"Les 39 Marches" est sans conteste le premier chef d'oeuvre d'Alfred Hitchcock. Les situations singulières s'enchaînent sur un rythme effréné sans pour autant que l'humour à froid et le sens du détail habituels du réalisateur soient pour autant négligés. La mise en scène fait souvent preuve d'inventivité se révèlant parfois même moderne. Et les très charismatiques Robert Donat et Madeleine Carroll forment le premier véritable couple hitchcockien et dégagent une alchimie parfaite. En bref, il y a tout dans ce qui est le meilleur film de la période anglaise du Maître.
L'oeuvre entière et future d'Hitchcock transparait dans cette improbable intrigue, pas véritablement maitrisée par le réalisateur, bientôt hollywoodien, et surtout très imparfaite techniquement. Sans jamais prendre au sérieux cette histoire abracadabrante, et simpliste d'un autre point de vue, de policiers et d'espions, Hitchcock entretient déjà ses thèmes récurrents : un héros anonyme plongé dans une histoire extraordinaire et devant prouver son innocence, le mensonge plus crédible que la vérité...En réalité, on est plus près ici de la comédie policière que du polar à suspense, comme si le réalisateur avait à coeur de prendre en dérision la moindre scène qu'il tourne. "Les 39 marches", du nom d'une organisation occulte est, de Londres à la campagne écossaise, un film mouvementé mais encore naïf ou maladroit. Les scènes d'action sont plutôt mal dirigées; l'interprétation, certains indices et gros plans sont un peu trop appuyés. Enfin, Robert Donat fait un premier rôle un peu terne dans ce film qui n'est encore qu'un brouillon prometteur.
Les trente-neuf marches du pouvoir sont des noms de codes pour passer à travers l'espionnage policier britannique, c'est le contre-espionnage nazi. Intéressante mise en scène, mise à contribution propagandiste, captivant à regarder agréablement, il n'y a que des excellences filmographiques à découvrir, le temps qui court est sur courte distance en piste pour le semi-marathon, une fuite escapade réjouissante qui fait plaisir. Menottes aux poignets liés pour le pire et le meilleur du film, que bonheur réuni en duo pour contrecarrer les plans course contre la montre pendule à l'heure de pointe.
Un film d'espionnage assez efficace et excellemment réalisé par Alfred Hitchcock avec des acteurs remarquables et des scènes d'anthologie, dont une particulièrement comique durant laquelle le héros est pris pour un homme politique en campagne. Dommage que le scénario accumule autant d'invraisemblances. Un très bon film mais loin d'être un des meilleurs Hitchcock.
Le film joue sur des changements de situtations rapides et la mise en valeur de petits détails bien vus. Il faut reconnaitre néanmoins que la partie sérieuse s'avère assez pauvre surtout que Robert Donat excellent dans les parties comiques manque vraiment de charisme à ce niveau.
Sûrement le plus film le plus connu de la période anglaise de Hitchcock et objet de plusieurs remakes (un en 1958, un en 1978, un projet datant de 2006, une récente adaptation théâtrale au Théâtre de la Bruyère), Les 39 marches marque un tournant décisif dans la carrière de ce maître imparable de l'humour noir et du suspens. C'est par ce film en effet qu'il éveillera enfin l'attention du public américain.
En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que c'est bien habilement tricoté. Suivant le périple d'un homme accusé à tort et essayant de prouver son innocence, Les 39 marches est un film où rien ne semble de trop, ni de faux. Tout est très bien huilé. Un M. Memory qui peut vous dire sans difficulté et avec précision de combien est la distance qui sépare Winnipeg de Montréal - c'est-à-dire 2 291 km; un haddock que Robert Hannay prépare pour cette mystérieuse demoiselle venue chez lui, et apparement agent spécial; ce méchant à la phalange du petit doigt coupé (le plan dans lequel celui-ci apparaît est d'ailleurs d'une magistrale efficacité)... Les détails croustillants sont imbriqués dans l'histoire sans faute de goût; l'humour et le suspens sont parfaitement bien dosés; la mise en scène à la fois épatante de simplicité et de maîtrise; le tandem de comédiens en concordance: que dire d'autre sinon que tout marche comme sur des roulettes?!
On l'aura compris: on tient avec Les 39 marches un authentique chef-d'oeuvre, une référence. Il ne déborde pas d'idées originales, mais il n'y a rien de superflu dans ce film, tout est maîtrisé, dosé et équilibré sans aucune erreur d'agencement. Un film dont il est difficile de se repaître, qu'on peut revoir des centaines de fois sans se lasser aucunement...
Comment faire un chef d'oeuvre avec une histoire aussi linéaire? Avec le génie d'Hitchcock bien sûr. Suspense garanti dans ce film réalisé en 1935 et qui demeure l'une des meilleures fictions d'espionnage jamais tournées. Hitchcock donne là, avec peu de moyens, mais avec tellement d'imagination, de maîtrise de la caméra, toute la mesure de son talent. Le tournage dans la lande écossaise est magistral avec, en point d'orgue, la scène d'anthologie tournée dans cette ferme. Inoubliable Robert Donat plongé au coeur de la trahison et du secret. Magnifique film. Un des plus grands Hitchcock avec Les Oiseaux.
Les 39 marches n'est pas le meilleur Hitchcock (il est même assez loin des classiques Psychose, Oiseaux ou Mort aux Trousses), mais n'en demeure pas un bon film. Robert Donat (acteur que j'ignorais) se débrouille très bien, tout comme sa partenaire Madeleine Caroll. Le scénario se tient et on adhère assez rapidement à l'intrigue. L'histoire est pleine de rebondissements. On reconnaît déjà le talent du phénomène qu'est devenu Alfred Hitchcock.
