Un petit Hitchcock reste un film passionnant : par sa mise en scène premièrement, par ses choix narratifs ensuite (le flash-back mensonger), par ses personnages uniques, enfin (la comédienne indifférente à la mort de son mari, la fille de bonne famille qui s'improvise détective, son père, original hurluberlu qui mène une vie en marge, le détective qui réussit à démasquer le coupable tout en tombant amoureux). Marlène Dietrich et Michael Wilding sont au sommet d'un casting particulièrement convaincant.
Thriller assez méconnu du maître, "Le Grand Alibi" est pourtant d'un bon niveau. Reprenant le scénario d'un innocent qui doit le prouver, comme "le Faux Coupable", le film se permet un final bien différent avec un twist bien amené. Comme toujours, Hitchcock maîtrise toujours aussi bien sa réalisation et son rythme et rend son film captivant jusqu'à la fin. Un bon thriller bien ficelé, bien réalisé et bien joué, digne de son réalisateur !
"Le grand alibi" (Stage Fright) (1951) TCM Cinéma le 17.03.2017
De tous les films que j'ai alors vus d'Hitchcock, ce n'est pas ce grand alibi de 1951 (Stage Fright) qui m'ait fait la plus forte impression. En outre, la diva de l'époque censée attirer les foules a plutôt eu un effet répulsif sur moi plutôt qu'autre chose ! Elle n'ajoute rien, mais alors rien à l'histoire. Quant au casting, il est très très moyen à l'image du reste du film. La seule qui m'ait fait sourire c'est la rombière du stand de tirs aux canards à la kermesse...C'est toutefois un bon polar, sans plus, qui a permis au grand Alfred de se rôder ! Il est vrai que quand on a eu droit au meilleur du maître, la comparaison avec des films moins prestigieux et moins aboutis, est plus sévère. Néanmoins, la réussite populaire n'a pas non plus été au rendez-vous avec un peu plus de 500 000 entrées. En 1951, c'était loin d'être un plébiscite ! willycopresto
Alors qu'il est soupçonné d'être l'assassin de sa femme, Jonathan Cooper va d'abord tenter de trouver refuge chez une amie avant de partir, avec l'aide de cette dernière, à la découverte de la vérité et tenter de s'innocenter.
Hitchcock débarque sur le continent américain en 1940, après avoir servi le cinéma anglais pendant 20 ans et, assez vite, commence à acquérir une certaine notoriété. Durant sa carrière à Hollywood longue de plus de 35 ans, il ne reviendra que peu de fois en Angleterre, d'abord durant la guerre pour y tourner deux courts-métrages puis à la fin des années 1940, d'abord pour mettre en scène Les Amants du Capricorne puis enfin Le Grand Alibi, qui représente son avant-dernier film britannique (Frenzy sortira en 1972). J'ai toujours eu un certain faible pour cet Hitchcock-là pourtant très méconnu où, comme dans d'autres cas, il joue une partition qu'il a déjà jouée plusieurs fois, sans grande originalité mais toujours avec grande efficacité et c'est un vrai plaisir que de s'y immerger.
Dès l'introduction le ton est donné, le maître du suspense introduit Le Grand Alibi par une fuite en voiture puis un flash-back où l'on découvre comment Jonathan s'est retrouvé dans cette situation. Assez vite on s'intéresse aux personnages, bien qu'on n'en sache peu sur eux, puis à leur sort, Hitchcock sachant nous mettre directement au cœur de l'action avant de, peu à peu, poser son récit et de mettre son intrigue en place, jouant avec les spectateurs en diffusant certaines pistes. Rien de bien original, tant dans les personnages que dans l'avancement de l'histoire, mais une maîtrise totale de la part du maître, notamment dans la gestion du récit, bien qu'il critiquera certains points de ce film quelques années plus tard.
L'autre attrait de Le Grand Alibi se trouve dans sa toile de fond où l'on retrouve un Hitchcock jouant avec ses premiers amours, c'est-à-dire le théâtre, lieu important de l'histoire. Il met en place une atmosphère légèrement british, donnant un charme résistant à l'épreuve du temps à son oeuvre, notamment grâce à la galerie secondaire de personnages. Plusieurs séquences, telles l'ouverture et la clôture, sont assez mémorables et Hitchcock inclut de la tension lorsqu'il le faut. Devant la caméra, Marlene Dietrich est impériale tandis que Jane Wyman et Richard Todd s'en sortent très bien.
Si ce n'est pas l'une de ses œuvres les plus mémorables (en même temps la concurrence est très rude), Le Grand Alibi n'en reste pas moins très efficace, bien ficelé et avec un charme british défiant l'épreuve du temps.
Ce film trimbale une mauvaise réputation qui est sans doute exagérée. Oui il y a un flash-back menteur, Et alors ? L'intrigue est parfois chaotique, mais reste intéressante, la réalisation est sans faille, la patte du maître étant omniprésente. Le problème vient peut-être de l'interprétation, d'un côté Jane Wyman nous offre une prestation époustouflante de talent (c'est un vrai plaisir de la voir jouer) Alastair Sim qui joue le rôle du père est également excellent (la scène du stand de tir est à tomber). Ces deux-là jouent dans un registre léger proche de la comédie. On ne peut en dire autant de Michael Wilding qui s'empêtre dans son rôle peu convaincant, ni de Marlène Dietrich, la grosse déception de ce film, réduite à jouer la Diva, alors qu'elle peut faire autre chose (voir ses films chez Sternberg), ni encore moins, pour Richard Todd, pas très bon. En revanche le petit rôle de Kay Walsh est bien vu. . Deux jouent une comédie pendant que les autres jouent un drame : absurdité ? Pas du tout, le thème du film est bien le théâtre, le vrai et celui de la vie ! Les réserves portent donc sur le casting, pas sur l'intrigue.
