Lumière d'été
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chrischambers86

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3,5
Publiée le 3 février 2014
A partir de 1942, les cinèastes français sont de plus en plus contraints de marcher sur les traces du cinèma nazi officiel, mais plusieurs d'entre-eux parviendront cependant à crèer des oeuvres originales. "Lumière d'ètè" est tout entier soulevè par le lyrisme et l'humour noir avec quelques scènes d'une fulgurante beautè (le bal costumè restera dans les annales). Cinèaste maudit, Jean Grèmillon tourne durant l'hiver 42-43 ce fort beau mèlodrame, vision en coupe de la sociètè au travers d'oisifs, d'artistes, de bourgeois et d'ouvriers pendant l'Occupation! L'histoire d'un châtelain (l'inoubliable Paul Bernard qui semble directement venu de l'univers de Sade) recueillant un peintre mèdiocre (Pierre Brasseur se prête un peu trop dans le cabotinage, ce qui est dommage) et sa femme (Madeleine Robinson), qu'il courtise! Celle-ci tombera amoureuse d'un ingènieur (Georges Marchal) travaillant à la construction d'un barrage, dans la règion des Alpes-Maritimes! Ne serait-ce pas le magnifique col de la Bonette dans lequel se situe l'auberge de montagne dirigèe par Cricri / Madeleine Renaud ? [...] Jacques Prèvert est au scènario, Alexandre Trauner aux dècors! Et de formidables acteurs (Madeleine Renaud en tête) donnent corps à cette histoire! Une oeuvre considèrèe comme exceptionnelle et courageuse (pour beaucoup, c'est le meilleur film de Grèmillon), remarquablement interprètèe et superbement photographièe par Louis Page (travail admirable au niveau de la lumière), qui a su transgresser la censure de Vichy, qui tenta vainement d'en interdire la sortie! Produit avec mille et une difficultès et tournè en zone libre dans les studios de la Victorine à Nice, "Lumière d'ètè" est un un classique important du cinèma français, c'est indiscutable! Même si "Remorques" lui est très nettement supèrieur...
Guillaume836076
Guillaume836076

