♪ ♫ « Voici les aventures de Jeremiah Johnson... ♪ ♫
♪ Venant de la ville, il partit dans les montagnes... ♫
♪ Pensant trouver la liberté, il trouva surtout les ennuis... ♫
♪ Incapable d'attraper un saumon, incapable d'allumer un feu... ♪
♫ Le vent soufflait, l'hiver riait, et personne ne donnait cher de sa peau... ♪
♪ Puis vint un vieux chasseur d'ours un peu fou... ♫
♪ Qui lui apprit comment survivre là où les hommes disparaissent... ♫
♪ Et notre Jeremiah, barbu comme un prophète des Rocheuses... ♪
♫ Continua malgré les catastrophes... ♫
♪ Jeremiah Johnson, roi des maladroits... ♫
♪ Jeremiah Johnson, futur homme des bois... ♫
♪ On le croyait perdu cent fois... ♫
♫ Mais il était plus têtu que les montagnes elles-mêmes ! ♪ ♫
En effet, le film commence par l’apprentissage de la vie d’homme des bois, et le pauvre Jeremiah n’est pas très doué. Il manque même de mourir à plusieurs reprises. C’est assez bien fait et assez rare dans un western. Il finit par tomber sur un vieux fou, « Griffes d’Ours », chasseur d’ours solitaire. Ce dernier va tout lui apprendre. Le moment de leurs adieux est d’ailleurs très touchant et sonne juste, sans effusion de sentiments bien sûr.
Il tombe ensuite sur un autre original, qu’il découvre enterré dans le désert, seule la tête dépassant du sol. De manière générale, les personnages sont tous un peu loufoques ou fous, ce qui renforce l’étrange légèreté du film malgré certaines scènes beaucoup plus dures.
Ce qui domine ici, c’est le silence. On pourrait presque nommer ce film Le Grand Silence. Personne ne parle pour ne rien dire, ce qui paraît assez réaliste et fait beaucoup de bien. Le héros — j’oubliais de préciser qu’il est interprété par Robert Redford, excellent dans le rôle — arbore une barbe impressionnante qui lui donne parfois des airs de Jack Black version années 1970.
Notre héros finit par se marier malgré lui, mais trouve finalement une forme de bonheur. Il faut préciser qu’il ne cesse de changer d’endroit, à la recherche du lieu idéal. Il semble enfin l’avoir trouvé avec sa femme et un enfant recueilli dans des circonstances terribles. Pendant un instant, ce bonheur paraît possible...
Mais la cruauté de la nature, ainsi que celle des indiens envers les trappeurs blancs, laisse peu de place à ces rêves d’installation, surtout lorsqu’on vit loin de tout. Jeremiah finit par tout perdre alors qu’il cherchait à aider des colons. La scène du cimetière est d’ailleurs magnifique et terrifiante.
Effondré, il part alors se venger. S’ensuit une guerre terrible avec la tribu des Corbeaux, qui envoie régulièrement un guerrier pour le défier et le traquer où qu’il aille. Il est alors condamné à l’errance.
Il finit par retrouver la tête d’œuf Del Gue, et leur dialogue de retrouvailles est assez extraordinaire.
Ce film possède une aura assez folle, à la fois caustique,grave et sonne assez vrai. C’est l’Ouest, le vrai, diraient les éditions Actes Sud
un ⅘ largement mérité