Ce film est une bombe. Qui explose au visage plusieurs fois. Emouvant, triste, drôle parfois, il nous fait jongler entre plusieurs sentiments. Seulement quand on souhaite provoquer l’émotion et l’empathie, gaffe à ne pas tomber dans le mélo façon Terrence Malick.
L’histoire : un couple de musiciens de country, Didier et Elise, sillonnent les bars avec joie et passion dans le ventre. Amoureux mais aussi complices, ils sont beaux d’espoirs et plein de vie. Cette philosophie, ils tentent de la conserver même lorsqu’ils apprennent le cancer de leur petite fille, même lorsque celle-ci décède.
Là où ça commence à coincer, c’est quand ils s’éloignent à force de penser à l’opposé. Elle croyante, lui fataliste et cartésien, sont fous l’uns de l’autre, jusqu’à se hurler dessus quand il y a désaccord. Les acteurs sont splendides, avec une mention spéciale pour Johan Heldenberg (Didier).
Ce film m’a bouleversée, tordue, chamboulée, du début à la fin. Il ne cesse d’appeler le spectateur à se poser des questions sur l'existence, l'injustice, l'Amérique ; ce qui confère au film une beauté riche. Il n’oublie rien, ne digresse pas, il est juste, pointilleux. Tout est à sa place et tout pète quand ça doit péter. J’aime peut-être un peu trop le réalisme dans le cinéma mais je ne vois pas comment on pourrait descendre ce film. Même s’il y a toujours des bémols (et j’en ai un !).
Le duo fonctionne parfaitement, ces deux-là se sont trouvés, on y croit, on se bat pour eux, pour le meilleur et surtout pour le pire. La musique nous emporte, la photo est parfaite, les interprètes merveilleux, tout dans ce film a su me séduire. Si je devais émettre un seul reproche, sur la fin (je précise bien sur la fin du film), je trouve qu’il est dommage que le cinéaste nous tire les larmes à tout prix. Comme si on n’avait pas pleuré assez, il nous obligerait presque à se vider. L’atmosphère à ce moment-là se rapproche beaucoup de celle de Terrence Malick et je trouve que c’est gâcher un peu (non, je n’aime pas Malick). Ce n’est qu’une minuscule critique parce que franchement Alabama Monroe a largement sa place dans ma rubrique coups de cœur.