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mazou31
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4,0
Publiée le 15 juillet 2020
Film magnifique qui allie la beauté de la Mer avec un grand M et l’humanité. Scandé par des flash-backs sur le « crabe-tambour », officier de marine mythique des années où la France était une puissance coloniale, le film déroule ses aventures, plus proches d’un Kessel que d’un militaire, à travers les évocations de trois anciens compagnons, embarqués sur le même croiseur. Et l’on passe ainsi des régions exotiques où Jacques Perrin flamboie aux eaux glacées de l’Atlantique vers Terre-Neuve ! D’un baroudeur militaire rebelle à trois soldats floués, symboles d’un temps où ils combattaient pour un idéal. De superbes décors naturels – rarement la mer a été aussi bien filmée – aux conversations de trois militaires pathétiques, terriblement humains par leur pudeur et leur sobriété. Certes le film a pris quelques rides mais quel plaisir de voir ce quatuor de grands acteurs, Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Dufilho, Jacques Perrin qui reste le dernier survivant.
"Cap à l'Ouest, Cap sur le Crabe" Pour toute personne aimant de près ou de loin la mer, ce film est un passage obligé, un incontournable. Film excellent dont la photographie de Raoul Coutard y est pour beaucoup. A la fois film quasiment historique (le personnage du Crabe-Tambour est en fait celui de Pierre Guillaume) et quasiment documentaire avec des séquences sur le travail des Terre-Neuvas et celui des marins de la Marine Nationale à bord d'un bateau d'assistance des pêches. A noter que le film à reçu un succès inattendu avec près de 1.5 millions de billet vendus, il remporta 3 césar (meilleur second rôle Dufilho, meilleure photographie Coutard, meilleur premier rôle pour Rochefort) .
Mais alors le Crabe-Tambour qu'est ce donc ? Avec ce film Pierre Schoendoerffer adapte au grand écran son propre roman éponyme (grand prix de l'Académie Française). Des rivages fluviaux du Mékong en pleine guerre d'Indochine, aux paysages du grand nord, en passant par le rift éthiopien, le réalisateur nous emmène sur les traces du Crabe-Tambour, alias Willsdorff, lieutenant de vaisseau pris dans la tourmente des guerres d'Indochine et d'Algérie. L'évocation de ce Crabe-Tambour s'effectue à bord d'un escorteur d'assistance des pêches aux large de Terre Neuve. Dans un huit clos où trois protagonistes (un commandant mourant, un médecin de marine et un chef mécanicien) vont se rencontrer, n'ayant aucun point commun entre eux si ce n'est d'avoir rencontré à un moment de leur vie le Crabe-Tambour. Chacun à leur tour ils vont refaire la vie de Willsdorff, chacun complétant ce que les autres ignorent. Le tout entrecoupé de tabous, d'honneur entaché, des travaux à réaliser à bord, d'histoire absurdes d'un prêtre dans le pays bigouden, d'escales à St Pierre et Miquelon, d'accident en mer. Tout semble retarder ce qui est inévitable, la rencontre avec le Crabe-Tambour au large de Terre-Neuve.
Je suis fier d'avoir tenu jusqu'au bout. Je suis courageux d'avoir affronté cette oeuvre d'un ennui mortel. Sans aucun intérêt malgré de bons acteurs. Pitoyable.
Prendre des airs sérieux, ça se fait. Mais à ce point, c'en est presque ridicule. A l'exception de Jacques Perrin qui affiche le même sourire benêt pendant 2 heures, les acteurs tirent tous des gueules de déterrés, avec tellement d'insistance qu'ils finissent par en devenir artificiels. Des dialogues graves et des visages sévères, pourquoi pas. Mais d'abord, il faut rendre l'histoire vivante. Et ça, Le Crabe Tambour en est incapable.