100 abonnés 126 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mars 2012
Chassé-croisé amoureux en Provence, l'été... Cinq personnages: Michèle, la touriste (Madeleine Robinson), Patrice, le châtelain (Paul Bernard), Christiane, dite Cri-Cri, la propriétaire de l'hôtel (Madeleine Renaud), Roland, l'artiste (Pierre Brasseur) et Julien, l'ingénieur du barrage (Georges Marchal-ici débutant)...Trois unité de lieux: l'hôtel, le château et le chantier du barrage...Deux voir trois classes sociales différentes observées en arrière-plan...
Jean Grémillon fait un travail remarquable de cinéaste sur ce film, comme dans son précédent "Remorques" (1941): superbes cadrages et prises de vues donnant une coloration poétique à un sujet qui l'est moins que son prétexte, beau travail sur la lumière en noir et blanc du chef opérateur Louis Page pour l'époque -lors du tournage et de la sortie, nous sommes en pleine occupation allemande-, montage intelligent et belle musique de Roland Manuel aux accents provençale lors de la scène du bal... Formellement ce film est une réussite esthétique à replacer dans son époque de tournage. Je n'ose imaginer, ce qu'aurait fait Grémillon, aujourd'hui, avec la couleur!!!
Question scénario (Jacques Prévert et Pierre Laroche qui avait écrit "Les Visiteurs du soir" l'année d'avant): l'idée du chassé-croisé amoureux semble bien mince et anecdotique pour l'ambition du réalisateur et des scénaristes à nous montrer les différences de classes sociales et leur impossibilité à cohabiter, le mépris de l'une sur l'autre ou la tentative de l'une ou l'autre de dominer ou manipuler l'autre, mais c'est surtout les personnages qui portent cette ambition au travers de leur psychologie très fouillée.
Madeleine Robinson -Michèle- est le personnage central, autour duquel s'articule tout le film et se noue à la fois la tragédie et l'espoir de la fin du film (avec l'histoire d'amour naissante avec Julien/Georges Marchal). Avec ce film, elle devient (avec Douce d'Autant-Lara) l'actrice reconnue et au grand talent que nous connaissons. Cependant, plus en retrait que les autres acteurs dans sa façon de jouer, elle n'émeut pas et nous ne croyons pas à l'amour qu'elle porte à Roland puis à Julien, tout comme elle ne réussit pas à nous faire ressentir sa méfiance puis son dégoût de Patrice. Je la préfère dans d'autres rôles. Donc premier bémol dans ce très beau film.
Paul Bernard, Madeleine Renaud et Pierre Brasseur ont vraiment du génie, tous d'une façon différente: Paul Bernard montre toute la palette de son talent dans son personnage d'aristocrate manipulateur aux abords de la folie pour un amour non réciproque conduisant à la tragédie, Madeleine Renaud (fidèle de Grémillon) étonne encore une fois en propriétaire d'hôtel séduisante de prime abord mais rongée et aveuglée par la jalousie qu'elle éprouve pour Michèle: Cri-Cri reste un de ses musts...
Puis Pierre Brasseur, cabotin de génie, dans un personnage qui n'était fait que pour lui, en artiste maudit, alcoolique et fauché, mais étonnamment lucide sur ce petit jeu qu'il se joue et sur le petit jeu que se joue Cri-Cri et Patrice: voir a scène du bal masqué, où Roland son personnage, déguisé en Hamlet, lance à Patrice-Paul Bernard "Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark" ...
Cette référence à Hamlet, montre l'ambition des scénaristes et du réalisateur, à décrire la décadence des milieux aristocrates et bourgeois, incarnés par Paul Bernard et Madeleine Renaud. Où encore son affrontement avec Madeleine Renaud, folle de jalousie, où saoul, il tente de faire comprendre que Michèle vaut bien mieux par son honnêteté, que lui, elle et Patrice...
Pour finir, deuxième bémol, l'inutilité du ton humoristique des scènes avec Marcel Lévesque/Le vieux monsieur Louis et Jane Marken/Madame Martinet qui ne sont que reliée artificiellement à l'intrigue principale, ralentissant considérablement le dénouement de l'intrigue... Raté aussi dans ce que Grémillon, Prévert et Laroche veulent dénoncer au travers de leur personnages -dont ils veulent se moquer- une vieille France rance et poussiéreuse, à mille lieux de l'espoir qu'incarne pour le futur Michèle et Julien, l'ouvrier-ingénieur du barrage...
Un grand film mais pas tout à fait un chef d’œuvre pour les deux bémols... Toutefois, il convient tout de même de reconnaître que d'analyser et faire passer la lutte des classes au travers d'un banal chassé croisé amoureux est un remarquable tour de force...
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 27 août 2012
Si on tient compte de l'age du film et de la période le résultat est correct. Le gros problème du film reste le coté caricatural des personnages ça limite pas mal ses qualités. De plus le rôle de jeune femme lisse attribué à Madeleine Robinson n'est pas vraiment idéal, elle a plutôt un physique pour jouer les femmes fatales.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 15 juillet 2012
J'éprouve qu'un intérêt restreint pour ce genre de film. Scénario convenu mais pas nul, mise en scène académique (trop) et des interprétations habituelles. Les dernières minutes sortent un peu le spectateur de l'ennui.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 31 août 2014
Film réalisé dans des conditions difficiles à une époque de guerre certes, on peut saluer ce tour de force sans pour autant nier le fait que le film et surtout les jeux d'acteurs ont beaucoup trop vieillis. A réserver aux cinéphiles amateurs de film en noir et blanc
tlescure
tlescure

10 abonnés 25 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 mai 2012
Une film noir et emberlificoté qui a certaines qualités comme celle d'une image très "léchée". Le jeu des acteurs est lui-même très inégal. Les interprétations les plus convaincantes (madeleine Renaud, Pierre Brasseur) étant desservies par des rôles stéréotypés et excessifs. D'accord sur l'aspect assez convenu et pour tout dire assez vieilli de ce film qui sur le papier était pourtant prometteur, à l'image de la réussite un peu tardive de la scène finale.
soniadidierkmurgia

