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Napoléon
183 abonnés
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1,5
Publiée le 1 juillet 2016
Un film sans doute vieillissant au scénario trop simple tenant sur un timbre poste, un rythme peu présent, des incohérences et des acteurs assez transparents.
En 1978, Joe Dante se voit confier la réalisation de son premier film en solitaire : "Piranhas". Dans l'idée que s'en fait le producteur Roger Corman, "Piranhas" doit être une sorte de pastiche du film "Les Dents de la Mer" sorti trois ans plutôt, mais avec un budget bien moins conséquent. En effet, là où "Les Dents de la Mer" avait un capital de 8 millions de dollars, "Piranhas" lui n'aura que 600 mille dollars à son actif. Malgré cette différence notable et le côté série B plus prononcé que chez son illustre source d'inspiration, le film de Dante n'a pas à rouge du manque de moyens. Il s'en tire même à bon compte et se révèle être une bonne surprise.
L'histoire est plutôt basique : des Piranhas génétiquement modifiés par l'armée américaine sont accidentellement relâchés dans une rivière fréquentée par de nombreux baigneurs. Manque de bol, ces poissons mutants sont à présent capable de vivre en eau douce et ils ont une dalle d'enfer ... Plus gros manque de bol encore, une colonie d'enfants et un parc d'attractions nautiques se trouvent en aval de la rivière. S'en suivra alors une course contre-la-montre (et contre la mort) pour Maggie et Paul, nos deux malheureux responsables afin de prévenir les badauds et ainsi éviter un carnage ...
Difficile de faire plus simple. D'autant que raconté ainsi, le côté série B et nanar se fait vraiment ressentir. Néanmoins, le film de Dante parvient assez habilement à jongler entre le côté horrifique/sérieux et le côté parodique/fun des évènements ce qui rend le film plus authentique. Tout du long, "Piranhas" maintient cet équilibre fragile sans à aucun instant basculer totalement d'un côté où de l'autre. C'est à mon sens ce qui fait la réussite de ce film et qui l'en éloigne du bon gros nanar qui caractérise très souvent les films mettant en scène des animaux tueurs où l'histoire sombre toujours dans la connerie la plus pure.
Ce qui rend le film plaisant à suivre, c'est la tension qui s'installe au rythme de la progression des carnivores. Plus ils descendent la rivière, plus la menace grandit et l'horreur croit. La course contre-la-montre est de plus en plus pressante pour nos deux héros à mesure qu'ils découvrent les ravages faits par ces petits monstres
Dans le même temps, à mesure de cette progression il y a un côté fun, un peu parodique et débile lié à la maladresse/la bêtise des personnages qui se manifeste occasionnellement ce qui d'une certaine façon permet au spectateur de "décompresser" et de se souvenir que le film n'est pas à prendre totalement au sérieux. Je pense par exemple au passage dans la cellule de la prison où Maggie parvient à berner le policier crédule avec une histoire de fuite d'eau pour l'attirer à l'intérieur, l'assommer sans qu'il ne voit rien venir et s'évader ensuite. Ou encore la scène du ski nautique qui se terminera dans une explosion incroyable entre deux bateaux ridiculement petits ...
Les scènes d'attaques plutôt nombreuses sont à la fois horribles et drôles. Plus horribles que drôles évidemment, car voir une nuée de petites dents s'attaquer à l'homme , des marres de sang et entendre des hurlements apeurés n'a rien d'amusant, mais la façon dont c'est amené (quand les piranhas approchent on entend un bruitage amplifié, rappelant des dents qui claquent et des nageoires qui frétillent), les réactions qui suivent les morsures sont parfois drôles. Manque de moyens oblige, le même plan des piranhas sera utilisé à plusieurs reprises lors des attaques, et ils sont à chaque fois filmés de façon furtive, rapide et dans des nappes sanguines de façon à ce que l'on ne se rende pas compte qu'il s'agisse de marionnettes en caoutchouc. C'est d'ailleurs là justement où Dante s'en tire bien puisque malgré le manque de moyens, les scènes ont l'air crédible et réaliste y compris les attaques de grandes envergures où la confusion et le chaos se font bien ressentir.
