec cette métaphore d'un train, ou chaque personnage pris à ses occupations, feint d'ignorer la disparition d'une veille dame auquel personne ne s'intéresse vraiment à l'exception de l'héroïne. C'est ce discours politique sous-jacent, cette critique de l'égoïsme humain, qui renforce cette intrigue en forme de Cluedo, car Hitchcock a fait mieux en terme de scène de suspense. Le film possède également un humour de tous les instants.
Pas encore arrivé aux Etats-Unis, Hitchcock offrait déjà dans sa carrière britannique quelques suspenses saupoudrés d'humour qui seront sa marque de fabrique. Illustration quasi parfaite avec ce film en mode huis clos (dont la trame nourrira plus d'une intrigue hollywoodienne par la suite), avec des acteurs qui oscillent gentiment entre bonhomie et cabotinage, la disparition sur fond de complot n'étant guère qu'un arrière-plan bien utilisé pour s'autoriser des traits d'esprit, le tout dans une mise en scène inquisitrice et inventive.
J'ai vu un film... intriguant, avec une somme incroyable de rebondissements... Un véritable Hitchcock de haute volée qui nous fait plonger dans une aventure d'espionnage pleine de surprises et d'intrigue... Il y a une virtuosité à la narration, à la mise en scène, et ce huis-clos est tout à fait réjouissant... On découvre une série de personnages particulièrement bien campés avec des motivations claires qui nous font comprendre leurs prises de positions qui les mettent aux prises avec une manigance de haute intensité. Nous sommes à la veille d'une prochaine guerre (les pacifistes sont d'ailleurs brocardés par l'histoire) et les services secrets britanniques sont sur le point d'éventer un secret d'espionnage... Les personnages sont croustillants, les séquences surprenantes et les dialogues parfois franchement drôles... C'est un très grand film.