Dans la filmographie de Lando il y a pour l’instant les très gros navets qui tachent, et les films passables. The Legend of Boogeyman appartient à cette deuxième catégorie, même s’il faut avouer qu’il reste dans la moyenne basse.
Coté acteur c’est franchement très moyen. Pour une fois j’ai envie de dire que les gamins (surtout l’ainé) se débrouillent mieux que les adultes. Eddie McClintock livre un personnage assez à coté de la plaque, et il est loin d’enthousiasmer au niveau de son charisme et de son jeu d’acteur. A noter quand même que le policier ne sait pas ce que signifie « traumatisme crânien » dans un rapport d’autopsie ! A ses cotés Amy Bailey est assez inégale. En fait elle apparait apathique dans ce film, comme si elle n’en avait pas grand-chose à faire, croyant à moitié à l’intrigue. Faut dire qu’elle hérite du personnage le plus inconsistant du lot. Pour le reste je ne relève rien qui mérite vraiment d’être loué.
Le scénario est passable. Disons que le film a un rythme honnête, et qu’il propose quelques scènes sympathiques qui relève de temps à autre l’intérêt. L’histoire en elle-même est très moyenne, mais malgré cette banalité elle distille suffisamment de suspens pour tenir le coup. D’autant que le film se veut aussi un peu humoristique, avec une séquence sur un « beau grand père » qui vaut son pesant de cacahuètes. En gros Lando ne se prend pas trop au sérieux, et cela rattrape un peu le coup. En revanche si vous cherchez quelque chose d’un peu travaillé, mieux vaut passer son chemin, et il y a de sérieuses ellipses très gênantes. Le passage dans le commissariat est en l’espèce assez catastrophique tant il semble qu’il manque une case.
Visuellement le film a de vrais défauts. D’abord des décors très faibles, notamment la maison « hantée » du début, qui fait peine à voir. Le film manque aussi cruellement d’ambiance, et il est difficile de vraiment se croire dans un film d’horreur tant l’esthétique DTV de base est palpable, affadi par une photographie des moins intéressantes, malgré quelques efforts trop rares (le début, le passage dans la forêt). En face Lando livre une mise en scène correcte, malgré de grosses redondances. L’apparition du Boogeyman est ainsi systématiquement envisager de la même manière, ce qui fini par être prévisible. Un coté plus démonstratif lors des attaques aurait été aussi bienvenu. The Legend of Boogeyman propose encore quelques effets horrifiques, dont une décapitation. Ce n’est pas mémorable et il ne faut surtout pas voir le film pour cela. En revanche les maquillages de la créature sont appréciables, sans être décapant. Je relève enfin une musique d’ambiance assez neutre, quelque chose de plus rock’n roll aurait été sympathique, justement pour pimenter un peu ce film qui apparait tout de même globalement assez fade et précisément trop neutre.
En fait le problème majeur de The Legend of Boogeyman, c’est qu’il ne prend aucun risque. Lando prend son sujet avec visiblement une certaine application, mais le film reste sur des chemins très balisés, et malgré son statut de téléfilm, plus à même de permettre des folies, il reste timoré et finalement quelconque, surtout pour l’amateur d’horreur. Je salue quelques louables efforts pour offrir un produit regardable, mais je déplore un académisme et une consensualité préjudiciable. Il faudra quand même que Lando trouve le juste milieu, en croisant les idées plus que mal utilisées de son Ghostquake, et les qualités, apparentes dans ce Legend of Boogeyman, pour proposer un mix efficace. 2.