Un fait qui n'est pas assez souligné c'est l' hommage de Pierre Schoendorffer à Joseph Conrad dans ce film. Une de ses premières oeuvres, "Le nègre du Narcisse" ,est même montré au début du film. Il faut aussi évoquer le parallèle évident avec le célèbre "Aux coeur des ténèbres" et le personnage de Kurtz, ce blanc charismatique perdu au coeur de l'Afrique Noire, devenu un Dieu vivant pour les tribus autochtones et qui fait planter les têtes coupées de ses ennemis sur des pieux en guise de palissades. On pense aussitôt à Willsdorff au milieu des Danakil et à la scène des têtes coupées en Indochine. La mer a remplacé la jungle comme puissance des ténèbres. L'homme n'est qu'éloquence. Il n'y a pas de rédemption. Apocalypse Now ne sortira qu'en 1979. Francis Ford Coppola avait-il vu le Crabe Tambour sorti deux ans plus tôt? Si vous aimez la mer, relisez Conrad...
« Le crabe tambour » déclenche de longs bâillements. Le scénario reconstitue des pans de mémoires de militaires français (dont trois sont embarqués sur un escorteur d'escadre) autour d’un personnage qu’ils ont tous côtoyés et admirés pour son charisme. C’est peut-être beau mais l’absence de finalité dans cette quête aux souvenirs rend le film soporifique et on peine à s’y intéresser pleinement. Quelques belles images ou de la mer ou de l’Indochine mais trop de narrations et de mélancolie. En cas d’insomnie, visualisez ce film, il vous aidera à trouver le sommeil.
C’est le genre de film dans lequel il faut faire l’effort d’entrer, dans lequel l’histoire sera distillée au compte-goutte. La patience est alors récompensée. Jean Rochefort y est sublime en capitaine de vaisseau, taiseux, droit et noble.
Je comprends que ce film n’émeut pas les gens de gauche, qui voient dans tout militaire un nostalgique du fascisme, du colonialisme ou tout autre système d’oppression (comme le communisme). Mais le film décrit bien ce qu’est le charisme de certains référents. On a tous eu un mentor, voire une personne qu’on admire au point qu’on puisse en être aveuglé. Le Crabe Tambour raconte l’histoire d’un tournant, d’un abandon dont nous mesurons bien aujourd’hui les effets. Ces hommes d’honneur avaient compris. Les uns se sont dressés avec vigueur contre cette transformation. Les autres l’ont accompagnée sans enthousiasme. La récapitulation de ces trajectoires convergent vers le constat amer qu’ils ne s’étaient pas trompés sur le diagnostic mais seulement sur le remède.
Rarement film aura mis en scène aussi somptueusement l'océan dans toute sa beauté sauvage, les navires qui fendent les vagues comme la glace et l'ambiance d'un équipage militaire français avec une telle finesse. Adaptant son propre roman, Pierre Schoendoerffer nous embarquait en 1977 dans cette mission en haute mer qui était autant l'occasion de magnifier les grands espaces polaires, que d'évoquer le spectre des grands conflits d'après-guerre (Indochine, Algérie, Vietnam) et que de se concentrer sur une éblouissante quête personnelle. Inspiré en partie de la vie d'un officier qui fut proche de l'OAS, le long-métrage est porté par des solides Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Perrin et Jacques Dufilho. Superbement réalisé, le long-métrage fait appel aux flashbacks de manière étonnement fluide et décomplexée, nous plongeant dans plusieurs histoires simultanées avec grande réussite. Impressionnant.
Ayant lu le livre il y a plusieurs années maintenant et l'ayant particulièrement apprécié, j'attendais sans doute mieux de cette adaptation, surtout en voyant l'auteur aux manettes. Mais il apparaît, une fois de plus, que toutes les œuvres littéraires ne se prêtent pas si facilement au jeu de l'image. Certes, il y a de beaux moments, de jolis plans et des acteurs au diapason, mais quelque chose dans le style ne passe pas. La construction en flashbacks était inévitable, cependant elle ne rend qu'imparfaitement ici la force du livre, donnant un sentiment de morcellement, un puzzle à remonter patiemment. Le Crabe-Tambour se veut un film d'hommes, sur des hommes d'honneur, mais laisse une impression de flottement dans un univers quelque peu éthéré, et la vie maritime n'est finalement que peu exposée.
