Il y a une force pénétrante dans ce film et le combat intérieur de ce commandant qui gagne tout l'équipage est pareil au capitaine Achab en quête de sa baleine maudite. Ici c'est un voyage en quête d'une dette d'honneur. Son dernier voyage ressemble à un voyage en enfer car il sait qu'il ne reviendra pas. Il utilise en vérité ses dernières forces de vie pour l'accomplir. Ces scènes presque hallucinantes où il regarde fixement par la fenêtre l'océan mugir et les vagues se briser avec fracas contre le bateau comme sur lui-même..... Superbe.
C’est typique du cinéma de Schoendoerffer. C’est crédible, un grand soin est apporté au décorum mais c’est froid et monocorde. Si ce film bénéficie de trois excellents acteurs, d’une photo et d’une reconstitution impeccable, j’ai encore une fois fini par me lasser par le manque de surprise et le côté linéaire de son cinéma . Dommage.
Film aux trois Césars dont celui de la meilleure photographie, Le Crabe-Tambour est avant tout un film sur l'honneur et sur les liens entre frères d'armes. Avec de grands moyens, on s'imprègne d'une vie à bord d'un navire de guerre vers les eaux froides, tout en explorant au cours de récits passés les terres d'Algérie et d'Indochine. Romancé, adapté et réalisé par Pierre Schoendoerffer ancien opérateur du service cinématographique des armées, également dans la Marine, connais parfaitement son sujet. Il y romance ici les souvenirs et les échanges entre deux militaires durant la période d'Indochine mais le film s'éloigne du film de guerre classique ; Le commandant, le vieux comme certains le nomme, atteint d'un cancer et acculé par les remords et le médecin militaire, présent à bord, évoquent le passé. Tous deux se remémorent les souvenirs d'un homme qui a marqué leur vie sur son passage, un homme surnommé Crabe-Tambour par le médecin. On reste en alerte sur le pont supérieur de ce navire et dans les cabines privatives, face à la richesse de ce récit sous forme d'enquête militaire. De très belles images et beaucoup d'attente vers une conclusion plutôt évidente finalement. Le récit est malheureusement étiré. Un sacré défilé d'acteurs de renom tout de même.
Film assez étrange, sorte de biopic de la vie aventureuse du lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume dit le crabe tambour. A l'aide de flash-back, les principaux temps forts de sa vie nous sont dévoilés. Ce breton a marqué ceux qui l'ont connu, comme le commandant de l'escorteur, le médecin de bord ou le chef mécanicien. Ils se souviennent de l'homme qu'il était et des épisodes de vie qu'ils ont partagés avec lui.
C'est effectivement un film lent mais les scènes maritimes sont sublimes et les sentiments des officiers fort bien décrits. C'est rare de voir un film aussi exact sur la vie militaire en général et la vie à bord d'un bateau de guerre en particulier. Pas une faute. Une précision documentaire. On regretttera quand même quelques escapades pas nécessaires comme la vie catholique en pays bigoudin, très appuyée. Et les allers retours parfois déroutants entre le présent et le passé. Mais dans l'ensemble un beau film, sobre et talentueux sur le destin des hommes. Evidemment on est très loin des valeurs de notre époque ...
Film viril sur l'évolution d'amitiés militaires autour d'un officier de marine charismatique. Les images de navigation sont belles et les acteurs irréprochables mais la fin tourne carrément au documentaire sur la pêche hauturière dans le Grand Nord. Et je n'ai pas compris comment le Crabe Tambour, condamné à 20 ans de prison, s'est retrouvé patron de chalutier...
Un chef d'oeuvre...pour la qualité du jeu des acteurs et pour l'ambiance que ce film dégage...a priori un quasi huis clos sur un escorteur d'escadre qui patrouille et ravitaille des bateaux de pêche autour des Terres Neuves, rien de folichon...et on se retrouve pris dans une histoire d'hommes, une histoire d'honneur, une histoire de non dits, et les déchirements engendrés par la décolonisation...un film où les silences sont assourdissants...
Ce film aurait mérité plus qu'une étoile si le scénariste ne s'était pas limité à une simple galerie de portraits - par ailleurs inintéressants ou trop farfelus - en bâtissant une véritable histoire, capable de nous empêcher de nous endormir au bout d'un quart d'heure ou de quitter notre fauteuil pour éviter le mal de mer. Donc, une seule étoile pour la beauté des images marines que le commandant Cousteau aurait pu filmer lui-même. Quand je pense que ça a récolté des césars, des palmes et tout le fourbi, je me dis qu'ils avaient du stock à écouler.
