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3,5
Publiée le 9 octobre 2015
« Dansons la carmagnole. Vive le son, vive le son. Dansons la carmagnole. Vive le son du canon ! » Dans un genre peu utilisè dans le cinèma français, "Monseigneur" apporte en 1949 de la nouveautè, de l'intelligence et un bon bol d'humour! N'en dèplaise à Henri Jeanson, Roger Richebè ("L'Habit vert") ètait un fort bon metteur en scène! On le sent, malgrè ses presque vingt ans de mètier, encore tout èpatè d'avoir rèalisè un tel film d'après le roman de Jean Martet! il fallait un acteur de la trempe d'un Bernard Blier pour incarner Louis Mennechain, serrurier attachant et...fils de France, hèritier de nos rois, en droite ligne d'un certain Louis XVI! A ses côtès, du beau monde dans les seconds rôles! Fernand Ledoux est formidable (un mauvais historien ne vaut pas un vrai faussaire) où l'on apprècie une fois de plus toute la mesure de son talent! il y a aussi les dialogues, ceux de Carlo Rim (excusez du peu), remarquables d'un bout à l'autre : « Les serrures c'est comme les gonzesses, ce sont les moins compliquèes qui vous donnent le plus de mal ! » . Bref, le film fonctionne à merveille et on se règale de la cocasserie de certaines des situations comme la visite du musèe historique! De plus, ce n'est pas tous les jours que l'on boit une bouteille de vin rouge entamèe en guise d'apèritif, rangèe dans un dressing extensible avec rideau, sans que le vin en pâtisse...
Quand on croit que le film est fini, il n'est pas terminé, et alors qu'on avait un film léger au scénario inepte mais dont le côté farfelu n'avait rien de déplaisant, le film lève son voile avec cette scène d'un ridicule consternant au spoiler: square Louis XVI . Sous la farce laborieuse mais sauvé par les deux acteurs vedettes se cachait donc un film de propagande royaliste. Le sachant, ça peut néanmoins se regarder comme un film purement anecdotique.
Surtout connu en tant que producteur, Roger Richebé signe ici une savoureuse comédie dramatique, s'appuyant sur un scénario original au rythme enlevé, laissant la part belle aux dialogues et aux situations savoureuses, les premiers comme les seconds rôles sachant être au diapason, à l'image du remarquable duo Bernard Blier - Fernand Ledoux. C'est peut-être un peu trop sage et plus faible concernant l'intrigue sentimentale, mais voilà une œuvre que j'ai pris plaisir à regarder, au propos original, où l'évolution de l'intrigue est suffisamment bien construite pour rendre son évolution relativement imprévisible : une étonnante curiosité, curieusement assez moderne et très juste quant au regard porté sur les hommes et la société : à découvrir.
Bernard Blier sans aucun doute un des plus grands acteurs de seconds rôles du cinéma français toutes époques confondues aura mené une carrière longue de 53 ans et riche de plus de 200 films. Second rôle de premier plan, capable de tenir les premiers rôles grâce à sa grande expérience, son professionnalisme jamais pris en défaut mais aussi et surtout son incomparable présence à l’écran. En 1949, sur le pont depuis 1936 et fort de près de 40 films à son actif, l’acteur est une figure reconnue et recherchée du cinéma français, ayant côtoyé les plus grands de Louis Jouvet son maître à Jean Gabin son ami en passant par Pierre Fresnay ou Jules Berry. Pour « Monseigneur », il retrouve Roger Richebé avec lequel il a déjà travaillé à trois reprises, à l'occasion d'une comédie scénarisée par Carlo Rim qui vient de réaliser son chef d’œuvre avec « L’armoire volante ». Talentueux et très imaginatif, Rim concocte avec « Monseigneur » une nouvelle farce tout aussi bien troussée aux rebondissements très efficaces ouvrant sur différentes interprétations possibles des ressorts de l’intrigue. spoiler: Louis Mennechain (Bernard Blier) un ouvrier serrurier placide aux goûts simples et aux ambitions modestes travaille dans l’atelier de M Bouaffe (Yves Deniaud excellent) où il est considéré comme le fils de la maison même si M Bouaffe attend que le réservé Louis fasse sa déclaration à sa fille (Marion Tourès) pour pérenniser l’atelier. La vie s’écoule paisiblement dans ce quartier de Paris jusqu’à ce qu’un professeur d’histoire à la retraite travaillant sur les archives concernant la Révolution se mette en tête que Louis par ses aïeux, serruriers comme lui, se trouve être en réalité le descendant en ligne directe de Louis XVI. Le paisible Louis aux convictions ouvrières affirmées se trouve pris dans un tourbillon qu’il ne comprend pas . L’imbroglio qui commence va être agencé à merveille par Carlo Rim et Roger Richebé pour permettre à Bernard Blier de faire étalage de tout son talent protéiforme, ici plutôt axé sur le registre comique qui lui deviendra particulièrement familier dans la très prolifique deuxième partie de sa carrière. Dans la foulée il enchaînera sous la direction de Carlo Rim avec l’excellent « La maison Bonnadieu » . On rit beaucoup dans un premier temps pour être interpellé dans la deuxième partie par la question de savoir spoiler: si le petit plombier qui ne demandait rien, écrasé par la charge va se renier . Le film réserve d’autres retournements de situation où va exceller un Fernand Ledoux dont le talent et la rigueur ne sont plus à démontrer. Par ses choix narratifs astucieux, « Monseigneur » pose mine de rien quelques questions existentielles sur les choix qui orientent nos vies. Pour couronner le tout et forcer à la réflexion Carlo Rim propose une fin ouverte plutôt bienvenue. En résumé une pépite à découvrir en sachant qu’un film avec le grand Bernard Blier dans sa distribution ne peut jamais être franchement mauvais.
Un professeur d'histoire et la duchesse qui l'emploie se sont persuadés que l'ouvrier serrurier Mennechain est le descendant en ligne directe de Louis XVI. Le film de Roger Richebé, suivant la légende de l'évasion du Temple du petit Louis XVII, fait une comédie quelconque et un peu longue à se dessiner. Si le réalisateur se détourne de la farce, son film n'en est pas moins assez faible et fade sur un plan humoristique, en dépit que certains dialogues de Carlo Rim sont bien écrits. Bernard Blier se sort plutôt bien de ce personnage sans grande matière, ce Mennechain prolo appelé peut-être à changer de monde social. Une partie du film le montre interloqué et ignorant de l'intérêt que quelques aristos lui portent; puis plus tard, la dernière partie, dont seul le dénouement est moins insignifiant parce qu'inattendu, le présente spoiler: convaincu lui-même de ses origines royales . Dans les deux cas de figure, les situations sont futiles. Il manque à la comédie, entre autres choses, des seconds rôles -notamment chez les aristocrates- plus singuliers ou cocasses.
Quand un serrurier républicain de gauche devient descendant de Louis XVI « Il perd une clé, il trouve un roi ! »... Un scénario original, de bons dialogues et une direction d’acteurs de qualité pour cette fable historique, même si la fin nous laisse un peu sur la nôtre (de faim). La dernière scène est filmée au Mausolée de Louis XVI à Paris 8ème.