A l’occasion de la mort de Claude Rich, j’ai revu « Le crabe-tambour » de Pierre Schoendoerffer sorti en 1977 et pour moi ce film n’a pas pris une ride ! C’est l’histoire d’un conflit entre l’honneur militaire et l’amitié (le respect ?) entre 2 hommes qui n’ont pourtant pas – malgré les horreurs vécues en Indochine - la même conception de la guerre : 1) Wilsdorff dit le Crabe-Tambour (Jacques Perrin) a fui l’armée puis après avoir erré sur une jonque en mer de Chine en fumant l’opium avec son chat noir « « sa conscience »), participé à un putsch en Algérie pour - après avoir purgé sa peine - devenir pécheur terre-neuvas avec un équipage de maghrébins et d’indochinois. 2) Le Commandant (Jean Rochefort) qui n’en pense pas moins de la guerre, s’enferme lui dans la rigidité du devoir militaire et de l’honneur. Se sachant gravement malade, le Commandant va obtenir auprès de la marine nationale une mission d’aide auprès des terre-neuvas (distribution de vivres et du courrier, soins des marins blessés …) pour de façon consciente rependre contact avec le Crabe-Tambour et peut-être s’excuser car – au nom de l’honneur militaire – il n’a pas soutenu Wilsdorff lors du procès en Algérie (« Le choix de l’homme – un militaire – est entre le bien et le bien ») … mais aucune parole ne sera échangée en tête à tête, simplement via une communication radio « Adieu capitaine. Je voulais simplement vous dire adieu. Il n’y a rien d’autre à dire qu’adieu … ». Dans ce film Claude Rich est un Médecin militaire qui était un des rares amis du Crabe-Tambour en Indochine. Très vite il va comprendre que le Commandant est gravement malade et le pourquoi de cette dernière expédition à Terre Neuve. Son rôle est d’une grande subtilité et permet de souligner le caractère des 2 personnages principaux. A noter également dans ce film Jacques Jacques Dufilho qui a été le chef mécanicien du commandant pendant plus de 15 ans et joue un rôle intense mêlant l’amour de la mer (en bon Bigouden qu’il est) et la foi. Pierre Schoendoerffer a signé là un très grand film sur l’armée … mais c’est un domaine qu’il a côtoyé et connaît parfaitement … et traduit à travers d’autres films comme « La 317ème section » (1975) ou « L'Honneur d'un Capitaine » (1982). Merci Claude Rich pour ce magnifique rôle et adieu … Voguez sur des mers calmes !
Le Crabe Tambour est un film de mer et un film d'hommes au casting intéressant. Alors certes c'est la peinture d'une époque et de personnages, mais pour ma part j'ai trouvé ce film extrêmement long et lent. Mon étoile va à jean Rochefort, acteur de légende, indétrônable, et aussi aux fascinantes images de mer qui ornent ce film. J'ai plutôt eu l'impression de regarder un documentaire.
Il y a une force pénétrante dans ce film et le combat intérieur de ce commandant qui gagne tout l'équipage est pareil au capitaine Achab en quête de sa baleine maudite. Ici c'est un voyage en quête d'une dette d'honneur. Son dernier voyage ressemble à un voyage en enfer car il sait qu'il ne reviendra pas. Il utilise en vérité ses dernières forces de vie pour l'accomplir. Ces scènes presque hallucinantes où il regarde fixement par la fenêtre l'océan mugir et les vagues se briser avec fracas contre le bateau comme sur lui-même..... Superbe.
Très bon film de Pierre Shoendoerffer Sur un très bon sujet, l'itinéraire militaire, politique et philosophique d'un soldat qui a subit les épreuves de plusieurs guerres (viet-nam, algérie), qu'on voit revivre par les souvenirs de deux de ses anciens camarades, Schoendoerffer a réalisé un beau travail de cinéma, des séquences émouvantes, parfois impressionnantes, où il réussit à bien faire coexister le passé et le présent. C'est une histoire d'hommes, de soldats, avec ce que cela comporte de valeurs militaires et patriotiques. Les acteurs sont excellents (Dufilho, Rich, Rochefort), les dialogues de haut niveau, les images sont très belles (Coutard),aucun ennui, on suit ce film avec un plaisir extrême.
Un chef d'oeuvre...pour la qualité du jeu des acteurs et pour l'ambiance que ce film dégage...a priori un quasi huis clos sur un escorteur d'escadre qui patrouille et ravitaille des bateaux de pêche autour des Terres Neuves, rien de folichon...et on se retrouve pris dans une histoire d'hommes, une histoire d'honneur, une histoire de non dits, et les déchirements engendrés par la décolonisation...un film où les silences sont assourdissants...