A l’image d’une grande partie de la filmographie de Sam Peckinpah, «Major Dundee » se trouve être un western d’une grande violence, rempli de haine et qui montre beaucoup de cruauté. Mais étant donné la superbe mise en scène de Peckinpah, la très grande forme des comédiens (Charlton Heston, Richard Harris et James Coburn sont exemplaires !) et le magnifique travail qui a été effectuer sur le plan artistique, on ne peut que crier au chef-d’œuvre devant ce long métrage qui possède aussi son lots de charme avec la présence de ravissantes actrices, comme Senta Berger par exemple.
Le parcours que suivent ces soldats ressemble à cet aller-retour effectué par les bolides rouillés du dernier George Miller : une longue errance existentielle maquillée sous des fards belliqueux. Car nous ne comprenons guère les motivations dudit Dundee : volonté de restaurer sa gloire passée ? de prouver sa valeur ? signe de démence ? Telles sont les hypothèses qui accompagnent le spectateur devant ce long film de Sam Peckinpah. Tous sont perdus d’avance ; il n’y a qu’à voir les recrues ramassées un peu partout, sans prise en compte de leurs aptitudes physiques. L’enjeu principal – mettre la main sur trois jeunes garçons enlevés par des Indiens – est résolu avant la première heure par l’intermédiaire d’un Indien lui-même qui, lassé des siens, rapporte les trois garnements munis d’arcs et de flèches. À partir de là naît à l’écran la déception profonde d’un homme dont la seule raison existentielle tenait justement dans cet exploit avorté. Que faire maintenant qu’il n’y a plus rien à faire ? Ses vieux démons le pourchassent jusqu’à le rattraper : l’alcool occupe le segment médian du film, conduit le major à abuser d’une belle femme et de tromper la confiance de celle qui l’aimait. Le bleu des yeux de Charlton Heston glace et excuse d’un même regard, traîne la détresse sur un visage aux traits taillés à coups de serpe. La seconde mission du major, celle qui consiste à affronter en duel son ennemi intime, échoue elle aussi par le sacrifice de ce dernier face aux troupes françaises. La longueur de Major Dundee épouse la langueur maladive de son personnage, élabore un vaste crescendo dramatique au terme duquel la violence la plus cruelle aura cédé le pas au burlesque des premiers temps. Peckinpah illustre parfaitement le déclin d’une mythologie américaine qui ne parvient à trouver un sens dans un monde désenchanté et inscrit son film dans un contexte d’épuisement des troupes : les derniers mois de la guerre de Sécession transforme les soldats en machines de guerre qui doivent désormais obéir à un ordre et remplir un contrat s’ils ne veulent pas disparaître. Un western éprouvant, disséminant les germes d’un genre tout entier voué à se ramifier dans un long crépuscule.
(Critique concernant la version cinéma) L’Histoire du cinéma est remplie de films ayant dû voir à la baisse leurs durées. Toutefois, il est difficile d’atteindre autant que coupes que sur Major Dundee. En effet, le premier montage représentait 4H38 de métrage qui furent réduite avec l’accord de son réalisateur (Sam Peckinpah) à 2H36. Mais les ciseaux de la production ne s’arrêtèrent pas là et continuèrent leur saccage en passant à une version de 2H16 (restaurée en 2005) pour finalement livrer une dernière de 2H03. Avec un tel charcutage, il n’est pas étonnant de se retrouver avec un film où les trous narratifs sont extrêmement visibles. Ceux-ci tentent d’être comblés par une voix-off très narrative qui apparaît dès le début (on notera d’ailleurs qu’il ne reste aucun travail de réelle introduction, ce qui fait apparaître le film comme bancal dès les premières minutes). Obsédé par l’idée de réduire le métrage à une durée classique, le montage empêche ainsi de nombreuses scènes de se développer, rendant la narration assez confuse et parfois même très dure à comprendrespoiler: (la déchéance de Dundee pendant son hospitalisation, son adultère et sa remontée sont quasiment incompréhensibles) . Cela est d’autant plus dommage que ce film, où les rapports entre les deux personnages principaux rappellent ceux de Coups de feu dans la sierra, possède de beaux restes : on devine qu’on aurait pu avoir un très bon western s’il n’avait pas été aussi elliptique. Il suffit de voir la spectaculaire bataille finale pour se rendre compte que Peckinpah arrive à y insuffler en partie son talent de réalisateur même si elle est très loin de la violence extrême et de la stylisation de ses œuvres suivantes (il faut d’ailleurs noter que cet aspect fit partie des premières coupes subies). Major Dundee est donc un film extrêmement bancal mais qu’il est difficile de juger tellement on ressent que le résultat final n’est qu’un charcutage de l’œuvre d’origine.