Un Hitchcock mineur (car il y en a), avec toute la panoplie nécessaire : la petite femme naïve et manipulée, la femme fatale et sans scrupules (superbe Marlene Dietrich), le faux coupable pourchassé par toutes les polices (mais est-il vraiment un faux coupable?), et même la vieille mégère acariâtre. La misogynie grinçante de Hitchcock s'exprime pleinement dans ce film, avec trois visages de femmes, tous trois montrés sous un jour négatif et sarcastique. Quoique celui de la pauvre héroïne, trop jeune et naïve, trouve grâce à nos yeux, surtout qu'elle finit par se taper le beau détective. Mais si elle s'en sort, c'est uniquement grâce à son papa, un artiste bienveillant et un peu contrebandier, auquel le réalisateur semble s'identifier, et qui comprend tout dès le départ, alors que l'adolescente nunuche sera dupée jusqu'au dénouement. Bref, même avec un scénario très modeste, Hitchcock parvient à faire quelques plans intéressants, et à mettre de lui-même, c'est quand même un tour de force.
Je n'ai pas grand chose à dire sur ce Hitchcock qui m'a déçu, Le Grand Alibi est guère connu dans sa filmographie et après l'avoir vu je comprends pourquoi. Pourtant le début est pas mal notamment cette scène silencieuse ou l'amant de Marlene Dietrich chamboule le lieu du crime pour faire croire à un cambriolage qui a mal tourné. Le reste de l'intrigue n'est pas très passionnante et étrangement Hitchcock ne parvient jamais à capter notre intérêt, on ne retrouve pas dans Le Grand Alibi le suspense inquiétant qui fait le sel de ses films. Tout cela devient long et il faut le dire franchement ennuyeux.
Bof. Il y a Dietrich & Hitchcock, alors on ne peut pas trop critiquer, mais Dietrich sonne faux et Hitchcock nous ennuie avec des longueurs. Le scénario n’est pas très bien ficelé spoiler: (Smith a besoin de sa dulcinée pour soupçonner Dietrich, la police n’interroge pas l’habilleuse lorsqu’elle recherche sa prétendue cousine) et les personnages sont peu attachants.
Du coup, le film ressemble à un (long) épisode de Columbo.
"Le Grand Alibi"(1950)est l'un des films policiers les moins connus d'Alfred Hitchcock.Il manque de personnalité,et son intrigue repose sur une histoire d'homme en fuite,dont il convient d'établir la culpabilité ou non.Les ficelles sont faciles à percevoir,et l'artifice du flash-back menteur n'est pas une réussite,ne faisant qu'embrouiller un peu plus les pistes.En revanche,Hitchcock est très fort pour révéler la dualité de la femme.L'une,femme fatale déminéralisée(Marlène Dietrich,assez fade),l'autre,jeune,téméraire et timide(Jane Wyman,toute mignonne).L'intérêt repose donc essentiellement sur cette confrontation entre deux conceptions de la femme,un peu réductrices,qui cachent la misogynie du maître du suspense.En revanche,la mise en scène recèle encore quelques prouesses comme la séquence du tir au pigeon,ou bien sûr la confession finale dans un lieu qui n'illumine que les yeux des personnages.A découvrir.
Qu'on ne se méprenne pas, Le Grand Alibi est une grande oeuvre. Le problème, c'est qu'elle vient d'un grand (doux euphémisme) réalisateur. Alors, on avait le droit d'attendre le plus. Le film ne manque pas d'audace, ni d'inventivité, et la troupe est fabuleuse (Dietrich en fait un chouilla trop). Mais Hitchcock ne va pas assez loin et son mécanisme se bloque. L'idée du flashback menteur pouvait être bon, mais c'était très dangereux, il y a trop de risque de décevoir, de dérouter, que le spectateur se sente abusé pour rien. Ca ne manque pas ici, Hitchcock le réalisera lui-même et regrettera. Malgré tout, un bon rythme, et un très beau face à face entre Wyman et Dietrich qui s'affronte dans ce jeu de faux semblants.
Bien entendu, Hitchcock était un génie, mais il était tout de même humain et il a effectivement raté quelques films, et "Le Grand Alibi" est probablement un de ses moins bons, avec "Le Rideau Déchiré". Pourquoi ? Tout d'abord car, cette fois, l'audace ne paye pas : le flashback menteur ne fonctionne pas, et ne sert qu'à rendre l'histoire confuse et pénible. Ensuite, car, les acteurs principaux ne semblent pas particulièrement inspirés, notamment Marlène Dietrich, alors en pleine traversée du désert. A l'inverse, certains seconds rôles redonnent un peu de saveur au film, comme Alaistair Sim, qui joue le rôle du père de Jane Wyman ; la scène du tir au pigeon ne sert à rien pour l'intrigue mais est néanmoins très amusante. Quelques longs plans-séquences réussis occuperont également le spectateur. Globalement décevant, mais personne n'est parfait.
Un très bon Hitchcock avec toujours une finesse de réalisation, une certaine facilité d'ailleurs, des acteurs convaincants et une intrigue certes moins dynamique que certaines de ses œuvres mais assez passionnante.