On devrait bannir les films sur les enfants malades, souvent pénibles de facilités mélodramatiques dégoulinantes. À quelques exceptions près. L'une d'elles, récente : La Guerre est déclarée. Valérie Donzelli s'était bien sortie de cet exercice délicat, avec fantaisie, intelligence, retenue. Felix Van Groeningen, lui, lâche les chevaux. Il a beau planter des personnages et un contexte originaux (un chanteur de country, une blonde tatouée, dans une Belgique aux allures de Far West), il n'en a pas moins recours à tous les poncifs du genre : la maladie mortelle d'une petite fille attendrissante, la crise du couple, les pulsions suicidaires... Tout y est bien prévisible, en matière de tragédie, d'autant que le réalisateur fait le choix d'un montage particulier sur le plan chronologique, en annonçant systématiquement les événements marquants, puis en remontant le fil de l'histoire via des flash-back. Alors, certes, le film possède une certaine intensité dramatique, servie par des acteurs investis, un bon traitement visuel, une BO sympa (faut quand même aimer la country...), mais quelle soupe larmoyante ! Quelle manipulation émotionnelle ! Van Groeningen ne nous fait même pas la grâce d'un film court, transformant le chemin de croix des personnages en pensum interminable pour le spectateur.
Amateurs de mélodrames larmoyants, lents et longs, avec enfant cancéreux, ce film est pour vous! Les autres, comme moi, resteront sur le bout de la route, lassés par ce triste et ennuyeux spectacle. Pourtant l'interprétation et la mise en scène sont efficaces. Mais quand ça veut pas...
Grosse déception que ce film au scénario mal foutu et relativement creux, surtout après le magnifique "la merditude des choses", véritable chef d'oeuvre d'émotion. On suit ici le parcours décousu d'un couple face à la maladie, sans jamais retrouver ni l’intensité dramatique, ni le ton unique plein d'espoir qui faisait toute la beauté et le force de son précédent film. On navigue donc dans un drame assez basique, dont l'auteur n'arrive jamais à se dépêtrer pour offrir autre chose que du déjà vu (allez plutôt voir "La guerre est déclarée" qui, sur un sujet similaire, parvient à surprendre). A éviter.
Du mélo de A à Z, si vous aimez pleurer devant des scènes d'un pathétique racoleur, foncez! Vous aurez droit aux meilleurs clichés du genre : l'injustice de la maladie puis de la mort d'un enfant, la douleur des inconsolables parents, quelques parenthèses pseudo métaphysiques sur la vie, la mort, l'amour...mais tout tellement gros, cousu de fil blanc, sans aucune finesse ni originalité : le spectateur n'est jamais surpris par le déroulement du scénario. Une guimauve écoeurante et culpabilisante : comment ne pas s'attendrir ni sangloter devant tant de malheur? Eh bien non, désolé ça ne prend pas. Si je n'avais pas été fort bien accompagné j'aurai très vite quitté la salle. Points positifs tout de même : la BO et les acteurs qui auraient mérité meilleur scénario. Je préfère me souvenir de la merditude des choses.. PS : la bande annonce est scandalement mensongeuse en taisant la trame dramatique du film..grrrr!
Un drame intimiste intense et poignant dont on ne ressort pas indemne, porté par un couple en symbiose totale, et rythmé par une BO country magnifique. (Comment j’ai pu autant passer à côté la première fois !!)
The Broken Circle Breakdown nous entraine sans aucun mal dans un univers quasi-parallèle, particulièrement cinématographique : un couple, une vieille ferme, un groupe de musique, des éléments dramatiques. La mise en scène du film, rythmée par les mélodies country interprétés par le redoutable duo principal (qui brille de milles feux), et par une narration atypique, s'avère excellente de bout en bout. Voici donc une oeuvre unique, à la fois joyeuse et triste, qui mérite sans aucun doute le détour.
Je ne m'attendais pas à un truc pareil : l'environnement dans lequel se déroule l'histoire ne laissait pas présager un telle réussite : c'est un petit film centré sur un couple plus ou moins marginal fascinés par des activités folkloriques qui leur sont bien propres. On pouvait s'attendre à un petit moment de détente sympathique tatoo-country. Pourtant, s'il est évident que pour l'apprécier, il suffit de se laisser bercer par l'histoire et de regarder ce qu'il se passe, cet univers singulier cohabite avec celui d'un drame familial particulièrement dur et poignant. C'est cette deuxième face qui offre toute sa puissance émotionnelle du film. Le tout rehaussé par des acteurs de talent, de jolies scènes et de magnifiques morceaux de musique country, ainsi qu'un montage subtile. Bravo les belges !
En même temps génial et un poil ennuyant, je suis un peu frustré de ne pouvoir parler de chef d’œuvre. Des couleurs, des acteurs et une musique formidable. Le scénario, touchant, est malheureusement un peu mince et comme le rythme est long, il manque quelque chose pour sublimer le tout. Reste un beau film à voir !