Étonnante la vision de ce film de Sam Peckinpah. Nous y retrouvons beaucoup d'éléments qui seront dans son film suivant, La Horde Sauvage (1969) qui sera plus épuré, plus concentré, en récit, et aussi plus sombre même si ici l'histoire contient sa dose de noirceur: des atrocités commises par les Commanches et par l'armée française au Mexique, au côté suicidaire du Major Dundee (Charlton Heston impeccable). Nous y retrouvons aussi, et déjà, la distribution d'une partie des acteurs de seconds rôles. À la re-vision, le film est passionnant. Passionnant pour son histoire jusqu'au-boutiste de cet officier qui poursuit une bande Commanches dans un contexte non officiel. Dans un contexte de guerre de Sécession où les conflits avec d'anciens sudistes amènent aussi son lot de tensions. Et aussi avec l'armée française occupant le Mexique. Ce film dépeint déjà un monde rempli de souffrances où il n'y a aucun bonheur (même l'idylle avec Senta Berger tourne court). Il y a l'embryon de la dimension suicidaire qu'il y aura dans le film suivant (et dans beaucoup de films de Sam Peckinpah) avec ce jusqu'au-boutisme et cet objectif absolu qui fait la marque de ses personnages. Jusqu'au-boutisme évidemment qui va jusqu'à la mort et au bain de sang. Nous retrouvons ici aussi les qualités des films de Sam Peckinpah: une distribution avec des physiques marquants, un sens du décor extérieur, une direction d'acteur plutôt subtile même si cela se déroule dans un contexte grossier, violent et brutal. Il n'y a pas encore ici l'utilisation des ralentis et du montage très saccadé de La Horde Sauvage et de ses films ultérieurs.
Major Dundee est un bon western, son atmosphère se distingue des autres productions de l'époque malheureusement les producteurs n'ayant pas la même vision artistique que le réalisateur le montage fût coupé et cela se ressent. Mais le talent de Sam Peckinpah réussit à sauver en partie son film même si l'histoire semble un peu embrouillée par moment et que l'on ne plonge par totalement dans ce qui aurait pu être un très grand western. Les raisons commerciales ont primé sur la vision de Sam Peckinpah.
Un major nordiste, aidé de prisonniers sudistes, poursuit des Apaches au Mexique. Malgré quelques longueurs, un western efficace et sanglant porté par la belle mise en scène de Peckinpah et par un casting très solide.
Qui peut penser que c'est Sam Peckinpah qui a fait ce déplorable western ? Et pourtant ! Il avait, paraît-il, des circonstances atténuantes : des pressions des producteurs et une mésentente absolue avec Charlton Heston. Le film est long, lourdingue et distille un message de haine permanent et insupportable. Tout le monde déteste tout le monde et ne rêve que de meurtre revanchard. Les Nordistes, les Sudistes, les Apaches, les Noirs, les Français, les Mexicains.A part le WASP américain, représenté par Heston, torturé par SON devoir, tous ne sont que bons à l'état de cadavre. Film mal monté (on aurait coupé 40' de film), mal joué, mal scénarisé, un accident majeur dans la carrière de Peckinpah. Accident qu'il eut du mal à surmonter mais de belle façon !
Troisième film et troisième western pour Sam Peckinpah et c'est le réel début d'un cinéma plus sombre, plus violent, plus crépusculaire. « Major Dundee » traite de la cavalerie américaine mais se démarque grandement des films de John Ford sur le thème. Le réalisateur centre ici son récit autour des tensions entre yankees et prisonniers de guerre sudistes, ces derniers étant intégrés à l'armée régulière pour l'aider à vaincre un chef Apache particulièrement hostile. Et tout l'intérêt du film se retrouve dans la rivalité entre le Major Dundee (Charlton Heston), héros de guerre yankee, et le Capitaine Tyreen (Richard Harris), héros de guerre sudiste. Peckinpah replace les hommes au centre du conflit et livre une œuvre à mi-chemin entre le western et le film de guerre. Comme souvent chez ce réalisateur, le mythe du héros est torturé, tempéré à l'extrême par les erreurs, les défaillances, les faiblesses, les passions, en un mot la nature humaine. Tailladé par les producteurs (le film devait initialement durer 1h de plus), ce film demeure tout de même de très bonne facture et propose des scènes de combat de grande qualité et notamment cette charge finale contre l'armée française pas contente. Un très bon western.
