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guifed
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3,0
Publiée le 29 octobre 2013
C'est le premier film de Hong Sang-soo que je vois. Si on prend un peu de temps à cerner l'intérêt et la beauté du travail de Sang-Soo, le résultat final s'avère troublant. C'est le moins que l'on puisse dire, face à ce condensé de Mulholland Drive, Inception et des "contes cruels de ma jeunesse". La trame narrative est floue. Elle confond le spectateur jusqu'au bout. C'est d'ailleurs la grande force du film. Comment distinguer le rêve de la réalité? Après plusieurs minutes de fastidieuse réflexion, je suis arrivé à une interprétation, mais elle n'engage que moi. Il n'y a pas de rêve, mis à part peut-être la rencontre avec Jane Birkin au début. La dernière phrase n'est qu'une phrase de plus prononcée par la voix off de Haewon. Le rêve dont elle parle est simplement un rêve qu'elle est en train de faire à ce moment précis. Tout est fait pour nous confondre, nous faire croire qu'on est soit dans plusieurs réalités parallèles, plusieurs possibles alignés, soit dans une alternance entre rêve et réalité. Les mêmes cadres se succèdent avec différents personnages (la montagne, le café "bouquiniste", la bibliothèque, le banc, la musique) comme pour installer une atmosphère morose, répétitive, cyclique. Celle de la relation amoureuse entre Haewon et son professeur, qui patine et pâtit du manque de relief et de courage des deux ton onirique donc, pour l'histoire d'une jeune coréenne rêveuse, pleine d'espoir, mais aussi de dégoût pour l'aspect aseptisé de la société dans laquelle elle vit. On en revient finalement toujours à la scène du début, avec sa mère qui lui conseille "Vis ta vie selon tes désirs, ne fais pas comme moi". La poésie de certains plans laisse rêveur (notamment à la montagne). L'histoire elle-même manque un peu de saveur et de passion. On est lâchés au beau milieu d'une relation impossible entre une élève et son professeur. Le personnage principal, Haewon, est exceptionnelle de fantaisie et de profondeur.
il n'y a pratiquement rien dans ce film. apparemment à la sortie de la salle mon avis était partagé. pourtant je suis friand de films d'auteur, mais là je ne comprend pas les 4 étoiles des critiques. on s'ennuie
Avec Haewon et les hommes, nous sommes en terrain très familier à condition d'avoir déjà fréquenté le cinéma de Hong Sang-soo. La nonchalance d'un récit qui oscille entre rêve et réalité, ses longues promenades propices à la discussion entre amoureux plus ou moins en phase, ses sentiments flottants et cotonneux. Et toujours ces effets de zooms volontairement intempestifs, ce personnage récurrent de réalisateur enseignant velléitaire, ce goût pour l'alcool agissant tel un révélateur. Haewon dort beaucoup et il est malaisé de savoir si ce qu'elle raconte est le reflet de sa vie ou de simples rêves comme cette rencontre incongrue et émouvante avec Jane Birkin, qui donne la plus belle scène du film. Lequel est un poil moins convaincant que les précédents de Hong. Est-ce l'aspect un peu répétitif de ses oeuvres ? Ou parce que son alchimie subtile est moins efficiente ici ? Ne serait-ce pas plutôt parce que l'humour et l'ironie sont plus discrets et qu'il n'y a qu'une seule scène d'ivresse collective, contrairement à l'habitude ?
Comme Blue Jasmine de Woody Allen, Haewon et les hommes est un film gris. Pourtant, il ne commence pas dans cette tonalité: une rencontre de l'héroïne avec Jane Birkin fait entrevoir un film rêvé, une féerie issue d'un rêve de jeune fille. Mais la grisaille l'emporte sur le conte. Dans la vie d'Haewon, rien ne parvient à prendre forme: cela donne un film en pointillés, auquel on peut trouver du charme, mais que je trouve faible dans sa manière de cultiver l'inabouti. Il manque pour moi des points d'accroche: malgré de beaux moments - notamment un baiser sur fond de Beethoven, moment où l'on croit que quelque chose d'un peu éclatant va détoner dans la grisaille de la vie d'Haewon - Haewon et les hommes fait triompher ses tonalités grises et laisse finalement une très très grande impression de tristesse.
Hong Sang-soo est probablement l'un des rares cinéastes en activité dont le Cinéma peut se définir comme étant 'poétique'. Fragile, aussi; Ses personnages semblent l'être plus que jamais, dans ce film où les cigarettes s’enchaînent et où l'alcool révèle. L'histoire de cette Haewon, 'fille de personne' est peut-être plus sombre que celles racontées précédemment par le réalisateur, mais il y a toujours un certain aspect reposant dans ses récits, dans le calme que dégage sa mise en scène, avec en prime une dose d’innocence (lorsque le personnage trottine autour d'une statue en criant, sans raison apparente). A l'image de The Day He Arrives, Haewon et les Hommes nous donne envie d'aller s'installer à Séoul pour passer notre temps à flâner. Grâce à Hong Sang-soo, le temps d'un film, on se sent léger.
Haewon et les hommes est un joli film qui convoque Rohmer, ses longs plans, ses héros bavards et statiques. On s'installe progressivement dans une durée qui s'étire pour mieux nous laisser observer les incompréhensions et les embarras dont sont faits les divers tête-à-tête d'Haewon avec ses amis, sa mère et, surtout, avec les hommes. Le personnage principal, qu'on soupçonne avec mépris d'être métisse (le titre original signifie littéralement "Haewon fille de personne"), est aussi introverti que fantasque. Quand elle s'étonne que des gens laissent leurs mégots allumés après les avoir jetés, Haewon résume son propre caractère, celui d'une jeune fille qui s'efforce tant bien que mal d'aller de l'avant en laissant derrière elle le passé, le poids des filiations et des responsabilités. Le résultat de cette quête permanente est un mélange de mélancolie et de fantaisie que le personnage communique au film lui-même, dont chaque scène semble se plier aux caprices de son héroïne, qu'elle décide brusquement de courir, de crier, ou qu'elle s'éclipse, saoule, d'un dîner entre amis. Le caprice ultime d'Haewon, c'est peut-être le rêve d'un quotidien teinté de magie, qui affleure par moments dans le film. Quand un étranger fait apparaître un taxi par la force de la pensée ou que Jane Birkin apparaît soudain dans son propre rôle pour disparaître tout aussi soudainement, on pressent la forme que pourrait prendre ce quotidien, léger, incohérent, presque absurde, auquel aspire cette "fille de personne". Critique détaillée: https://www.espace-critique.fr/critique-haewon-et-les-hommes/
Rohmer en Corée ! Un nouveau film lent de Hong Sang-Soo, mais qui est cette fois-ci plus troublant que d'ordinaire, et qui mérite le détour pour ceux qui aiment ce genre de films. Pour en savoir plus, lisez notre critique complète NoPopCorn !