Pour un premier film en tout cas, on sent déjà l'inventivité et le talent de Joe Dante dans sa façon de raconter ses histoires. Ici en tout cas, "Piranhas" s'avère être un bon compromis entre film d'horreur et film parodique (sans qu'il en soit totalement un pour autant). C'est un bon pastiche des "Dents de la Mer" qu'il imite plutôt (l'attaque finale entre autre) bien sans jamais plagier et à qui il rend un bel hommage (notamment avec la scène d'ouverture où l’héroïne joue à "Jaws" sur une borne d'arcade, clin d'oeil évident à Spielberg et son film). C'est par ailleurs grâce à ce film qu'il obtiendra quelques années plus tard la réalisation de "Gremlins" des mains de Spielberg lui-même, c'est dire si "Piranhas" s'éloigne définitivement des séries B de seconde zone et autres nanars plagiaires produits à tour de bras, après tout recevoir un tel cadeau de la part d'un des maitres du cinéma n'est pas donné à tout le monde. Quoi qu'il en soit, ce premier film ouvrira la carrière d'un réalisateur (injustement oublié de nos jours) au talent et à l'imagination véritable.
On a beau être un fan de Joe Dante,ce premier film fauché, est quand même assez anecdotique.On perçoit pourtant déjà la charge féroce contre la ste US consumériste et auto-satisfaite que Dante prend un malin plaisir jubilatoire à donner en pâture aux poissons, pour ne sauver à l'occasion de quelques beaux plans, qu' une jolie petite fille blonde.
bon film ! après "les dents de la mer",c'était pas évident de faire un film aquatique avec des animaux tueurs.et là c'est réussi pour ma part.la scène d'ouverture est très bonne et très inspirée "des dents de la mer",pour le reste il y a un certain suspens et les scènes d'attaques sont bonnes.
Joe Dante, sur la demande du producteur Roger Corman, réalisé ici une sorte de parodie des "Dents de la mer", sorti trois ans plus tôt, mais le résultat laisse plutôt à désirer. Effectivement, nous ne sommes pas vraiment dans une parodie mais dans un pastiche, ce qui fait ici une différence notable puisque le film ne se moque pas ouvertement du blockbuster de Spielberg mais en reprend les codes pour les adapter à de la série B bas de gamme. Également, comme le titre l'indique, ce ne sont cette fois-ci pas des requins mais des piranhas qui sont au cœur de l'intrigue. Effectivement, dans une petit ville texane, des piranhas génétiquement modifiés se sont échappés d'un laboratoire et sévissent dans diverses bases de loisirs. Voilà bon, un scénario somme toute banal pour ce genre de film catastrophe et malheureusement bien trop pour un pastiche. En effet, même si j'ai bien conscience que nous ne sommes pas pleinement dans de la parodie, l'humour n'est pas assez appuyé, ni les clichés et personnages caricaturaux d'ailleurs, ce qui fait passer cette pastiche pour une série B bien premier degré. Eh oui, Dante qui est d'ordinaire pourtant très doué pour justement jouer entre le premier et le second degré (comme en témoignent "Gremlins" ou "Small Soldiers" part exemple) n'a peut-être pas eu ici la liberté d'aller à fond dans le second degré. Ce qui fait que nous avons sous les yeux un film qui donne l'impression de se prendre bien trop souvent au sérieux, ce qui le décrédibilise complètement. Eh puis surtout, c'est ennuyant ! En effet, en une heure et demi, il ne se passe pratiquement rien et les scènes sont sacrément répétitives. Ce qui provoque évidemment de l'ennui puisque, sans mauvais jeu de mot, nous n'avons alors plus grand-chose à nous mettre sous la dent. "Piranhas" n'est donc ni vraiment une parodie ni vraiment un film d'horreur, une sorte d'entre-deux qui n'est pas complètement raté mais qui n'a pas grand-chose à proposer pour autant.