Certainement pas le meilleur film de Sam Peckinpah. On est loin de "Chiens de paille" ou de "Cabble Hogue", ou même de l'excellent "Coups de feu dans la Sierra". La faute à un scénario trop alambiqué pour resserrer l'histoire et à un manque cruel d'inspiration. Car passé le massacre des Indiens, il ne se passe pas grand chose dans ce film. Certes, l'intrigue se resserre sur la psychologie du major interprété magistralement par Charlton Heston, mais elle peine toutefois à s'imposer. Du coup, il reste une impression de fuite dans les idées qui nuit terriblement à l'intérêt du film. Dommage.
Si Major Dundee manque incontestablement d'aboutissement du à un montage massacreur, c'est un film qui détient toutefois de nombreuses qualités. Le scénario est plus qu'original, mélangeant des questions sur la loyauté, l'arrivisme, le courage, l'amitié et le jusque-boutisme pour emmener le spectateur sur les traces d'une bande d'indiens ravageurs à travers les rangs d'une troupe hétéroclite aux motivations des plus diverses. L’interaction des personnages est assez intéressante, et on sent un soin de Peckinpah à creuser cette question, s'appuyant sur un Richard Harris omniprésent, répondant au roc Charlton Heston. La suite de seconds rôles est croustillante, mention spéciale à James Coburn, Jim Hutton et Ben Johnson.Major Dundee souffre toutefois de quelques longueurs et on ne peut que regretter la fin qu'aurait voulu imposer Peckinpah tant les personnages désespérés semblaient murs pour un baroud d'honneur exterminateur.
Vu en version "longue" de 2h16, ce western / film de guerre de Sam Peckinpah n'en demeure pas pour autant moins brouillon, malgré la voix off du soldat Ryan qui heureusement est là pour remettre un peu d'ordre dans cette fresque mouvementée. On se consolera avec des acteurs vraiment bons (Charlton Heston et Richard Harris bien évidemment, mais aussi les seconds rôles comme James Coburn en éclaireur avisé ou encore Jim Hutton qui campe un lieutenant à la fois drôle et attachant) et une histoire intéressante : on suit cette campagne au Mexique pour venir à bout du chef Apache Sierra Charriba et des lanciers français (bien décidés à ne pas lacher cette troupe hétéroclite) avec plaisir, d'autant que l'évolution des personnages tend à renforcer cette unité bien fragile dès le départ et que l'assaut final est vraiment convaincant avec énormément de figurants. On en prend plein les yeux et l'ensemble n'est pas sans rappeller le tout aussi excellent "Alamo" de John wayne sorti 5 ans auparavant, faisant de ces films 2 références du genre.
Une bonne idée de scénario au départ mais le film a trop vieilli et le rythme s'essouffle parfois. Des sequences à rallonge (la fête au village mexicain), un western viril et chiant où le personnage principal est si désagréable qu'on espère juste qu'il finisse par y passer. Manque de bol, il s'en sort. Bref très classique et finalement très oubliable.
"Major Dundee" ne restera pas dans les annales de la filmographe de Sam Peckinpah. Bien que son style violent et anti conformiste soit parfois reconnaissable, ce film lui semble impersonnel et plus proche d'un grand film de studio. Ce qui est sans doute le cas puisque le cinéaste est entré en conflit avec le studio. "Major Dundee" bien que correctement mis en scène et dôté d'un casting prestigeux est lent parfois ennuyeux mais deumeure un western sympathique dans l'ensemble.
Major Dundee porte la marque des grands films et nul doute que la version initiale de Peckinpah était un chef-d'oeuvre. Le film foisonne d'idées, de thématiques passionantes et les minutes coupées se font sentir et désirer à de nombreuses reprises. Même mutilé, Major Dundee demeure un film spectaculaire aux scènes de bataille d'envergure et parcemé de fulgurances de mise en scène qui témoigne du talent de cinéaste du réalisateur. De plus le casting est royal. Pour moi, le western est définitivement le genre le plus approprié au style de Peckinpah.