Pierre Schoendoerffer adapte son propre roman, l'histoire d'un commandant d'escorte de chalutier qui cherche à retrouver une vieille connaissance dans l'Atlantique Nord. Soyez prévenus, l'entreprise n'est guère étouffée par son rythme lent. "Le Crabe-tambour" avance à pas très mesurés, à travers divers témoignages tournant autour d'un officier haut en couleurs interprété par Jacques Perrin. Pour l'anecdote, Schoendoerffer voulait Alain Delon mais celui-ci refusa... En conséquence le récit fera des allers-retours pour expliquer le parcours de cet homme. Guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, putsch des généraux de 1961 : divers événements seront évoqués en sous-main pour caractériser ce personnage, et ses rapports aux autres. Le film bénéficie de jolis moyens. Tels qu'un tournage dans divers endroits du globe, qui lui donne un parfum d'aventure. Ou des navires mis à dispositions par la Marine, avec de vraies séquences tournées en mer, montrant la puissance du large. Pour autant je m'étonne du soutien de la Marine, tant l'oeuvre ne respire par vraiment la joie de vivre. A part quelques flashs back ensoleillés, tout parait froid et grisâtre. Les hommes épuisés par la mer et des carrières difficile sombrent dans la mélancolie et l'alcool, voire le regret. Pas vraiment une promotion pour le métier de marin ! Si ce n'est la camaraderie et le corps soudé que l'on ressent, la plupart de ces hommes se connaissant directement ou non. Et finalement, si le film ne propose pas de vraie intrigue à suspense, il développe surtout des rapports entre ces hommes. A ce niveau, Pierre Schoendoerffer s'appuie sur une belle distribution. Jean Rochefort en commandant orgueilleux et malade. Claude Rich en médecin compatissant mais aussi agacé. Et Jacques Perrin dans le rôle de cette officier éclatant, inspiré de la vie de Pierre Guillaume, vrai officier décédé dans les années 2000.
Un commandant et un médecin de guerre partagent leur souvenir sur un militaire qu'ils ont connu. Un film contemplatif sur les obsessions des militaires et le sens de l'honneur, empreint de mélancolie, doté d'une belle mise en scène et porté par une interprétation excellente (Rochefort et Dufilho cesarisés), mais au récit pas assez palpitant malgré le personnage intéressant du Crabe Tambour.
Une histoire d’honneur, une belle distribution, une certaine authenticité, de belles images de mer, des références historiques et trois Césars à la clé. Malgré ses qualités, « Le Crabe-Tambour » m’est apparu comme une longue et linéaire houle d’ennui.
Pierre Schoendoerffer adapte au cinéma son roman " le crabe tambour" tiré d'une partie des mémoires de Pierre Guillaume.
Par-delà l'hommage aux militaires français à travers leur engagement dans les conflits nés de la décolonisation, l 'abandon dont ils ont été parfois le jouet de la part des politiques, c'est une réflexion sur la mise en pratique des valeurs les plus nobles : honneur, courage et respect de la parole donnée.
Schoendoerffer souligne le poids des contingences historiques où le vent de l'histoire peut placer un individu, même le plus résolu, face à des choix moraux insolubles dont la transgression forcée par les circonstances, bouleverse jusqu'au plus profond de son âme.
C'est le parcours de deux officiers qui manquèrent à leur parole dans le passé à l'égard du même ami et qui cherchent aupres de ce dernier une forme de rédemption qu'ils trouveront, mais ne pourront finalement s'accorder à eux-mêmes.
La morale du film est exprimée par le personnage de Jean Rochefort : " l'homme n'a pas à choisir entre le bien et le mal, mais entre le bien et le bien".
Chaque spectateur pourra méditer cette réflexion et l'amender à sa guise.
Formidablement interprété, dialogué et filmé ( les scènes à bord de l'escorteur de la marine nationale, ont un accent de vérité proche de celle d'un documentaire), c'est une réussite du cinéma français des années 70.
A titre personnel, " la 317ème section " me semble être le chef-d'oeuvre du realisateur mais " le crabe tambour " s'il ne me paraît pas atteindre les mêmes sommets est néanmoins un grand film profond et universel particulièrement émouvant lui aussi.
A travers ce long-métrage, sorti en 1977, Pierre Schoendoerffer rend un vibrant hommage à la Marine nationale ainsi qu’aux hommes de la mer. En croisant les souvenirs de deux militaires, ayant vécu les guerres d'Indochine et d'Algérie, le récit aborde les notions d’honneur et de respect entre anciens compagnons d’armes. La principale richesse de ce film demeure sa distribution avec la présence de Jean Rochefort (lauréat du César du meilleur acteur pour son rôle), Claude Rich, Jacques Perrin et Jacques Dufilho. Pour le reste, le ton est profondément nostalgique et monotone, simplement ponctué de séquences en pleine mer montrant le quotidien d'un navire d'assistance de marins pêcheurs. Bref, une œuvre à l’ancienne qui a parfois tendance à tanguer mais ne coule jamais.
Au temps de l’Empire français moribond, un film magnifiant la Marine Nationale avec un grand M, et ses marins présentés comme des amateurs d’exotisme et d’aventures (et d’alcool !), tout en gardant le sens du devoir et de l’ordre. La mise en scène hachée virilise les protagonistes et Jean Rochefort est impérial dans son rôle de commandant nostalgique condamné par la maladie. Toutefois, le film, largement récompensé aux Césars, manque parfois de rythme. A noter la dernière apparition au cinéma d’Odile Versois, sœur de Marina Vlady.
Ayant lu le livre il y a plusieurs années maintenant et l'ayant particulièrement apprécié, j'attendais sans doute mieux de cette adaptation, surtout en voyant l'auteur aux manettes. Mais il apparaît, une fois de plus, que toutes les œuvres littéraires ne se prêtent pas si facilement au jeu de l'image. Certes, il y a de beaux moments, de jolis plans et des acteurs au diapason, mais quelque chose dans le style ne passe pas. La construction en flashbacks était inévitable, cependant elle ne rend qu'imparfaitement ici la force du livre, donnant un sentiment de morcellement, un puzzle à remonter patiemment. Le Crabe-Tambour se veut un film d'hommes, sur des hommes d'honneur, mais laisse une impression de flottement dans un univers quelque peu éthéré, et la vie maritime n'est finalement que peu exposée.