1 432 abonnés 4 330 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 janvier 2014
« Lumière d’été » est le second des trois films que Jean Grémillon réalisera sous l’Occupation. Ce mélodrame se déroulant sur fond de grand chantier de travaux publics (Barrage de l’Aigle en Corrèze) sert de prétexte à l’homme de gauche qu’était Grémillon pour continuer sous la contrainte de dénoncer l’opposition entre l’oisiveté stérile des classes sociales privilégiées et le labeur salutaire de la classe ouvrière qu'elle soit en col blanc ou en col bleu (l'ingénieur joué par Georges Marchal). Hormis l'écrivain Paul Morand, la commission ne relèvera pas le côté subversif du film. C’est pourtant par la mise à jour de ce contraste que le film se révèle le plus intéressant notamment par les images des hommes au travail et en proie à l’immensité du chantier. Pour ce qui est de l’intrigue qui repose sur une rivalité amoureuse plutôt convenue elle semble un peu artificielle et fortement improbable. Les acteurs ont d’ailleurs un peu de mal à la défendre notamment Madeleine Renaud trop caricaturale en maîtresse officielle délaissé, George Marchal particulièrement insipide en jeune ingénieur amoureux transis et Pierre Brasseur dont le légendaire abattage sonne pour une fois un peu faux, accolé à ce personnage de peintre raté qui vit au crochet de sa dulcinée . Seule Madeleine Robinson illumine le film de son regard limpide, passant tour à tour de l’espoir à la détresse. Grémillon qui ne semble pas très à l’aise avec ce mélodrame par trop théâtral, aux personnages empesés fignole agréablement certains seconds rôles comme celui de Léonce Corne impayable en maître d’hôtel ânonnant un « Pourquoi pas ? » de convenance à chaque client lui posant une question ouverte ou encore celui de Marcel Lévesque en vieil urbaniste pointilleux. Affirmer que « Lumière d’été » compte parmi les chefs d’œuvres de Grémillon serait sans doute faire preuve de complaisance ou d'un manque de clairvoyance.
Plume231

4 405 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 mars 2012
Réputé comme étant un des grands films de Jean Grémillon, à qui on doit les admirables "Gueule d'amour" et "L'Etrange Monsieur Victor", et dans une moindre mesure, "Remorques" et "Le Ciel est à vous", "Lumière d'été" a été une sacrée douche froide. On peut même parler de douche glacée. Bon il faut tout de même présenter les quelques qualités du film : la photographie en noir et blanc est belle...voilà...oui, c'est tout. Pendant plus de 105 minutes desquels il n'est nullement difficile de décrocher, on a le droit à des dialogues de Jacques Prévert qui sonnent totalement creux et à une véritable compétition de cabotinage, de laquelle on ne sait pas qui de Madeleine Renaud, de Pierre Brasseur et de Paul Bernard est le gagnant, seule parfois Madeleine Robinson arrive à grand peine à sortir la tête de l'eau. Quand à Georges Marchal, par une fadeur comme ça ne devrait pas être permis d'en posséder une, il est éliminé d'office. La mise en scène en elle-même, lourde, lourde, lourde...aucune fluidité, aucune légèreté, aucun lyrisme, décors parfois en carton-pâte, ce que la Nouvelle Vague a appelé de manière péjorative la "Qualité française" dans ses "meilleurs moments" n'aurait pas fait "mieux".
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 388 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2025
Réalisé par Jean Grémillon ( Je rejoindrais Bertrand Tavernier qui en fait un des meilleurs cinéastes francais de la période), " lumière d'été fut tourné en zone libre (1942) pendant l'occupation.

Longtemps considéré avec " Remorques" comme l'une des meilleures réussites du cinéaste, son aura a aujourd'hui un peu baissé auprès de la cinéphilie qui lui préfère " gueule d'amour" et " le ciel est à vous" ( pour ma part, c'est " l'étrange monsieur Victor" qui a ma préférence, mais peu importe).

Tourné pendant l'occupation, certains allusions indirectes à la période de la guerre peuvent être relevée ( les explosions de mines, le panneau danger ).

Mais et surtout c'est la galerie de portraits composée de cinq personnages qui n'est pas anecdotique. Les deux les plus aisés forment un couple maléfique sous des apparences amènes.

L'artiste est une sorte de dandy alcoolique, la dessinatrice de mode est totalement aveugle à ce qui se passe autour d'elle. Seul le jeune ingénieur représente une forme de lucidité même si l'objet de son amour est imparfaite. Faut-il y voir un regard sur la société du moment ?