C'est sûr, ça commence à accuser son âge, c'est sûr, ça pompe quand même un peu sur « Les dents de la mer », c'est sûr, les prestations des acteurs ne resteront pas dans les annales, mais ce premier film de Joe Dante constitue une bonne petite série B qui arrive à livrer quelque chose de correct malgré un budget famélique. Comme Spielberg avant lui, Dante arrive à masquer ses limites techniques par l'utilisation de subterfuges astucieux. Ainsi on ne voit pas beaucoup ces fameux piranhas mais la peur panique des pauvres victimes (même les enfants ne sont pas épargnés!) couplée à une certaine sauvagerie des attaques ainsi que des plans en caméra subjective sous-marine suffisent à nous faire réfléchir à deux fois avant de se jeter à l'eau (même si ce n'est plus trop la période, malheureusement...). Ajoutez un peu d'humour, une petite pique envers l'armée et ses fameuses manipulations génétiques, un clin d'oeil sympathique à Spielberg au début (le jeu vidéo de « Jaws »), quelques tétons bien placés et vous obtenez un petit film de bestioles tout à fait sympathique.
Cette série B produite par Roger Corman n'est pas mal du tout malgré quelques bêtises (la gamine trouillarde qui joue les héroïnes). Le pitch est original et les scénaristes l'ont (un peu) politisé plutôt intelligemment. On ne s'ennuie pas une seconde. L'interprétation est correcte avec une Heather Menzies absolument craquante et la présence de Barbara Steele qui joue la méchante de service et l'impayable Dick Miller (la petite boutique des horreurs). Il y a une bonne dose d'humour et de dérision mais sans que ça n'envahisse le film. Les scènes d'épouvante sont très bien amenées puisqu'il suffit que quelqu'un ait les pieds dans l'eau pour que la tension s'installe. L'assez bon remake d'Alexandre Aja (2010) s'il surpasse le film de Dante par ses côtés gore et sexy, est néanmoins globalement inférieur à cette première version.
Autant la suite signée James Cameron est excessivement faible, autant ce coup d'essai de Joe Dante est un coup de maître. Un film d'horreur qui vieillit bien, c'est souvent le signe qu'on avait là dès le départ un objet cinématographique terriblement abouti. Vieillir bien ça veut dire se reposer sur des mécanismes universels, souterrains et indémodables, créer la peur avec une musique minimaliste, privilégier le hors champs et tout ce qu'on ne voit pas pour mieux l'imaginer... La terreur vient toujours de ce qu'on ne voit pas arriver... Il ne faut donc pas hésiter à revoir piranhas qui reste à ce jour un des grands films d'horreur made in US. Thank you Mister Dante !
Plus petits, plus nombreux et tout aussi voraces que le requin blanc du film « Jaws » de Steven Spielberg, les piranhas génétiquement modifiés de Joe Dante jouent également sur notre peur de l’inconnu, de ce qui se cache sous la surface de l’eau. Le petit monstre du laboratoire scientifique nous rappelle que le réalisateur est un amoureux de fantastique à l’ancienne (technique d’animation image par image). Il le confirmera plus tard avec ses « Gremlins » et « Small Soldiers ». Dans ce premier film, son acteur fétiche Dick Miller y fait déjà une apparition. Les scènes sous-marines sont efficaces. Lors des attaques, le bruitage qui suggère la frénésie des bestioles fait son petit effet. Les piranhas font vraiment preuve de pugnacité. Ils vont jusqu’à détruire un radeau de fortune ! On a droit à quelques plans gore en surface (le pêcheur avec les pieds et les tibias bouffés, le père de famille dans le canoë avec son fils qui disparaît dans un bouillonnement de sang, le dos arraché d’un baigneur, la disparition d'un skieur nautique, etc.). En revanche, certaines scènes de panique ne sont pas très réalistes. De plus, quelques passages inutiles font baisser la tension. Dans le dernier plan, il est difficile de partager la confiance de la scientifique concernant l’absence de risque d’invasion de l’Océan par les petits carnassiers.