16 164 abonnés
13 124 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 27 janvier 2022
Tout d'abord on n'imaginait pas voir un jour cette première version de "Gigi", d'après le roman de Colette, dans un cycle « Littèrature et cinèma » au Cinèma de minuit! Merci une fois encore à Patrick Brion pour la diffusion de ce film français rare et attachant, nettement meilleur que le remake musical très surcotè de Vincente Minnelli! On dira que ce dernier a èchouè, là où les efforts de Jacqueline Audry avaient rèussi, et on aura raison! La mise en scène de "Gigi" (1949) est belle visuellement, voire soignèe et la distribution est dès plus convaincante! Danièle Delorme est une Gigi bien charmante tandis que Gaby Morlay et Yvonne de Bray nous amusent dans la truculence du mot! Bref, on dira que cette "Gigi" est un bon film et on aura raison, mais pour d'autres raisons, que peu d'hommes sans doute oseront dire! De bien jolies scènes à l'extèrieur (le palais des glaces, la leçon sur la plage, le parc) et une bien jolie musique ajoutent un plus à cette adaptation de Colette, une des dernières oeuvres de la grande romancière...
Gigi, la comédie musicale, n’était peut-être pas un film formidable. Il était honnête et surtout musicalement merveilleux. C’est quand même ce qui manque ici. L’interprétation est sacrément vieillotte et il manque de la musique pour rehausser le tout. On entend bien au début quelques secondes du thème de Loewe mais ça s’arrête là. Le seul point positif c’est la jeunesse de Gigi qui démontre l’innocence.
Gilberte, dit Gigi, est comme la nièce de son Gaston "Tonton". Ce dernier est un riche bourgeois, célèbre sur la place parisienne, aux nombreuses maitresses; Gigi est une adolescente éduquée par sa grand-mère et sa grande tante, anciennes demi-mondaines, pour faire une femme entretenue. Danielle Delorme, actrice fétiche de Jacqueline Audry pour qui elle a incarné quelques héroïnes de Colette, s'acquitte bien de ce rôle de femme-enfant dont elle a la physionomie, l'impertinence et la candeur. En face d'elle ou plutôt dans un récit le plus souvent parallèle, Franck Villard est convaincant dans le rôle de l'oisif et débonnaire Gaston Lachaille, qui s'ennuie et dont on sait bien que sa relation avec l'enfantine Gigi évoluera (ce que, d'ailleurs, la réalisatrice ne saura pas exprimer) ). Cela dit, ce n'est pas l'objet du film, qui n'est pas une histoire d'amour mais une chronique de la Belle Epoque avec ses cocottes, ses vieux beaux (Jean Tissier) et la tradition des femmes entretenues hors du mariage. C'est tout en fantaisie et sans le moindre jugement moral ou la moindre amertume. La mise en scène de Jacqueline Audry est assez terne et sans idées. La comédie est sauvée par le pittoresque des personnages, des dialogues parfois savoureux et ironiques et des interprètes de qualité. Le film manque sans doute d'un point de vue, et pourquoi pas d'une approche féministe.
Un film dans lequel on s'ennuie de bout en bout, pénalisé également par les problèmes de diction de Danièle Delorme. Seules les scènes où apparaît Jean Tissier nous sortent de notre léthargie.