Tellement encensé par la critique comme par le public, Alabama Monroe crée énormément d'attente chez le spectateur. Présenté un peu partout comme le bijou de l'été, ce film relate l'histoire d'un couple passionné dont la vie est rythmée par la musique. Ils ont un enfant, Maybelle. Sauf que, et fort heureusement, tout ne se passe pas si bien qu'il n'y paraît dans le synopsis. Leur fille est dévorée par un cancer. Sa lente descente aux enfers sera surtout la leur. Leur couple tremble, les langues se délient, l'autre semble tout à coup détestable. Van Groeningen réussit la prouesse de faire vivre ce film, dont même ses moments les plus durs et les plus âpres, à travers la musique folk. Même moi, pourtant pas friand de ce genre musical, suis tombé sous le charme des cette BO. On ne peut que vibrer en voyant les regards d'Elise et de Didier se croiser, leur prunelles s'entrechoquer et danser , éperdus d'amour, sur ces mélodies colorées de l'Amérique traditionnelle. On ne peut que s'émouvoir en assistant au déchirement de cette famille, à tous les niveaux. Outre la BO, le film surprend par sa réalisation juste. Le choix d'aller chercher une trame narrative à rebours de la logique chronologique est très judicieux: on assiste aux bonheurs abondants du couple sans jamais que cela ne tombe dans le gnangnan, leur noir destin surplombant constamment notre regard de spectateur. En revanche, cette acrobatie cinématographique n'aura pas suffi à m'ôter de l'esprit l'impression que le scénario est assez inélégamment cousu de façon à arracher la larme au spectateur. La petite fille agonisant sous les assauts du cancer, le couple tout nouveau tout beau qui tombe soudainement dans des disputes assassines, à la limite de la rupture justement en raison de la maladie de la fille...ce n'est pas ce qu'il y a de plus original et de plus recherché, soyons clairs. Cela dit, encore une fois, la BO et la réalisation, et surtout la combinaison des deux, relève du génie. Dernière chose, et non des moindres, le casting est renversant. Johan Heldenberg, dans le rôle de Didier, a délivré une performance qui fait pour moi partie des plus mémorables de cette année. Veerle Baetens, malgré un charisme moins criant que le premier cité, reste largement au-dessus de la moyenne. Remarquable. En somme, un film qui, hormis ce condensé factice de fils scénaristiques cherchant à tout prix la compassion du spectateur, confirme son statut de bonne surprise de l'été. Mieux, il est à classer dans les grands films de l'année de 2013, sans aucun doute.
A la base je n'aime pas vraiment la country, ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier "Alabama Monroe", évidemment, d'autant plus qu'ici elle est bien inspirée. Le film est bien réalisé, Van Groeningen maîtrise sa caméra, l'image est belle. La première partie m'a paru trop tire-larmes dans son prétexte, ce qui ne m'a pas vraiment aidé à rentrer dedans. Mais par la suite, en partie grâce au montage bien fichu et à deux acteurs formidables de justesse, j'ai fini par plonger dans l'histoire déchirante de ce couple atypique. Et là ça fonctionne, on a le coeur qui se serre, malgré quelques passages too much. Le thème de la culpabilité est très bien développé. Tatouant.
Un film merveilleux qui vous laisse le souffle coupé. Ce couple fusionnel va vivre, chacun à sa façon, le départ de leur acteurs extraordinaires qui retracent qui le bonheur, qui la peine, qui la révolte, sur fond de Country, magnifique. On oscille entre optimise, espoir, détresse. Une chose est certaine on ne ressort pas indemne de la salle. Ce film pose des questions essentielles : les progrès de la science qui se heurte à l'éthique médicale, le dictat de l’Église ou des hommes politiques (Bush le puritain n'est pas épargné : qu'aurait-il décidé s'il s'était agi de son enfant ?).
Attention: cet avis contient des spoilers tels que: spoiler: sortez les violons...les banjos pardon. spoiler:
Alors c'est ça un mélo en 2013 ? Prendre des personnages insouciants et leur faire traverser une épreuve archi-rebattue au cinéma ou à la tv pour voir s'ils en sortent plus adultes? Au moins, c'est bien emballé, acteur(e)s, lumières, montage, musiques, tout conspire à vous tirer les larmes avec légèreté.
Moralité: La musique adoucit les mœurs et les douleurs.
Superbe interprétation des deux acteurs principaux (un couple) sur un sujet grave et glauque : le cancer de leur enfant. L'histoire ne respecte aucune trame linéaire mais multiplie les flash back ou les projections dans le futur , ce qui en fait un film assez original. La musique y occupe aussi une place importante. Un seul défaut peut-être : un peu longuet car l'histoire ne tourne essentiellement qu'autour du ressenti du couple par rapport à cette injustice terrible : le cancer de leur enfant unique, même s'il appelle ainsii à des questions plus existentielles et métaphysiques.