On a pu parfois interroger le choix de Madeleine Robinson ( Michele Morgan premier choix de Grémillon était alors aux Etats Unis - ainsi que Gabin), certains spectateurs la jugeant peu crédible dans son rôle de séductrice malgré elle de trois hommes.

Ça me paraît très injuste et surtout pas corroboré par les témoignages de l'époque.

Très connue du public pendant les années 40 jusqu'au début des années 1950, elle est certes un peu oubliée aujourd'hui.

L'amateur du cinéma du patrimoine ne manquera pas " lumière d'été" même s'il n'est pas (il est vrai) exempt de certains défauts.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

89 abonnés 4 207 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 mars 2024
C'est un drame sentimental baroque et tragique qui n'exclut pas un moralisme très en vogue en cette époque vichyste. Des cinq personnages impliqués dans ce chassé-croisé amoureux, seuls l'ouvrier digne et la jeune fille pure (incarnation de la France?) sortiront grandis de cette sombre intrigue faite de jalousie, de folie, de mensonges. Le caractère symbolique des protagonistes éclate au terme du film, spoiler: lors du bal masqué, où malgré son déguisement,
chacun se révèle, en même temps que la nature de sa classe sociale.
Le décor de ce marivaudage amoureux contribue à l'étrangeté et à l'austérité du film de Grémillon. La promiscuité de l'hôtel où se noue l'intrigue et de la mine (décor récurrent de l'époque, semble-t-il, puisque Maurice Tourneur et Jean Delannoy en ont fait aussi le cadre d'uin drame) semble suggérer l'opposition de deux France, l'une oisive, l'autre laborieuse.
Le style incontestable de la mise en scène de Grémillon et les dialogues de Prévert ne garantissent pas un intérêt constant au sujet, qu'on peut trouver parfois emphatique et artificiel.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Pierre Brasseur en artiste peintre alcoolique. Rien que pour ça, ça vaut le coup. Malgré quelques longueurs, la maigreur du propos et une fin des plus conventionnelle, la réalisation, les dialogues et la distribution étant d'une grande justesse, cette oeuvre reste fraîche et source de plaisirs.
Teresa L.
Teresa L.

21 abonnés 148 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2013
Quel film étrange et déroutant, parsemé de fétiches, de bouquets de tournesols, d'arrivées fracassantes et de départs inattendus, souvent irrévocables. Oui, l'histoire a vieilli. Bien sûr ce film est un mélodrame. Tous les personnages sont clichés- même Roland/ Brasseur, sans doute mort même avant le début du film. La réalisation de Grémillon est percutante- ces plans de wagonnets, cette profondeur de champ aux moments les plus cruciaux. Cette cruauté dans le ton des dialogues (pas tous excellents, Prévert avait ses trucs et sur le film il devait donner le ton!). Ce duo curieux Marchal-Blavette, aux rapports plus ambigus qu'il y paraît. Lumière d'été est un film somptueusement agressif et cruel, centré sur la douleur masochiste, bien loin du drame à l'eau de rose de Remorques et de l'abnégation de La petite Lise. S'il y a un équivalent musical, il faut plus aller le chercher du côté des derniers My Bloody Valentine que de Rihanna. Génial, sans retenue aucune.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 3 janvier 2022
Je ne savais pas que Grémillon avait tourné un mauvais film, c'est bien regrettable, situé entre Remorque et Le ciel est à vous, deux chef d'œuvres du cinéma français.
Scénario mal construit, décors naturels grandioses mais inutiles dans la construction de l'histoire (tourné sur le barrage en construction d'Olivettes non loin de Nîmes), personnages falots, voire ridicules et à contre emploi, dialogues idiots. Ce film a dû couter cher pour l'époque, il fallait bien faire oublier l'occupation allemande au tournant de la guerre, c'est regrettable pour tout le monde, il fallait bien manger come on disait … Je comprends d'autant moins pourquoi ce film a été dernièrement restauré, ce n'est pas rendre service ni au réalisateur ni à ses acteurs.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Magnifique de bout en bout, ce film est éblouissant par la peinture de ces caractères et par une réalisation réellement inspirée, alignant des éclairages de toute beauté, ainsi qu'une complexe science du découpage.
A voir absolument pour ne pas oublier ce grand cinéaste qu'est Grémillon.
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