Pour le film quelques libertés ont été prises, et pas des moindres, les deux plus grandes nouveautés sont deux personnages qui enrichissent considérablement le récit. D'abord Mr. Memory dont le dernier acte saupoudré d'un besoin de reconnaissance désintéressé ne manque pas de sel, puis Pamela, qui annonce les blondes Hitchcockiennes à venir. D'ailleurs ce duo plein de charmes n'est pas sans rappeler par moment le magnifique "New-York-Miami" (1935). Il y aussi le fait que dans le livre le héros fait toujours des rencontres bienheureuses puisqu'elles l'aident quasi systématiquement, dans le film c'est un peu plus compliqué (un peu !) ; en effet sur ce point on aurait peut-être aimé plus d'anicroches, mais malgré tout ces rencontres offrent quelques passages vraiment réussis grâce entre autre aux femmes ! Si on est pas encore dans le pur chef d'oeuvre, ce film est assurément un grand film, le premier aussi universel et le premier qui comporte tous les ingrédients que Hitchcock va personnaliser de plus en plus et qu'il va améliorer encore avec les prochains films. Site : Selenie
“Les 39 marches” est l’adaptation du roman de John Buchan par Alfred Hitchcock. L’action commence à Londres où un Canadien accepte de cacher une demoiselle rencontrée lors d’un spectacle musicale. La jeune femme est assassinée. Par crainte d’être accusé, l’homme fuit alors en Ecosse, où il pensera trouver les réponses de ce mystérieux meurtre. L’écriture pointilleuse du scénario offre au film de belles séquences de rebondissements. La mise en scène sans relâche dans le rythme est prenante de bout en bout. Il faut dire que les deux comédiens y sont pour beaucoup. “Les 39 marches” est certainement le meilleur film de la période anglaise du cinéaste. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Les 39 marches c'est un film d'un artiste pas d'un réalisateur,mais une oeuvre hors du commun,hors du temps et qui échape à la critique.Hitchcock se sert de sa caméra comme un peintre de son pinceau,d'un sculpteur de ses outils,d'un écrivain de sa plume;en stylisant son histoire et lui apportant des nuances que le scénariste aurait difficilement pu soupçonner.La marque caractéristique de sa méthode est peut être l'absence apparente de temps fort dans les moments critiques,lesquels frappent de plein fouet le spectateur qui n'y est pas préparé.Par ses mouvements souples et précis de caméra,le maitre réussit à créer un subtil sentiment de menace.Tout est réussi dans le film,le couple Donat/Caroll,les transitions entre les scènes,les thèmes que le réalisateur pardon je veux dire l'artiste développera et perfectionnera par la suite,les plans esthétique et authentique.Mais c'est surtout les scènes cultes qui jalonnent le films qui impréssionne encore plus,comme ce passage ou Robert Donat explique qu'il est à la recherche d'une bande d'espion dont le chef est identifiable grâce à la phalange qui lui manque à la main gauche<<Ne serait-ce pas plutôt à la droite?>>lui rétorque ce dernier,mais la suite de cette séquence est tout aussi incroyable.Donat après avoir été donné pour mort,abattu par une balle nous apprend qu'un livre dissimulé sous son pardessus lui à sauvé la vie.L'idée est volée aux espion de Fritz Lang mais le livre ici,est une bible:tout Hitchcock est là aussi. En matière d'espionnage l'ombre du maitre n'est jamais loin. Ce film reste pour moi dans mon top 10,y figure également un certain Vertigo.
Un surprenant Hitchcock ! En 1935, le grand réalisateur du suspens commence sa carrière de la meilleure des manières : Avec ce film, Hitchcock laisse place à une comédie policière et même romantique, pour nous proposer un ton plus léger ! Et cela marche ! Les scènes dites "suspens" sont très efficaces et marchent malgré la vieillesse du film ! Court, bonne histoire et bon film
Mené tambour battant, le film est un thriller qui comporte tous les codes encore en vigueur actuellement. Il est un bout d'histoire et reste d'une grande modernité. Un grand Hitchcock, par son suspense haletant et ses trouvailles fabuleuses.
En 1935 Hitchcock est encore jeune, mais il commence à faire sérieusement parler de lui. Depuis L’homme qui en savait trop, son alliance avec le talentueux scénariste Charles Bennett lui a ouvert les voies du succès, et il retente logiquement l’expérience l’année suivante avec ces 39 marches, un des derniers opus de sa période anglaise avant qu’il ne suive les sirènes d’Hollywood. Voilà donc Robert Donat, hâbleur bohème pris dans les mailles d’une machination qui le dépasse, ténébreuse affaire d’espionnage qui le rend coupable d’un meurtre et le piège dans une traque sans issue. Alors il file, devant les traitres, les policiers, un aubergiste. Acculé, il n’a d’autre choix que d’emprunter tous les moyens, tous les subterfuges pour parvenir à ses fins – en quelque sorte il mime en ça le travail sur le script, construction pleine d’intelligence et saturée d’idées. Paranoïaque et enlevé, l’essai est une petite perle du film noir, avec ses plans toujours élégamment posés, sa lumière rare, sa musique économe, le charme de ses protagonistes. La Reine verra encore quelques bijoux sur ses terres : Une femme disparait, Jamaica Inn ; et puis ce sera l’heure de l’embarquement, alors que la guerre éclate. Le début d’une nouvelle carrière.